Medays 2014. Plus d’Afrique, plus d’interrogations
L’Afrique sera au centre des débats qu’abrite la conférence Medays à Tanger à partir de ce mercredi 12 novembre. De hauts responsables, du Maroc à l’Angola, sont attendus sur les problèmes de santé, d’éducation, d’investissements et de sécurité.
L’Angola sera représenté par la directrice générale de son agence de promotion des investissements. Le Gabon enverra son Premier ministre à Tanger, le Mali et le Ghana leurs ministres de l’Industrie. Le Sénégal et le Niger seront représentés par leurs ministres des Affaires étrangères.
Côté marocain, outre le chef de la diplomatie Salaheddine Mezouar, Houcine El Ouardi (Santé) et Lahcen Daoudi (Enseignement supérieur) sont attendus.
Dans une présentation qui devrait susciter l’intérêt des Maghrébins, le secrétaire général de l’East African Community Richard Sezibera s’exprimera sur l’intégration économique entre le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda.
Les relations économiques entre ces cinq Etats qui regroupent 160 M d’habitants sont basés sur des accords douaniers et la mise en place d’infrastructures communes, notamment de transport. Ces cinq pays ont un PIB global supérieur à 300 MM de dollars.
Place dans le monde, sécurité, Ebola, formation et emploi
Au moins quatre séances d’échanges et de débats s’intéresseront à l’Afrique. Un premier panel traitera de « l’Afrique émergente : comment pérenniser le rôle croissant du continent sur l’échiquier international ? » et un second traitera des politiques de sécurité africaines.
Les systèmes de santé et le secteur de l’éducation en Afrique feront également l’objet d’échanges en présence des ministres marocains Houcine El Ouardi et Lahcen Daoudi.
Outre l’Afrique, la situation politique dans le monde arabe, celle de « pays sans Etat » (Libye, Syrie, Irak), les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman ou encore la conjoncture économique européenne seront abordés durant cette édition de Medays.
Ces échanges sur la situation en Afrique se tiennent à un moment où la communauté internationale s’interroge sur l’impact du virus Ebola sur les économies ouest-africaines. Alors que le nombre de morts a dépassé les 5.000 victimes, aucune solution sanitaire et médicale de fond n’est envisageable avant la mi-2015 au mieux. L’épidémie continue de se propager et les remèdes en sont au stade de l’expérimentation.
Comme le refus du Maroc d’abriter la Coupe d’Afrique des nations en janvier 2015 le montre, le virus Ebola suscite des craintes et impacte négativement l’économie et la vie des entreprises et des organisations.
Ces soucis sur la situation sanitaire et les systèmes de santé ne sont pas les seuls mis sur la table en cette fin d’année 2014. Face aux situations sécuritaires dégradées, aux inégalités sociales et aux poussées migratoires, « l’Afrique est-elle si bien partie ? » se demande ainsi la chercheure Sylvie Brunel dans un ouvrage paru en octobre aux éditions Sciences humaines.
Inégalités sociales réelles, données chiffrées absentes
Sylvie Brunel, malgré « l’afroptimisme » ambiant, rappelle qu’un tiers des pauvres de la planète vivent aujourd’hui en Afrique contre 20% il y a 25 ans. Ancienne présidente d’Action contre la faim, Mme Brunel dénonce « les inégalités qui se creusent » et des gouvernements, mauvais gestionnaires, « qui renforcent l’instabilité ».
L’Afrique doit compter 1,5 MM d’habitants en 2025 et 2,5 MM en 2050. Depuis 50 ans, les mouvements migratoires vers l’Europe, les drames des pateras dans le détroit de Gibraltar ou au large de la Sicile et la fuite des cerveaux africains vers les pays du Nord sont l’illustration que les inégalités sociales et les politiques publiques sont, de longue date, inadaptées.
Autre préoccupation soulevée par Amanda Glassman, spécialiste des affaires de santé au Centre pour le développement global (Forum de Davos) : l’amélioration nécessaire des données statistiques sur les pays africains.
Dans de nombreux pays et pour de nombreux secteurs, celles-ci sont tout simplement inexistantes, souligne-t-elle dans un article publié fin août. « En fait, de meilleurs systèmes statistiques nationaux constituent le premier pas pour mesurer l’exactitude, la pertinence et la disponibilité de données essentielles au calcul de tout indicateur économique ou de bien-être social ».
Selon Mme Glassman, « de 1990 à 2009, seul un pays d’Afrique subsaharienne disposait de données exactes sur les 12 indicateurs établis en 2000 par le programme Objectifs du développement du millenium ». Cela fait très peu en effet.
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