Les trois agences de développement déménagent, le personnel revendique
Les personnels des trois agences de développement quittent Rabat pour s’installer à Tanger, Oujda et Laayoune. La majorité y a déjà pris ses quartiers alors que les décrets d’application n’ont pas encore été publiés. Explications.
Les projets de décrets fixant le transfert des trois agences de développement de Rabat vers respectivement les villes d’Oujda, Laâyoune et Tanger viennent d’atterrir sur les bureaux des membres du gouvernement. Jeudi 28 août, les trois directeurs, Mounir El Bouyoussfi, DG par intérim de l’agence du nord, Ahmed Hajji, DG de l’agence du Sud et Mohamed Lambarki, DG de l’agence de l’Oriental ont été reçus par Abdellah Baha; Abdelhilah Benkirane, chef du gouvernement étant en déplacement pour l’investiture de Recep Tayyip Erdogan à la tête de la Turquie. De cette réunion, rien n’a filtré.
Pourtant, le malaise social est bien présent. Les départs des personnels vers les nouveaux sièges des agences ont commencé dès mercredi 27 août. Le vendredi 29 août, d’autres déménagements sont au programme. «Alors que les décrets n’ont pas encore été promulgués», s’indigne ce syndicaliste. Il relate même, ce qui peut paraître assez anecdotique que «Mounir El Bouyoussfi, directeur par intérim de l’agence du nord a imposé au personnel des congés durant le mois d’août. Il a même fermé les grilles de l’établissement du siège à Rabat, interdisant au personnel d’y accéder. Il leur a donné rendez-vous pour la rentrée à Tanger».
Auprès de l’agence du sud, nous apprenant que près d’un quart du personnel est actuellement à Laâyoune, soit une quarantaine de personnes. Les transferts s’effectuent en fonction des fréquences des vols.
L’ensemble des personnels des agences ne s’oppose pas à la décision de transfert, il s’indigne toutefois quant au délai de trois mois accordé pour l’exécution de cette mesure.
Lors de l’une de ces dernières sorties médiatiques, Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine des travailleurs, l’UMT a menacé de monter d’un cran le mouvement de contestation et demande la suspension de la mesure de transfert des personnels des agences si aucun plan d’accompagnement social ne voit le jour.
Même son de cloche auprès du syndicat national des agences de développement économique et social, regroupant celui des employés et cadres de l’agence du nord, et ceux des employés de l’agence du sud et de celle de l’oriental.
D’ailleurs, Médias24, en contactant le syndicat national des agences de développement affilié à l’UMT a identifié quelques une des principales revendications des employés, dans un courrier adressé au directeur de l’agence du sud, Ahmed Hajji.
Notre source tient à souligner que «cette mesure qui correspond à une décision stratégique n’est nullement remise en cause». Il est dit en substance dans la missive : «la direction générale ne porte pas la responsabilité de la décision du transfert du siège de l’agence du sud à Laâyoune, mais nous estimons que celle-ci est responsable et comptable des conditions de mise en application et de gestion de cette décision».
Une telle déclaration vient comme prélude avant les revendications formulées par le syndicat. Tout d’abord, un sursis à cette décision est demandé dans l’attente de l’élaboration d’un plan d’accompagnement social. Ensuite que dans l’immédiat s’ouvrent des négociations pour traiter au cas par les cas les différentes situations sociales provoquées par cette mesure.
Autres doléances: que l’accompagnement repose sur un soutien matériel, logistique et de scolarisation des enfants. Le financement de l’installation doit être précisé et faire l’objet d’un contrat ferme.
Rappelons qu’à l’origine de ces prémisses de crise sociale, une lettre de Abdelillah Benkirane, remise aux directeurs des trois agences par Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, le dimanche 25 mai dernier. Un courrier qui somme les trois agences à rejoindre les «capitales» des régions dont elles sont chargées de la promotion économique et sociale.
À découvrir
à lire aussi
Article : BMCI-Crédit du Maroc : ce que pèserait le futur pôle bancaire de Holmarcom
Le rachat de la participation de BNP Paribas dans la BMCI, s’il est validé par les instances de régulation, ouvrirait la voie à une fusion avec Crédit du Maroc. Que pèserait alors le nouvel ensemble ? Et comment rebattrait-il les cartes du secteur bancaire ? Si toute projection précise reste délicate, une fusion ne se résumant pas à l’addition mécanique des indicateurs, nous vous proposons une première lecture indicative de la recomposition du paysage bancaire qui pourrait se dessiner.
Article : Taux d’activité, le grand problème sous-estimé du marché de l’emploi marocain
Depuis vingt-cinq ans, le taux d’activité recule continuellement, révélant une sortie silencieuse d’une partie de la population en âge de travailler du marché du travail. Le phénomène est particulièrement marqué dans le monde rural, chez les femmes et parmi les jeunes.
Article : Souveraineté navale. Comment le Maroc a réinventé sa défense en mer
Après une longue période de déclassement naval, le Maroc a engagé, sous le règne de Mohammed VI, une modernisation progressive de sa Marine royale. Loin d’une course aux bâtiments lourds, Rabat privilégie une flotte plus agile, adaptée à la surveillance d’un vaste domaine maritime et aux menaces asymétriques. Une doctrine de souveraineté fondée moins sur l’affichage de puissance que sur l’efficacité opérationnelle.
Article : Tanger et Casablanca, vitrines du potentiel industriel marocain pour les entreprises basques
Une délégation réunissant une vingtaine de sociétés du Pays basque espagnol, aux côtés de leur chambre de commerce et des autorités provinciales, a multiplié cette semaine les visites de sites majeurs, dont les usines de Stellantis et Renault, ainsi que les échanges avec la GEM, afin d’identifier des débouchés concrets dans l’automobile, l’aéronautique et les équipements industriels.
Article : Les États-Unis le réaffirment : l'autonomie, “unique base d'une solution juste et durable” au Sahara
Les États-Unis ont réaffirmé, mercredi 29 avril 2026, leur "reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara" et leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie comme "l’unique base d’une solution juste et durable" à ce différend.
Article : Officiel: Holmarcom prendra le contrôle de la BMCI et la fusionnera avec Crédit du Maroc
Holmarcom reprendra la totalité des parts de BNP Paribas dans la BMCI. L'accord a été signé ce mercredi 29 avril 2026. La finalisation est annoncée pour le quatrième trimestre 2026, sous réserve bien sûr des autorisations réglementaires. Après Crédit du Maroc, Holmarcom réalise une deuxième opération d'éclat.