Cession du foncier de l’ONEE. Le personnel en colère
Le personnel casablancais de l’ONEE observe une grève “d’avertissement”. Il accuse le gouvernement de démanteler et désarmer l’Office au profit d’autres parties, dont Lydec, accusée de ne pas avoir honoré tous ses engagements.
La colère du personnel casablancais de l’ex-ONE (Office national de l’électricité) se ressent de plus en plus. Ce jeudi 20 novembre, le travail à la direction régional de Casablanca s’arrête à cause d’une grève tenue à l’appel du syndicat historique de l’Office (FNTE-UMT).
Dans les centres de production, de transformation et de transport de l’électricité, la grève sera de trois heures. En cause, une convention signée en septembre dernier entre l’Office, le gouvernement et la ville de Casablanca.
Selon cet accord, un inventaire des actifs de l’Office dans la région du Grand Casablanca sera établi, en vue d’une cession au profit de l’autorité délégante (villes de Mohammedia/Casablanca).
En effet, selon l’article 3 de la convention, ces parties, représentées dans une commission mixte devront “arrêter la valeur des immobilisations et biens financés par les fonds propres de l’ONEE à céder, ainsi que les modes de leur transfert à l’Autorité délégante. La cession sera effectuée à juste prix, aux dires d’expert”. Le document invoque la loi 39-89 portant sur le transfert des entreprises publiques au secteur privé qui autorise ce genre d’opérations, à condition de les soumettre à l’aval du ministre des Finances.
Selon la convention, les actifs cédés par l’ONEE à l’autorité délégante sont, en fait, des installations, réseaux et ouvrages qu’il faudra d’abord ausculter en vue d’un état des lieux.
Par ailleurs, la convention dispose que l’autorité délégante “s’engage à confier la gestion des services (Eau-Electricité-Assainissement, ndlr) dans toutes les communes de la région du Grand Casablanca à un seul délégataire dès accomplissement de la procédure de délibération des Conseils communaux concernés et de sa validation par l’Autorité de tutelle compétente, et ce conformément à un programme progressif d’investissement et d’un plan d’action arrêtés sous l’égide de l’autorité délégante et en concertation avec les présidents des communes concernées”.
A ce délégataire, logiquement la Lydec, l’autorité délégante transfèrera les actifs qu’elle aura achetés de chez l’ONEE, mais aussi tous les plans et documents nécessaires à l’exploitation des installations, réseaux et ouvrages.
Le personnel proteste
Contacté par Médias 24, un syndicaliste de l’Office explique que l’Etat est en train de dépourvoir l’Office des outils qui lui génèrent de la valeur.
Pour un des cadres, c’est surtout une opération lente de démantèlement et de paupérisation d’un service public qui était la fierté de l’industrie publique marocaine. Pour notre cadre, “il est inconcevable d’accorder du foncier, des réseaux et des outils mis en place par les ingénieurs de l’Office à un délégataire (Lydec, ndlr) qui n’honore jamais correctement ses engagements” et d’ajouter, “mais c’est la faute à l’Etat qui s’est montré incroyablement laxiste et continue de l’être avec Lydec“.
La Fédération nationale des travailleurs de l’énergie (FNTE), affiliée à l’UMT, réclame l’annulation de cette convention et l’arrêt des cessions, et demande un audit de rapprochements des engagements et réalisations de la Lydec soit réalisé et appellent à remettre en question, “à l’instar de Grenoble”, le modèle de gestion déléguée, instauré au Maroc au milieu des années 1990.
Nos syndicalistes ont un mois et 10 jours d’action avant que la convention n’entre en vigueur. En effet, au 31 décembre, les conseils communaux devront approuver ou pas, la passation des pouvoirs de l’ONEE à la Lydec.
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