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ECONOMIE

Marocains et Espagnols explorent de nouvelles voies de coopération touristique

Accroître les flux bilatéraux et les investissements tout en veillant à la promotion d’un développement durable du secteur on constitué les axes de la première Journée du tourisme méditerranéen (JMT) tenue à Tanger ce 29 novembre.

Marocains et Espagnols explorent de nouvelles voies de coopération touristique
Jamal Amiar
Le 30 novembre 2014 à 17h26 | Modifié 30 novembre 2014 à 17h26

Initiée par le Conseil régional du Tourisme de Tanger-Tétouan et l’Ecole d’organisation industrielle de Madrid qui dépend du ministère espagnol du tourisme, la première JMT a permis de faire le point sur les potentialités du tourisme bilatéral, la coopération bilatérale sur les marchés méditerranéens et les opportunités d’investissements touristiques au Maroc.

Les échanges sur ce dernier point ont porté sur les objectifs de la Vision 2020 qui vise «à porter le nombre de visiteurs au Maroc à 20 millions d’ici la fin de la décennie, à doubler la capacité hôtelière -150.000 lits en 2010- du pays tout en devenant une destination majeure en termes de durabilité», comme l’a rappelé le directeur généra de la Fédération national du tourisme (FNT) Saïd Tahiri.

Ces objectifs passent par le développement de nouvelles niches sportives et culturelles et un effort en matière de formation et de salaires, talons d’Achille du tourisme marocain. Celui-ci représente aujourd’hui 8 % d’un PIB global de 100 milliards de dollars et 500.000 emplois.

«Cette ambition passe une redéfinition du partenariat public-privé (PPP)» a rappelé Tarik Sadki directeur de la planification au ministère du Tourisme. «L’environnement international a changé et les investisseurs ont aussi changé» a-t-il constaté, indiquant que «les pouvoirs publics étudient la mise en place d’un système de primes à l’investissement qui varieront selon le type de projet et la région qui accueillera les investissements». Ces primes pourraient aller de 1 à 20% du total de l’investissement.

Ainsi, par exemple, sur Marrakech, si aujourd’hui un investisseur ne peut espérer de prime pour un investissement hôtelier, en revanche, un investissement dans l‘animation et les loisirs pourra y prétendre.

Du côté espagnol, le patron du fameux réseau espagnol Paradores, 95 établissements au total, a averti contre «les risques de fixation» sur l’investissement qui peut parfois … dépasser des besoins réels comme cela a pu être le cas dans la mise en œuvre du plan Azur.

«Il faut, a-t-il rappelé, s’interroger sur les objectifs de la politique touristique, les moyens d’atteindre ces objectifs et, ensuite, fixer les besoins en capital. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, même si c’est une erreur commune» a –t-il insisté.

Dans le cas du Maroc pour l’instant, la Haute autorité du tourisme (HAT) prévue dans le cadre de la Vision 2020 et qui doit regrouper représentants de l’Etat, des régions et du privé n’est pas encore en place. En attendant, un Conseil stratégique du tourisme présidé par le ministre de tutelle fait office de HAT.

Les ADT, Agences de développement touristiques, vivent actuellement le même sort: leur mise en place est depuis des années suspendue à la mise en place de la politique de régionalisation.

PPP doit rimer avec transparence

Le rôle des PPP est notamment loué car il permet de partager les risques et les expériences entre le secteur privé et le secteur public que ce soit pour investir dans des projets touristiques ou des structures de formation de ressources humaines. «Mais la garantie de leur efficacité est la transparence et la culture de la transparence» a rappelé le Pr. Mimoun Hilali, consultant et enseignant à l’Institut supérieur international du tourisme de Tanger.

«Avant le plan Azur en 2001-2002 et la Vision 2010, il n’y avait pas à proprement dit de politique touristique au Maroc,» a-t-il rappelé. «Et même là, on a voulu développer le balnéaire et on a eu Marrakech!»

Plusieurs intervenants ont rappelé que l’Espagne et le Maroc constituaient deux puissances touristiques majeures en Méditerranée, et qu’à ce titre les deux pays pouvaient fortement contribuer à renforcer le rôle de la région comme destination touristique mondiale.

«La Méditerranée attire déjà 30% du tourisme mondial et 500 millions de visiteurs y sont attendus en 2030 sur un total d’1,8 milliards de visiteurs internationaux» a relevé Carlos Vogeler de l’OMT, l’Organisation mondiale du tourisme. Ces chiffres de l’OMT n’incluent ni les statistiques du tourisme intérieur ni le tourisme de croisière.

Côté bilatéral, plus de 800.000 Espagnols ont visité le Maroc et plus de 300.000 Marocains ont visité l’Espagne en 2013. Le Maroc constitue notamment un marché majeur pour l’industrie touristique de la Costa del Sol.

Développement durable

Les échanges ne sont achevés sur un avertissement sur le tourisme et le développement durable. José Miguel de la chaîne MedPlaya très présente sur la Costa del Sol espagnole a averti ses homologues marocains: «Je vois autour de Tanger beaucoup de construction. Nous avons vécu cela. Ne faites pas les mêmes erreurs». Trop tard ?

 A la Forêt diplomatique comme sur le cap Malabata de Tanger,  les dégâts à l’environnement inaugurés durant la décennie de la bulle immobilière se poursuivent. En Espagne, près de Torremolinos comme à Ibiza, les gouvernements locaux ont lancé depuis trois ans des plans de démolition de bâtiments trop proches du bord de mer ou qui ont violé les normes d’occupation des sols.


 

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Jamal Amiar
Le 30 novembre 2014 à 17h26

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