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CULTURE

Musique. Médias 24 vous propose Abdelhalim Hafez

38 ans après sa mort, le «rossignol brun» enchante toujours les mélomanes amateurs de grande musique arabe.

Musique. Médias 24 vous propose Abdelhalim Hafez
Samir El Ouardighi
Le 17 janvier 2015 à 9h32 | Modifié 17 janvier 2015 à 9h32

Abdelhalim Hafez fait l’objet d’un véritable culte à travers le monde entier.

Au lendemain des attentats de Paris, la splendeur de ce cantateur prouve s’il en était besoin en musique que le beau est universel et que le clash Orient-Occident est une notion incongrue.

Médias 24 revient sur un des plus grands chanteurs qui a transcendé le monde arabe et a obtenu une reconnaissance éternelle de nombreux musicologues occidentaux.

Dans le feu de l’actualité, nous ne pouvions faire l’impasse sur cette icône d’autant plus que depuis son départ précoce, la scène musicale arabe est restée désespérément vide et médiocre.

Les deux morceaux retenus n’ont pas été choisis par hasard car ils ont marqué l’histoire de la musique en inspirant de nombreux musiciens. D’autre part, ils constituent des collectors introuvables ailleurs que sur le web où l’on est confronté en live au talent inégalable de ce véritable maëstro.

Dans le 1er morceau «Ahwak» [Je t’aime], on voit à l’œuvre un véritable conductor prenant en charge les arrangements et la musicalité avec une sensibilité à fleur de peau et un véritable sex-appeal dans la voix.

Si pour les critiques musicaux et les musicologues, Abdelhalim Hafez reste moins universel qu'Oum Kalsoum, moins savant que le compositeur Mohamed Abdelwahab, et vocalement moins doué que Farid Al-Atrache, il n’en reste pas moins que dans l’imaginaire collectif, il restera le «Sinatra du Nil».

Si en général, ses chansons d’amour sont courtes et faciles à retenir, nous avons choisi de programmer le chef d’œuvre musical «Kariat El Fingan» qui dure une heure et demi et qui peut être assimilé à un concert de musique classique.

La connivence d’Abdelhalim Hafez avec les notes jouées par ses musiciens montre qu’il n’a jamais renoncé à son rêve de devenir chef d’orchestre. Cette synchronisation dégage une émotion qui n'a rien à voir avec les interminables et extraordinairement complexes mélopées d'Oum Kalsoum.

La raison est simple car il y a entre les deux, la différence qu'il peut y avoir entre le chant et la chanson.

Outre sa voix langoureuse, c'est assurément son appartenance à une époque libérale qui fait que son souvenir reste vivace dans une société arabe désenchantée par le nouveau conservatisme égyptien.

L'industrie cinématographique ne s’y est d’ailleurs pas trompée en voyant en lui l'occasion de renouveler la comédie musicale qui triomphait en Egypte à cette époque révolue. Il faut rappeler qu’il a échangé le plus grand nombre de baisers de l'histoire du cinéma égyptien avec la sublime actrice Nadia Lotfi dans le film «Abi fawka achajar».

Son statut de star ne lui a pas épargné une fin de pauvre, terrassé à 48 ans à Londres en 1977 par une maladie rare contractée lors de ses baignades d'enfance dans les eaux sales du Nil.

Il a eu droit à un enterrement submergé par des centaines de milliers de fans en pleurs et le soir même, la presse signala plusieurs dizaines de cas de suicide de jeunes filles éplorées.
 

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Samir El Ouardighi
Le 17 janvier 2015 à 9h32

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