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Chiffres choc des Habous: la faute aux autres?

Des locataires «fuyards», des conditions de recouvrement difficiles  et une hiérarchisation des administrations. Voici les seules explications aux chiffres choc des Habous.  

Chiffres choc des Habous: la faute aux autres?

Le 13 novembre 2014 à 17h07

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Des locataires «fuyards», des conditions de recouvrement difficiles  et une hiérarchisation des administrations. Voici les seules explications aux chiffres choc des Habous.  

Mutisme et indifférence. Voici les seules réponses auxquelles Médias24 a eu droit suite à la publication dans ses colonnes, de l’article traitant des chiffres des Habous.

Imaginez un patrimoine de 53.000 unités immobilières, terrains, immeubles, appartements, maisons, villas. N’importe quel gestionnaire pourrait en retirer des revenus énormes. Ce patrimoine est celui des Habous, il est censé être géré au mieux, pour en tirer le maximum de revenus destinés aux pauvres.
Eh bien, c’est le contraire. Le contribuable marocain subventionne ce parc qui ne rapporte rien. 93% des loyers ne sont pas recouvrés.

Au sein du département des Habous, les sources n’acceptent de nous parler que sous couvert d’anonymat.

"La faute aux locataires"

Selon nos sources, l’institution Habous est en manque de considération. Ce qui explique, en partie, le nombre très élevé de locataires qui ne paient pas les loyers et, le cas échéant, rechignent au niveau de l’exécution des jugements prononcés à leur encontre. Un héritage très lourd car il s’agit de l’accumulation de plusieurs décennies de mauvaise gestion.

Cette situation, nous expliquent nos interlocuteurs, est due, entre autres, aux lenteurs des procédures judiciaires. En effet, cette lenteur est telle, que bien souvent, les débiteurs trouvent le temps de s’évaporer dans la nature. De surcroît, les règles de notification en vigueur sont quasi-inefficaces, surtout que les décisions notifiées ne parviennent au destinataire qu’après que celui-ci ait disparu.

Par ailleurs, on le sait, la contrainte par corps, entendue comme mode d’exécution forcée, est aujourd’hui inapplicable pour les litiges civils. Pour les sources que nous avons contactées, faire pression sur les débiteurs réfractaires, moyennant des méthodes comme l’astreinte ou les pénalités de retard, est insuffisant car peu dissuasif.

La faute aux conditions difficiles

Par conditions, on entend celles des fonctionnaires chargés du contentieux. Pour ces derniers, la chasse aux locataires réfractaires est souvent parsemée d’embuches. Faute à un effectif restreint, ces fonctionnaires sont souvent obligés d’assurer la tâche de représentation juridique des habous mais aussi d’endosser la casquette de policier.

C’est le cas, notamment, lorsque le bénéficiaire réfractaire est en fuite.

La faute à d’autres administrations

Certains ministères entreprennent des travaux de construction en empiétant sur le foncier appartenant au Habous, et ce, en faisant complètement fi des procédures légales requises, telles que l’expropriation. Nos sources voient en cela une sorte hiérarchisation des intérêts voire une dévalorisation du ministère.

En définitive, les chiffres dévoilés par le ministère des Habous n’ont pas finis de nous dévoiler leurs secrets. Pour convaincantes qu’elles soient, les explications susvisées n’en restent pas moins partielles et partiales. Raison pour laquelle nous n’en accommoderons pas.

 

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