Le Maroc adopte une stratégie de migration et d’asile
Malgré cette avancée, les associaitons estiment que beaucoup d’efforts restent à faire en faveur des migrants.
Il y a un peu plus d’un an, le Roi Mohammed VI appelait à une nouvelle politique migratoire. Le lendemain, les ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères annonçaient une série de mesures pour améliorer la gestion des immigrés de plus en plus nombreux dans le pays. Aujourd’hui, la politique migratoire prend un tournant, avec l’adoption jeudi en Conseil de gouvernement du projet de loi relatif à la stratégie du Maroc en matière de migration et d'asile.
Ce projet, qui fait suite à un rapport du très officiel Conseil national des droits de l’homme (CNDH) et à de nombreuses critiques sur le traitement des migrants subsahariens clandestins, «aura un impact important sur la vie des réfugiés et demandeurs d'asile au Maroc et redéfinit le rôle de plusieurs acteurs, dont celui du HCR auparavant en charge de la protection et de l'assistance des réfugiés et demandeurs d'asile au Maroc», selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés.
4 objectifs et 11 programmes
Cette nouvelle configuration présente quatre grands objectifs :
-La gestion des flux migratoires dans le respect des droits de l'Homme ;
-La mise en place d’un cadre institutionnel adapté ;
-La facilitation de l'intégration des immigrés réguliers ;
-La mise à niveau du cadre réglementaire.
Selon la MAP, le projet comporte onze programmes touchant des domaines comme l'éducation et la culture (l'intégration dans le système scolaire, la formation des langues, la culture marocaine), la jeunesse et les sports (programmes sportifs et loisirs), la santé (accès aux soins), l'habitat (encouragement du droit à l'habitat dans un cadre légal), l'assistance sociale et humanitaire, la solidarité et le développement social, l'accès à la formation professionnelle et la facilitation de l'accès à l'emploi.
Selon la même source, le projet porte également sur la gestion des flux migratoires, la lutte contre la traite des êtres humains et les réseaux de ce trafic, le renforcement des partenariats au niveau international, la modernisation du système juridique et l'adoption d'une politique de communication efficace dans le domaine de la migration et l'asile.
Beaucoup d’efforts restent à faire
Toutefois, le projet fait abstraction des violences que subissent les immigrés, pourtant fréquentes, notamment dans le quartier Boukhalef de Tanger. Pour les associations de protection des migrants, la création d’une loi qui condamne les propos racistes et xénophobes et l’arrêt des violences policières à caractère raciste s’impose.
L’autre point noir concerne les violences faites aux migrants subsahariens aux frontières de Sebta et Melilia, que ce soit par les autorités marocaines ou espagnoles.
A ce propos, la situation n’est pas prête de s’améliorer avec l’adoption le 11 décembre par les parlementaires espagnols d’une loi autorisant la police et les gardes civils à reconduire à la frontière marocaine les migrants qui franchissent clandestinement les frontières à Sebta et Melilia.
Selon le Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), cette pratique viole le droit d’asile et le principe de non refoulement. En effet, comme l’a souligné Hicham Rachidi, secrétaire général du Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), dans un entretien accordé à le 18 décembre à la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, «lorsque les migrants arrivent à rentrer dans les enclaves espagnoles, les autorités marocaines acceptent ensuite de recevoir les migrants qui leur sont remis par les espagnols; et ce en violation flagrante du droit international».
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