Les Marocains premiers utilisateurs de produits financiers de la région Mena
Toutefois, un tiers de Marocains épargne de manière informelle, et la culture financière limitée, le manque de ressources et le taux de satisfaction font partie des freins au développement du secteur bancaire, selon une enquête de Bank Al-Maghrib et de la Banque mondiale.
Menée auprès d’un échantillon de 3.000 adultes représentatifs de la population active marocaine, l’enquête avait pour objectif « de connaître la perception des Marocains par rapport aux produits financiers.
Nous sommes allé vers le consommateur pour connaître sa perception des produits financiers, sa connaissance de ces produits, ce qu’ils en pensent et la gestion de son propre budget mensuel » a déclaré à Médias 24 Lhassan Benhalima, responsable de la direction de la supervision bancaire à Bank Al-Maghrib.
Les principaux constats
Cette enquête, première en son genre, non seulement au Maroc mais dans les pays de la zone Mena, révèle plusieurs enseignements. D’abord et surtout, une utilisation importante par les adultes des produits et services financiers formels par rapport aux pays de la zone Mena. Car l’enquête fait ressortir, qu’environ 41% utilisent un produit ou un service financier. Un taux très élevé par rapport à la moyenne observée dans les pays de la région Mena qui est de 18%.
Ce sont majoritairement les femmes, les personnes à très faibles revenus et ceux vivant dans les zones rurales qui constituent les adultes financièrement exclus. 33% de ces personnes recourent à des méthodes informelles pour épargner.
Pour ce qui est de l’utilisation des produits financiers islamiques, fortement débattue ces dernières années, 18% de personnes interrogées utilisent un produit financier conforme à la charia tel que la murabaha, la plus souvent cité. Quant à l’assurance, le secteur est relativement peu connu au Maroc avec une utilisation de 24% de ses produits.
Les Marocains ont une connaissance limitée du paysage financier. Les personnes sondées ont pu répondre correctement à 3 questions sur 7 ayant trait aux connaissances financières, contre une moyenne de 5 bonnes réponses dans les autres pays de la région Mena.
Davantage séduite par les produits bancaires que par les autres produits financiers, une bonne partie de l’échantillon sondé exprime, néanmoins, un taux de satisfaction de seulement 43%.
Un Marocain sur 4, essentiellement des femmes et des habitants de zones rurales, a rencontré un litige avec un fournisseur de services financiers.
Les obstacles
Le manqued’argent est, sans grande surprise, l’élément principal qui vient en tête pour faire obstacle à l’inclusion financière : 37% déclarent ne pas avoir d’argent, et 27% manquent d’intérêt pour le sujet. La 3ème raison est la cherté des produits financiers, car 24% estiment que ces produits sont trop coûteux.
Le manque d’utilisation des produits et services financiers islamiques est dû principalement à l’indifférence à l’égard de ces produits (80%) et à la connaissance limitée à leur sujet.
Les personnes qui manquent de connaissance financière et d’éducation, et dont le revenu est faible, sont plus vulnérables à l’exclusion et souffrent de problèmes liés au suivi des dépenses et de la budgétisation.
Les recommandations
Représentant la Banque mondiale lors de cette conférence, l’économiste Siegfrid Zottel a avancé une liste de recommandations pour faire face aux problèmes soulevés par cette enquête.
Les plus importantes concernent l’éducation financière, considérée comme l’instrument clé par M. Zottel. Dans ce cadre, des messages d’éducation financière feront leur apparition à travers les médias, mais aussi via la mise en place d’un plan d’action par la Fondation marocaine pour l’éducation financière (FMEF) qui portera sur :
-des journées de sensibilisation à l’inclusion financière au profit des écoles, 160.000 bénéficiaires dont 20% du milieu rural ;
-la mise en place d’un module obligatoire d’éducation financière dans les écoles et universités ;
-l’organisation de conférences ;
-la présence dans les médias, à travers la diffusion d’un feuilleton ;
-des programmes de développement économique et des formations professionnelles au profit des TPME et micro-entreprises.
En dépit de ses multiples problèmes soulevés cette enquête, les Marocains, d’après cette dernière, ont le mérite d’avoir le réflexe de comparer les produits financiers, d’être clairvoyants, de penser à l’avenir et de mettre des fonds de côté pour des dépenses imprévues, quand cela est possible.
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