La Banque mondiale prête 100 millions de dollars au Maroc pour stimuler l’emploi
Le Conseil d’administration de la Banque mondiale (BM) a approuvé le 26 août un projet d’un montant de 100 millions de dollars qui vise à aider le gouvernement marocain à stimuler l’embauche, annonce l’institution de Washington.
C’est le 29 avril dernier que le nouveau Cadre de partenariat stratégique (CPS) 2014-2017 pour le Maroc avait été approuvé. Le nouveau CPS consacrait au Maroc une enveloppe de 1 milliard de dollars par an, sur 4 ans, contre 600 millions pour le CSP précédent.
Sitôt approuvé, la BM avait alors débloqué deux financements de projets consacrés au Maroc, tandis que 5 autres projets attendaient d’être soumis à l’approbation du Conseil d’administration en 2014.
Parmi ces projets, un prêt de 100 millions de dollars pour l’appui de la politique de développement sur les compétences et l’emploi au Maroc a donc été approuvé le 26 août.
Faciliter le passage de l’école à la vie active
La BM rappelle qu’il s’agit du second prêt à l’appui de la politique de développement sur les compétences et l’emploi. Alors que le premier prêt (lui aussi d’un montant de 100 millions de DH) visait à faire progresser le taux de scolarisation en milieu rural et le niveau global de formation, le second a pour principal objectif de «faciliter le passage de l’école à la vie active ».
Plus précisément, le prêt a pour objectifs de veiller à l’adéquation entre les compétences acquises par les étudiants de l’enseignement supérieur et les besoins du marché du travail, de permettre aux catégories défavorisées d’accéder aux services de l’emploi, promouvoir les micro-entreprises tout en donnant à leurs employés la possibilité d’intégrer le secteur formel et renforcer la gouvernance du marché du travail.
Selon Simon Gray, directeur des opérations pour la région du Maghreb à la Banque mondiale cité par un communiqué de l’institution de Washington : « Le gouvernement prend des mesures significatives pour améliorer la façon dont les institutions répondent aux besoins des jeunes en leur donnant la possibilité d’acquérir les compétences les plus utiles sur le marché du travail et de se créer eux-mêmes des débouchés. Nous sommes heureux de travailler étroitement avec les autorités à la mise en œuvre de ces mesures et d’autres initiatives destinées à stimuler l’emploi ».
Etendre les services de l’ANAPEC aux non diplômés
Par ce nouvel apport d’argent, la BM entend soutenir « les dispositions que les pouvoirs publics ont l’intention de prendre pour élargir la couverture des services de l’ANAPEC au-delà des diplômés et l’étendre aux personnes moins qualifiées ».
Il appuiera la création d’un nouveau statut juridique pour ceux qui travaillent à leur propre compte et souhaitent quitter l’économie informelle et payer des impôts en contrepartie d’avantages tels que l’accès au crédit et une couverture de sécurité sociale abordable, et pour finir, contribuera à améliorer la qualité et la disponibilité des données nécessaires à la prise de décisions sur l’action à mener dans le domaine de l’emploi.
Des mesures pour mettre en œuvre ce projet
La BM précise que le gouvernement marocain a pris plusieurs mesures dans la perspective de la mise en œuvre du second projet du programme :
- la signature de contrats avec treize nouveaux prestataires privés de services de formation professionnelle ;
- le lancement d’un programme de soutien aux organisations non gouvernementales visant à offrir des programmes de formation aux jeunes non scolarisés issus de milieux défavorisés ;
- la mise en œuvre d’un programme pilote de 18 mois dont l’objectif est d’étendre les services de l’ANAPEC aux non-diplômés dans cinq agences locales ;
- l’adoption d’un projet de loi sur la promotion des micro-entreprises ;
- la mise en place de l’Observatoire national de l’emploi.
(Avec communiqué)
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