Inondations. Un journaliste d’Al Aoula dénonce la désinformation de la chaîne publique
C'est une sortie pour le moins inattendue et tonitruante. Un journaliste d’Al Aoula démissionne de son poste de rédacteur en chef du JT pour protester contre la “désinformation“ sur la chaîne publique, en particulier depuis le début des inondations qui ont secoué le sud du Maroc.
«Un média doit refléter la réalité sociale. Lors des récentes inondations, les images diffusées pas Al Aoula n’ont pas été fidèles à la réalité. Au lieu de montrer l’ampleur des dégâts causés aux sinistrés, la chaîne a choisi de filmer uniquement la mobilisation des pouvoirs publics et les déplacements des officiels dans la région», lance d’emblée Abdelghani Jabbar, journaliste et rédacteur en chef du JT soir d’Al Aoula, la très officielle TVM créée en 1962.
«Le temps où on pouvait donner une fausse image de la réalité est révolu. Avec internet, les citoyens ont accès à l’information en temps réel», ajoute celui qui vient de sortir de sa coquille pour protester contre la manière dont la chaîne publique a couvert les inondations meurtrière de la semaine dernière, dans une lettre qu’il a adressée à Fatima Baroudi, directrice de l’information à Al Aoula.
«Conformément à mes convictions(…), et suite au mécontentement de la population de Guelmim (dont je fais partie) par rapport à la couverture médiatique des inondations qu’a connues la région tout au long de la semaine dernière, particulièrement vendredi, je vous remets ma démission du poste de rédacteur en chef du bulletin d’information du soir d’Al Aoula», écrit Abdelghani Jabbar dans sa lettre de démission.
«Vendredi, alors que la ville de Guelmim était totalement inondée, le JT n’a consacré qu’une minute au sujet», regrette-t-il dans une déclaration à Médias 24. Et d’ajouter: «Notre traitement des événements n’a pas été à la hauteur. La chaîne a attendu que le ministre de l’Intérieur se déplace à Guelmim pour envoyer des journalistes sur place (…) nous sommes censés montrer les dégâts, sensibiliser les citoyens sur la situation et informer les familles des sinistrés qui sont restées sans nouvelles. Mais au lieu de cela, on occulte la réalité».
“Nous devons respecter l’intelligence des téléspectateurs“
En 2011, de nombreux employés d’Al Aoula avaient mené des sit-in pour la réforme du secteur audiovisuel. Entre autres revendications, inciter les dirigeants de la chaîne à revoir leur ligne éditoriale, afin que les infos d’Al Aoula «reflètent davantage les réalités sociales et les préoccupations des citoyens», rappelle Abdelghani Jabbar. Cette mobilisation avait donné lieu à un jeu de chaises musicales au sein de la TVM. Parmi les changements, le remplacement de Mohamed Oubaha par Fatima Baroudi et la désignation de Abdelghani Jabbar rédacteur en chef du JT soir. Mais depuis, peu de choses ont changé, et la hiérarchisation des infos suit toujours la même logique.
«Nous devons respecter l’intelligence des téléspectateurs. On ne peut plus se permettre de traiter l’actualité comme durant les années 1980. Certains responsables pensent qu’ils sont les seuls à détenir l’information, mais les temps ont changé. Nous sommes là pour informer, et non pour faire de la propagande», martèle Abdelghani Jabbar.
Ce petit événement dans le microcosme médiatique intervient au moment où 2M est pointée du doigt par les PJD-istes pour avoir programmé une soirée musicale en plein drame des inondations qui ont causé des dizaines de morts.Sur les réseaux sociaux, nous avons également noté de nombreuses critiques à l’égard du traitement des inondations par les chaînes publiques, alors que sur le web de nombreuses images circulaient.
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