Pour la CGEM, le temps presse, les réformes sont urgentes
La CGEM a effectué symboliquement sa rentrée avec un conseil d’administration tenu le 19 septembre. Le patronat souhaite des actions urgentes pour la compétitivité des entreprises, l’investissement et l’emploi, avant le démarrage de l’année électorale.
La Confédération Générale des Entreprises du Maroc a tenu, vendredi 19 mai, son conseil d’administration, présidé par Mme Miriem Bensalah Chaqroun. Dans ses travaux, le conseil a débattu des propositions relatives à la loi de finances 2015 et de la position de la confédération concernant la réforme des retraites.
Dans une vidéo mise en ligne sur son nouveau site web(ci-dessous), plusieurs dirigeants en vue du patronat prennent la parole pour commenter la rentrée ainsi que les positions de la CGEM
Miriem Bensalah Chaqroun, président: “Cette rentrée est importante car il y a une forte attente. Pour sa part, la CGEM a eu 1.600 nouveaux adhérents au cours de ces derniers mois“.
Salaheddine kadmiri, vice-président, continue: Sur 175.000 entreprises affiliées à la CNSS, seules 6.500 emploient plus de 50 personnes. Le vivier de PME est un relais absolument fantastique pour la création de richesses, les jeunes talents et la création d’emplois. Comment mobiliser ce potentiel, c’est cela notre combat.
Abdelkader Boukhriss, président de la commission fiscale, annonce des propositions “pratiques et pragmatiques pour l’intégration du secteur informel, l’amélioration et renforcement de la compétitivité des entreprises, et la création d’opportunités pérennes d’emplois“.
40.000 unités sont en effet créées chaque année dans le secteur informel, explique-t-il, une partie d’entre elles doit être intégrée par des propositions et des mesures incitatives, d’ordre fiscal et social. Parmi ces mesures que propose la CGEM, “des mesures d’exonération en matière d’IS et des encouragements à l’entrepreneuriat des jeunes“.
Jamal Belahrach, Président de la commission emploi et relations sociales de la CGEM, est l’un des rares dirigeants en vue au Maroc à avoir pris la pleine mesure de la menace que représente la hausse du chômage des jeunes. Il estime que le Maroc ne s’en sortira pas sans créer des emplois, beaucoup d’emplois ; et que cela passe par une réforme du code du travail, du droit de grève, du coût du travail et au final de la compétitivité des entreprises.
“A situation exceptionnelle, réforme exceptionnelle d’urgence“ : Jamal Beahrach est pressant. Les réformes doivent se faire au plus vite, car 2015 est une année électorale. L’agenda social doit être prioritaire. La CGEM insiste sur la réunion rapide d’un sommet social où tous ces points pourraient être débattus.
M. Belahrach prévient : “Si nous ne faisons rien, l’emploi va devenir un problème de sécurité nationale car 30% des jeunes sont chômeurs“.
Youssef Alaoui, président de la FISA (secteur avicole), rappelle que la problématique essentielle de toute entreprise c’est sa trésorerie, quelle que soit la taille de cette entreprise. “La loi sur les délais de paiement est vidée de sa substance. La source principale dans les problèmes de paiement, c’est l’administration et les entreprises publiques. Or, telle qu’elle existe actuellement, la loi les exclut du champ d’application. Et malgré l’avis rendu par le secrétariat général du gouvernement, les entreprises publiques n’appliquent toujours pas cette loi. Plus le temps passe, plus les entreprises souffrent.“
Hakim Marrakchi, président de la commission coordination des conseils d’affaires rappelle que lel Maroc compte créer 500.000 emplois de plus dans l’industrie, en plus des 400.000 qui existent aujourd’hui, ce qui est un objectif très ambitieux. Pour réussir cet objectif, il faut travailler sur les points de non*compétitivité, expliquer là où le bât blesse, nous savons tous les jours quels sont les points de non-compétitivité qui nous empêchent de créer de nouveaux emplois.“
Sur le volet de la loi de Finances 2015, les propositions de la CGEM qui se réfèrent au discours royal du 20 août, appellent donc naturellement au renforcement de la résilience de l’économie nationale, notamment à travers la compétitivité des entreprises.
Les mesures proposées, en ligne droite avec les conclusions des assises de la fiscalité d'avril 2013, visent à relancer l’investissement productif, et notamment, industriel, à travers des ajustements fiscaux portant sur l’IS et la TVA, à favoriser l’intégration des TPE dans l’économie formelle et encourager la création de nouveaux emplois.
Par ailleurs, la Confédération a mis l'accent sur une amélioration de l'équité fiscale et la nécessité d'actionner de manière effective et simplifiée les remboursements par l'Etat des crédits de TVA aux entreprises afin de permettre à ces dernières de soulager leur trésorerie.
Sur le volet de la réforme des retraites, la CGEM estime que toute réforme systémique devrait s'attacher à une séparation stricte entre les régimes de retraites applicables aux salariés du secteur public et à ceux du secteur privé.
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