14 MDH pour le développement du chevreau de l'arganier de Haha
La demande en chevreaux de l'arganier augmente considérablement à l’occasion de Aid al Adha. En attendant la labélisation de ce type de viande, connue pour ses qualités nutritives et diététiques, le chevreau de l'arganier se trouve au centre d’un projet de développement régional de 14 MDH.
Cet animal rebelle et endémique. Le chevreau de l'arganier se nourrit principalement d'une alimentation typique de la région basée sur les produits de l'arganier. Ce mode de pâturage, comme le confirme plusieurs études, a un effet majeur et constant qui se traduit par une réduction de l'adiposité des carcasses et une modification du profil en acides gras.
Ce type de viande se caractérise en effet par sa faible teneur en mauvais cholestérol, sa richesse en certains acides gras inhibiteurs de certaines formes de cancer et un profil en acides gras polyinsaturés favorisant la prévention des maladies cardio-vasculaires.
La viande du chevreau de l'arganier présente également des qualités culinaires exceptionnelles, avec une chair tendre, sans gras, juteuse et connue pour son goût à la fois savoureux, léger et fortement influencé par l'arôme des végétaux.
Ces caractéristiques n'ont pas manqué d'attirer l'attention des acteurs locaux concernés par le secteur agricole, qui ont pris conscience de la nécessité de mettre en valeur ce produit de terroir et en faire un vecteur de développement socio-économique de la région de Haha, qui compte un effectif de 320.000 têtes de chevreau de l'arganier et 49.000 éleveurs de caprins, avec une production totale moyenne de 2.300 tonnes de viande, selon des chiffres de la direction provinciale de l'Agriculture (DPA) à Essaouira.
Fort de cette notoriété, le chevreau de l'arganier se trouve au centre des projets prévus dans la province d'Essaouira dans le cadre du Plan Maroc Vert. Fédérant les efforts du ministère de l'Agriculture et de la pêche maritime, de l'Association nationale des ovins et caprins et de l'Association provinciale Haha des éleveurs, le projet de développement du chevreau de l'arganier, qui s'étale sur la période 2012-2015 pour un coût de 14 millions de DH, se fixe comme objectifs, entre autres, l'organisation des producteurs, l'augmentation de la production en viande caprine, la valorisation de la viande du chevreau de l'arganier et l'amélioration des circuits de commercialisation.
A cette fin plusieurs actions sont prévues comme la création de deux groupements d'éleveurs caprins, la construction de 30 Metfia de 100 m3 de capacité, l'aménagement de 10 Ghdir, l'achat d'un camion-citerne pour l'approvisionnement en eau, l'acquisition d'une camionnette frigorifique pour le transport des viandes et la création d'un Groupement d'intérêt économique (GIE), de 4 coopératives de producteurs caprins et d'une coopérative de bouchers.
"Parmi les actions phare de cette stratégie, qui cherche également à améliorer le revenu des populations rurales et à former les éleveurs aux méthodes d'optimisation de leur production, figure la construction et l'équipement d'un abattoir et d'une salle de découpe", indique à ce propos Rachida Faouzi, chef du projet de développement du chevreau de l'arganier auprès de la DPA d'Essaouira, ajoutant que "des efforts sont engagés pour assurer une assiette foncière convenable à ce projet".
"Il y a également la labélisation de la viande du chevreau de l'arganier comme produit fortement demandé au niveau national et disposant d'une qualité et d'un goût distincts par rapport à la viande caprine des autres régions", souligne Mme Faouzi à la MAP, ajoutant que "cette opération a été lancée en 2005, mais des réserves relatives à un éventuel rôle du chevreau dans la dégradation des forêts d'arganier ont été formulées par certains acteurs concernés".
En effet, certains intervenants considèrent la chèvre comme un facteur de dégradation de la forêt de l'arganier et que, partant, la labellisation de la viande conduira forcément à une augmentation des effectifs des caprins de l'arganier ce qui affecterait la forêt et la production de fruits destinés à la production de l'huile.
"Une étude a été réalisée afin de prospecter les moyens de gestion optimale de l'espace forestier à même d'assurer la protection de l'arganier et le développement de la production de la viande caprine, à travers l'élaboration d'un cahier des charges, en concertation avec les acteurs concernés", a fait savoir Mme Faouzi, dans ce sens, citant plusieurs indices qui contredisent la théorie considérant la chèvre comme facteur de dégradation de l'arganier.
Même son de cloche du côté d'Abdelali Aglili, président de l'Association provinciale Haha des éleveurs du caprin, qui fait remarquer que "le cheptel caprin et l'arganier cohabitent dans cette région depuis des siècles sans que l'un d'eux disparaisse".
"La chèvre contribue même à stimuler la croissance de l'arganier. Il est, donc, inconcevable de prétendre que l'un de ces deux éléments complémentaires nuit à l'existence de l'autre. En plus, l'animal ne consomme qu'une partie infime de l'arbre et ne la détruit pas", argumente M. Aglili, qui met l'accent sur l'importance de la labélisation qui aura un effet déterminant sur l'amélioration du circuit de commercialisation de cette viande, notamment dans les marchés organisés.
(Avec MAP)
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