Avec le contrat d’assainissement de Conakry, Somagec confirme ses ambitions africaines
A travers sa filiale Mecomar, la Somagec vient de décrocher un contrat de partenariat pour l’assainissement de Conakry. Un nouveau contrat qui permettra à ce groupe marocain de renforcer sa présence en Afrique. La Somagec est déjà à l’origine d’une des plus importantes entreprises de Guinée équatoriale.
Mardi 9 septembre, forum Maroc-Guinée, Casablanca. Une convention portant sur un accord de partenariat entre le Marocain Mecomar et le Guinéen Guicopres pour l’assainissement de la République de Guinée vient d’être signée. En clair, il s’agit de mettre en place un comité de pilotage qui aura pour mission de concrétiser les mesures d’urgence pour le lancement de la campagne d’assainissement de Conakry.
«C’est Guicopres qui a le marché de l’assainissement. Mecomar apporte son savoir-faire dans les domaines managérial et technique. Nous sommes partenaire technique pour le matériel assainissement, l’entretien et la mise en place d’une équipe d’experts sur le terrain pour faire fonctionner cette entité créée par Guicopres», précise dans une déclaration à Médias 24, Rony Tohme, Directeur général en charge des exportations de Mecomar et de Riad Motors, une autre filiale de la Société maghrébine de génie civil (Somagec).
Il ajoute: «Nous avons aussi un protocole de partenariat dans les secteurs de la santé, de logistique et de l’industrie, en plus de l’assainissement liquide et solide». Quel est le montant du contrat? «Aucune détail financier n’a été arrêté, cela sera fait projet par projet», assure Rony Tohme.
Une success story qui dure
L'histoire de la Somagec épouse celle de Rizkallah Riad Sahyoun, son fondateur. Lancée en 1966 par cet homme d’affaires visionnaire, un libanais d’origine palestinienne, la Somagec est désormais un des leaders marocains du BTP. Aujourd’hui, elle est dirigée par son fils Roger Sahyoun, président du directoire, diplômé de l’École supérieure des travaux publics en France dans les années 1980. Le fondateur de l’entreprise est président du conseil de surveillance depuis 2007.
Parc Eolien Tarfaya, Laayoune, Akhfennir, extension du Port de Tarfaya, port de plaisance à Tanger, construction du Port Tanger Med II, sont autant de projets auxquels a pris partie ce géant de l’économie Marocaine.
S’ajoutent à ces chantiers le projet d’aménagement de la lagune de Marchica à Nador, la Marina de Casablanca, le port militaire de Ksar Sghir, le réaménagement de la vallée du Bouregreg, la mosquée Hassan II, la station balnéaire de Mazagan…Bref, la Somagec est impliquée dans les plus grands chantiers du pays et compte à son actif la construction de tous les ports au Maroc.
Dotée d’un capital social de 150 millions de DH, cette entreprise familiale non cotée en course a enregistré en 2012 un chiffre d’affaires de 776 millions de DH pour un résultat net d’un peu plus de 19 millions de DH.
Sa filiale à Laayoune, la Somagec Sud, spécialisée dans la construction d'ouvrages de bâtiment ou de génie-civil a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 230 millions de DH.
Outre la Somagec, le groupe familial de Sahyoun compte les filiales Riad Motor Holding, fondée en 2007 et spécialisée dans l’assemblage des camions importés de Chine, TPM (Transport professionnel Maroc), lancée en 2008 et spécialisée dans la sous-traitance du transport et donc Mecomar qui vient de décrocher un contrat de partenariat pour l’assainissement de Conakry.
Témara, Tétouan, Conakry…
Mecomar a été créée au milieu des années 90 par Rizkallah Riad Sahyoun. Aujourd’hui dirigée par Michel Riad Sahyoun, président du directoire, elle a pour activité principale la production d’équipements destinés aux collectivités locales. Plus précisément, il s’agit de la fabrication d’équipements d’assainissement liquide et solide, de l’entretien de l’éclairage public et de la manutention.
Avec plus de 300 emplois crées et près 10.000m2 d’atelier, cette société contribue à une économie de devises considérable pour l’administration marocaine.
En clair, Mecomar s’occupe de la gestion des déchets, de la fabrication d’équipement d’assainissement liquide et solide de l’entretien de l’éclairage public et de la manutention.
Dotée d’un capital social de 70 millions de DH, elle a réalisé en 2012 un chiffre d’affaire de 246 millions de DH pour un résultat net de 11,8 millions de DH.
Depuis janvier 2013, suite au départ de Véolia, elle est chargée de la gestion déléguée des services de propreté à Témara (via son département propreté) : collecte et évacuation des déchets ménagers et assimilés, nettoiement des voies et places publiques et évacuation des produits de nettoiement. Le contrat qui lie la société à la ville a été institué sur une période de 7 ans.
L’entreprise assure également une partie de la gestion des déchets de Tétouan, avec Sita.
Une présence accrue en Afrique
Depuis une dizaine d’années, l'offre de la Somagec s'est étendue à une vitesse vertigineuse. La société est désormais internationale, essentiellement tournée vers l’Afrique. D’ailleurs, elle a été l’une des premières entreprises marocaines à s’attaquer au marché africain, qui présente un important potentiel de croissance.
En 2005, Roger Sahyoun crée une filiale de la Somagec en Guinée équatoriale, appelée Somagec GE. En peu de temps, elle s’impose comme acteur incontournable du développement de ce pays d’Afrique centrale.
Avec près de 2.500 employés, elle compte en effet à son actif plusieurs grands projets: réalisation d’un réseau d’eau potable à Bata (la capitale continentale), réalisation du port en eau profonde de Malabo, ports de Kogo et Annobón…
Outre ses projets en Guinée, la société a remporté en 2006 un appel d’offres pour la construction du pôle de commerce du Port autonome de Dakar, au Sénégal.
Pour ce qui est de sa filiale Mecomar, elle a déjà fourni l’opérateur Veolia au Sénégal et en Tunisie, la Sovog au Gabon, Pizzorno Environnement en Mauritanie et Limpia en Guinée équatoriale. «Mecomar est également très active au Libéria», nous déclare Rony Tohme. Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre avec l’assainissement de Conakry.
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