Le CESE évoque le risque d’une médecine à deux vitesses
Certaines dispositions du projet de loi risquent d'encourager l’exclusion sociale selon les sages du CESE marocain.
Sollicité par la chambre des Représentants le 29 octobre dernier, le CESE a rendu publiques des conclusions critiques sur ce projet de loi qui doit réformer l’exercice de la médecine au Maroc. L’avis du Conseil a été adopté à l’unanimité ce jeudi 18 décembre.
Ses membres ont déploré le fait d’avoir été saisis par une chambre basse qui ensuite n’a pas hésité à adopter le PL 131.13 sans attendre leur avis. Ils ont souligné que cette manière était une première dans l’histoire du CESE.
Le texte de loi en question propose de diversifier les modes d’exercice de la médecine grâce à de nouveaux modes de financement et de gestion des structures privées comme les cliniques ou les cabinets privés.
C’est l’article 60 du projet de loi qui retient tout particulièrement l’attention du CESE car s’il est finalement adopté par les deux chambres, les cliniques pourront être créées par des sociétés commerciales formée «de non-médecins ou de médecins et de non-médecins, ou par toute autre personne morale de droit privé».
Cette disposition ne contribuera pas à l’amélioration de l’offre de soins pour tous au niveau national car les investisseurs cibleront les grands pôles urbains pour des raisons lucratives. Le projet de loi 131.13 ne dispose pas de garde-fou pour garantir les droits des patients et contrôler les prix des prestations de santé du secteur privé car il n’a pas fait l’objet d’une étude préalable d’impact.
Interrogé par notre rédaction, un membre du conseil estime que «la santé publique ayant failli dans sa mission, on choisit le secteur privé pour pallier à ses défaillances» (…) cela permettra de développer le tourisme médical au détriment des 35% de Marocains qui ne disposent pas de couverture médicale. «On fait entrer le loup dans la bergerie car le seul intérêt des nouveaux investisseurs autorisés à financer des cliniques est éminemment lucratif».
Ce ne seront plus des considérations médicales qui primeront mais simplement financières où les professionnels de la santé n’auront plus leur mot à dire. Notre interlocuteur cite des sociétés qui ont anticipé le mouvement en mettant en place des centres de diagnostic abritant des laboratoires d’analyses et de radiologie.
L’entrée des compagnies d’assurance dans la création de cliniques aggravera les inégalités et créera des conflits d’intérêts financiers. L’offre de soins se réduira à ceux qui en ont les moyens et conduira à terme à une monopolisation dangereuse et déloyale en exacerbant les dépenses de sante catastrophiques qui pèsent sur les ménages.
La principale recommandation du CESE est d’élargir l’accès aux soins pour l’ensemble des Marocains car l’ouverture du secteur médical aux investisseurs privés ne bénéficiera pas à la majorité des Marocains au faible pouvoir d’achat.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.