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Deux journalistes français expulsés du Maroc

Ils filmaient sans autorisation et selon les autorités avaient des agissements suspects. Le matériel de tournage a été saisi.

Deux journalistes français expulsés du Maroc
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Le 16 février 2015 à 8h08 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Deux journalistes français ont été expulsés dimanche du Maroc, sur décision de la wilaya de Rabat-Salé. Les deux journalistes n’avaient pas obtenu d’autorisation de tournage. Ils font partie de l’agence Premières Lignes, une agence française qui s’est fait connaître par la première vidéo de l’attaque de Charlie Hebdo.

Selon la version rapportée par plusieurs médias français, ils se trouvaient dans les locaux de l’AMDH au moment de leur interpellation et réalisaient des interviews dans le cadre d’un documentaire pour la chaîne France-3 sur l’économie marocaine.

Dans la soirée de dimanche, le ministère de la Communication, la wilaya de Rabat et la DGSN (Direction générale de sûreté nationale) ont diffusé chacun un communiqué explicatif. L'AMDH a de côté diffusé un comunique. En voici l’essentiel:

>DGSN

Les services de la préfecture de police de Rabat ont procédé, dimanche, sur ordre du parquet compétent, à la saisie d'équipements et d'appareils électroniques utilisés par deux journalistes français dans des activités de tournage suspectes, en l'absence des autorisations nécessaires des autorités administratives compétentes, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale.
Les équipements saisis, dont certains ont été loués au Maroc par le biais d'une société étrangère, comprennent un ordinateur portable, deux caméras, deux objectifs numériques, un trépied, un moniteur, des batteries, trois cartes-mémoires, un magnétophone, du matériel d'éclairage, un kit récepteur-émetteur, un GPS, trois téléphones cellulaires et une voiture de location, ainsi qu'un disque dur externe, précise la même source.
La saisie de ces équipements intervient dans le cadre des enquêtes diligentées par les services de la préfecture de police de Rabat au sujet des agissements et activités suspects de deux journalistes français, qui font l'objet d'une décision d'expulsion du Wali de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, conformément aux dispositions juridiques en vigueur, précise la DGSN.

>Ministère de la Communication.

Le ministère de la Communication a précisé, dimanche dans un communiqué, n'avoir délivré aucune autorisation de tournage à une chaîne française pour la réalisation d'un reportage.
"Ni le ministère de la Communication, ni aucun service qui en relève ou sous sa tutelle n'a accordé d'autorisation de tournage à une chaîne française pour la réalisation d'un reportage, conformément aux dispositions de la loi 20-99 relative à l'organisation de l'industrie cinématographique", souligne le communiqué.
Le ministère ajoute qu'il n'a également reçu aucune demande à ce sujet.

>Wilaya de Rabat-Salé.

Les autorités de la wilaya de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër ont décidé d'expulser du territoire national, à partir de ce dimanche, deux ressortissants français qui résidaient dans un hôtel à Rabat, a indiqué un communiqué de la wilaya.
Cette décision intervient suite à des agissements suspects et illégaux des intéressés en violation de la réglementation en vigueur en matière de reportage de presse, a précisé la même source, ajoutant qu'elle est conforme aux dispositions de la loi N. 02.03 relative à l'entrée et au séjour des étrangers au Royaume du Maroc.
"Les autorités de la wilaya, après avoir été informés des agissements suspects et illégaux des intéressés, en violation de la réglementation en vigueur en matière de reportage de presse, ont essayé à maintes reprises d'engager un dialogue avec eux en leur résidence à l'hôtel, ainsi que sur la voie publique, pour les avertir de la nécessité de disposer d'une autorisation préalable des institutions compétentes", a indiqué le communiqué.
Cependant, a ajouté le communiqué, les deux ressortissants français n'ont pas obtempéré, ce qui a amené les autorités à prendre cette décision, précisant que le parquet général a ordonné la saisie des caméras qu'ils utilisaient sans autorisation.

>L’AMDH dénonce l’intrusion dans son local central. L’association a diffusé un communiqué que voici:

Dans une escalade dangereuse, suite à la campagne menée par l’Etat, depuis le 15 juillet 2014, contre les associations de droits humains, et à leur tête l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), les autorités de Rabat ont envahi le siège central de l’AMDH, dimanche soir, avec plus de 40 personnes en civil munies d’instruments en fer pour défoncer les serrures, après que 4 d’entres elles aient terrassé la camarade Rabea Bouzidi (membre de l’administration centrale et membre de la commission administrative), arraché par force, les clés du local et de son logement, et l’aient agressée par des coups, des insultes et des paroles de bas niveau; suite à quoi Mme Bouzidi a été transportée à  un hôpital dans un état alarmant; deux journalistes français qui se trouvaient dans les locaux  et qui projetaient de filmer une interview ont été arrêtés et leur matériel confisqué sous prétexte qu’il contenait des enregistrements faits en d’autres lieux.

A signaler que le local de l’AMDH a été encerclé depuis la matinée, quand les 2 journalistes y ont accédé, par des responsables et auxiliaires des autorités ce qui a provoqué un climat d’anarchie devant l’immeuble du siège alors que les habitants aspiraient à se reposer après une semaine de travail; pis encore, un auxiliaire des autorités n’a pas hésité à frapper aux portes des habitants pour les inciter contre l’AMDH.

Bien que les deux journalistes, en présence du président de l’AMDH, aient précisé qu’ils ne procéderaient à aucun tournage sans autorisation, les autorités ont procédé à leur arrestation de l’intérieur du siège de l’AMDH, et non dans les autres endroits où ils étaient épiés et suivis.

Une fois de plus, nous enregistrons que les autorités, par de telles pratiques, font fi de  la loi et refusent de s’y conformer: en effet, elles ont refusé de présenter, de manière formelle, toute décision leur permettant de fouiller le local ou de procéder à des  confiscations; elles ont plutôt choisi  de recourir à la force illégale pour envahir délibérément le local, dans une scène hollywoodienne, et d’alarmer les habitants avoisinants.

Tout en dénonçant cette grave agression à l’encontre d’une responsable de l’association et du local central, nous soulignons qu’il s’agit d’un nouvel épisode de la série d’agressions à l’encontre du travail des défenseurs des droits humains; nous soulignons, que les autorités qui ont mobilisé des dizaines de voiture de police et des forces d’intervention rapide ainsi que d’autres forces sécuritaires ont planifié leur intervention suite aux menaces écrites envoyées le 11 février par le Wali de la région de Rabat/Salé/Zemmour/Zaers et le gouverneur de Rabat suite à la conférence de presse organisée par l’association «Freedom Now» dans le local de l’AMDH. Cette escalade confirme l’absence de volonté politique de l’ETAT de mettre fin aux pratiques médiévales comme elle confirme le retour à des comportements d’un passé de violations de droits que l’on croyait révolu.

L’association salue la large solidarité exprimée par les représentants/tes des associations et instances des droits humains, des organisations démocratiques et de militants/tes qui ont contacté les responsables de l’AMDH ou qui sont venus au siège central.

L’association souligne que toutes les pratiques autoritaires ne la freineront pas dans sa noble mission de défense des droits des citoyens et citoyennes et de promotion de la culture des droits humains dans son universalité et sa globalité

 

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Le 16 février 2015 à 8h08

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