Etats-Unis: hémorragie de banquiers et traders vedettes de grandes banques
Accablées par les litiges remontant à la crise, les banques américaines font face également à un exode de banquiers et de traders vedettes, souvent appâtés par les salaires mirobolants du secteur peu régulé des fonds d'investissement.
Donné favori à la succession de Jamie Dimon à la tête de JPMorgan Chase, première banque américaine en termes d'actifs, Michael Cavanagh, 48 ans, a renoncé à cet avenir doré en mars pour rejoindre Carlyle Group. "Il se sent bien", confie à l'AFP un ami banquier qui assure qu'il ne regrette pas sa décision.
Comme lui, nombre de banquiers de renom et de traders ont quitté ces derniers mois les fleurons de Wall Street pour des sociétés d'investissements quand ils n'ont pas monté leur propre affaire.
En juin, Bank of America a perdu Bill Egan, codirigeant de la banque de financement et d'investissement parti chez Oaktree. Le même mois, Citigroup a perdu Jeff Feig, responsable du courtage des devises étrangères, quelques mois seulement après une autre figure, Anil Prasad. Anthony Noto, qui avait piloté l'entrée en Bourse de Twitter chez Goldman Sachs, a rejoint le réseau social début juillet.
Autre départ emblématique: Blythe Masters, l'une des femmes les plus puissantes de Wall Street, a quitté JPMorgan en avril. Elle a contribué au développement des Credit Default Swaps (CDS), produits financiers complexes servant d'assurance contre le risque de crédit, accusés d'avoir joué un grand rôle dans la crise de 2008.
Spéculation limitée
"Depuis quatre à cinq ans et la mise en place de la loi Dodd-Frank, un grand nombre de traders et de banquiers ont afflué vers les fonds", raconte Evan Rapoport, fondateur de HedgeCo Networks, une plateforme de données spécialisée.
Baptisée "Volcker rule", la règle phare de cette réforme financière adoptée après la crise limite le courtage en compte propre ("Proprietary trading"), activité lucrative pouvant générer jusqu'à 10% des revenus des grosses banques d'affaires.
Le "proprietary trader" est la star de la salle de marché. Il a souvent carte blanche pour spéculer avec les capitaux de la banque et encaisse un pourcentage sur les gains engrangés.
Le but de la règle de Volcker, qui entrera en vigueur en juillet 2015, est d'éviter la spéculation avec les dépôts de particuliers qui sont garantis par l'Etat fédéral.
Pour s'y conformer, JPMorgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs ont vendu ces derniers mois des activités pourtant très rentables de courtage de matières premières. "Certains traders n'ont d'autre choix que de partir", résume Richard Bove, analyste chez Rafferty Capital Markets.
119 millions de dollars de bonus
Pour Michael Wong chez MorningStar, "il n'y a pas de doute que la baisse de la rémunération des banquiers joue un rôle" dans leur exode.
James Levin, 31 ans, courtier à la société d'investissements Och-Ziff Capital Management, a gagné l'an dernier 119 millions de dollars, soit plus que les patrons des six plus grandes banques américaines réunies (108,7 millions de dollars), selon des documents boursiers. M. Levin s'était distingué en 2012 en gagnant plus de 7,5 milliards de dollars sur des produits de dette structurée.
Michael Cavanagh sera payé 39 millions de dollars chez Carlyle, plus du double de ce qu'il gagnait chez JPMorgan, selon un document boursier.
L'argent n'est pas le seul facteur à l'origine de cette hémorragie. L'image du banquier sans foi ni loi, renforcée par les scandales à répétition, est une autre explication. Les banques américaines ont payé depuis 2011 plus de 90 milliards de dollars en pénalités financières pour leurs errements liés à la crise.
Elles font l'objet d'enquêtes dans le monde entier sur les manipulations supposées du marché des changes et du taux interbancaire Libor, qui affecte des prêts aux ménages.
Une étude mondiale du cabinet Deloitte, publiée en octobre et menée auprès d'étudiants en commerce de grandes écoles et universités, montre que le secteur bancaire a perdu en attractivité. "La banque est devenue moins populaire (...) comparé à la période précédant la faillite de Lehman Brothers", conclut Deloitte.
(Avec AFP)
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