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Maroc : le recensement 2014 en 5 points

Avec 53.000 agents recenseurs mobilisés et doté d'un budget de 900 millions de DH, soit 300 de plus que l'enveloppe prévue, le recensement général de la population par le HCP débute dans 4 jours.  

Maroc : le recensement 2014 en 5 points
Hamza Mekouar
Le 28 août 2014 à 15h34 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Le 6e recensement décennal du Maroc, qui démarre le 1er septembre, porte sur l'ensemble de la population (légale et de passage) dans 48.000 districts, chacun accueillant entre 100 et 130 ménages. Il durera 20 jours. Les 53.000 agents recenseurs se déplaceront chez les ménages pour recueillir les informations et remplir les questionnaires. Sur le terrain, ils seront supervisés par environ 20.000 contrôleurs. Cette opération va coûter 900 millions de DH, alors que le budget prévu initialement par la loi de Finances était de 600 millions de DH. Les 900 millions de DH couvrent les travaux cartographiques, l’exécution et l’exploitation des données.

Connaitre la population pour mieux s’adapter à ses besoins

« L'objectif est de mesurer la population qui vit au Maroc pour mieux s'adapter à ses besoins. Ainsi, les éléments recueillis permettront une meilleure planification de l’avenir, que ce soit pour la santé, l’éducation ou la qualité logements », a déclaré d’emblée Ahmed Lahlimi Alami, patron du HCP, lors d'un point de presse le 27 août à Casablanca.

Et pour mieux connaitre la population, de nouveaux thèmes sont venus s’ajouter aux questions habituelles.

« Les Nations unies exigent que la notion de déficiences physiques et mentales soit incluse dans le questionnaire, chose que nous avons faite. Ainsi, nous posons des questions qui permettront de connaitre les conditions de vie des personnes handicapées, et notamment les moyens de transport dont elles disposent. Le questionnaire permettra aussi de connaitre le type de logement des ménages, la qualité de sa construction et ses équipements », a ajouté le parton du HCP.

L’autre nouveauté est la rubrique environnement. En effet, le questionnaire mettra en lumière certains aspects qui n’ont jamais été soulevés auparavant : gestion des déchets, mode d’évacuation des eaux usées, type d’énergie utilisé pour la cuisson.

Enfin, le questionnaire intègre pour la première fois une rubrique sur la formation : type de diplôme et sa date d’obtention, niveau d’expérience et activités professionnelles. « Nous aurions aimé poser d’autres questions, mais nous sommes  limités par la contrainte du temps ».

Les obligations des recenseurs et des recensés

Durant son intervention, M. Lahlimi a souligné que tous les citoyens doivent contribuer au succès de cette opération. « Il s’agit d’une obligation patriotique et légale. Une obligation légale car les ménages sont obligés de répondre aux questionnaires. La loi punit les familles qui refusent de communiquer les informations statistiques ».

Un second point tout aussi important concerne la confidentialité des données. Officiellement, tous les renseignements récoltés sont confidentiels, et les réponses ne sont soumises à aucun contrôle administratif ou fiscal. Les personnes ayant accès aux questionnaires sont tenues au secret professionnel.

Pour ce 6e recensement, le Haut commissaire au plan a fait savoir qu’une nouvelle mesure a été prise afin de garantir davantage la confidentialité des données. « Les documents renseignés seront acheminés vers le centre de lecture automatique des documents à Rabat. Ce centre est organisé en 5 unités totalement indépendantes. Chaque unité traitera les données sans en connaitre la provenance, ce qui assurera une confidentialité absolue ».

La lecture automatique pour une meilleure exploitation des données

Les résultats de la population légale seront publiés 2 mois après le démarrage de l’opération. Toutefois, afin que l’enquête complète soit rendue publique et ainsi exploiter les données socio-économiques aux échelles les plus fines, il faut compter entre 5 et 6 mois. Et il s’agit là d’une évolution importante par rapport au recensement de 1994. « A l’époque, la population légale est sortie après 6 mois, la liste complète après 2 ans, sachant que 25% des données seulement ont été exploitées ».

Ce raccourcissement des délais est dû à l’utilisation de la lecture automatique des documents pour l'exploitation des données. Utilisée pour la première fois lors du précédent recensement, cette technique permet une exploitation exhaustive des données avec une marge d'erreur extrêmement réduite. Elle se base sur la numérisation des questionnaires et la reconnaissance optique des caractères.

Une campagne de communication importante

 Le HCP a lancé il y a plusieurs mois une importante campagne de communication. « Nous avons fait appel à tous les genres de médias, TV, radio, presse. Une campagne digitale dans les réseaux sociaux a été lancée, ainsi qu’un site dédié à cette opération, sans oublier les visites de terrain et les caravanes dans les souks. Le but étant de sensibiliser la population sur l’importance de collaborer avec les recenseurs », a déclaré M. Lahlimi.

Cafouillage autour de la langue amazighe

Lors de la conférence d’hier, l’un des sujets les plus attendus était la place accordée à la langue amazighe dans le questionnaire. Pour mémoire, de nombreuses associations de la cause amazighe avaient critiqué la décision du HCP d’introduire une question sur la capacité des citoyens à comprendre l’alphabet tifinagh.

Interrogé sur ce point, le patron du HCP a répondu : « Nous posons une question pour savoir si la personne sait lire et écrire en arabe, en français, en amazigh, en anglais, etc. » Pourtant, le site dédié au recensement mentionne toujours que «pour la première fois, la langue amazighe lue et écrite avec l’alphabet tifinagh est introduite dans le questionnaire ». Doit-on comprendre par là que la question qui dérange tant les associations de la cause amazighe a été maintenue ?

Une source nous confie qu’à 4 jours du coup d’envoi, le questionnaire n’est pas encore complètement finalisé. Certains points sont encore en discussion. Et tant que les questionnaires n’ont pas encore été imprimés, il faut s’attendre à tout.

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Hamza Mekouar
Le 28 août 2014 à 15h34

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