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ECONOMIE

Une tournée des chantiers avec Mohamed Sajid, maire de Casablanca

EXCLUSIF. En ce samedi 26 juillet, Mohamed Sajid, souriant et détendu, nous accueille chez lui au quartier de Californie. Le maire s’apprête à entamer une visite de certains chantiers en cours de finalisation. Durant toute la visite guidée, Sajid nous parlera des projets et des couacs de Casablanca.

Une tournée des chantiers avec Mohamed Sajid, maire de Casablanca
Bilal Mousjid
Le 29 juillet 2014 à 9h38 | Modifié 29 juillet 2014 à 9h38

Chaque jour, il consacre, nous dit-il, quelques heures de son emploi du temps à un quartier, où il s’assure de l’état d’avancement des travaux. Aujourd’hui, c’est au tour de la voie de contournement près de la route d’El Jadida et de certains chantiers sur le point d’être achevés à El Oulfa.

Passés les salamalecs d’usage, s’impose le sujet du drame de Bourgogne. Alors qu’il a été jusque-là plutôt réservé, Sajid n’hésite pas à pointer du doigt «ce système complexe et contradictoire où il est extrêmement difficile d’identifier un responsable», expliquant qu’il est plus que jamais nécessaire de «questionner notre vision de l’urbanisme» et le rôle des nombreux intervenants: les architectes, les entreprises, les cabinets d’études…

«Le bureau d’études, qui délivre des attestations, n’est pas contrôlé, par exemple. L’attestation n’est tributaire que de la somme que l’on donne.» D’ailleurs, poursuit-il, dans le cas de Bourgogne, «les propriétaires avaient bien eu l’autorisation pour les étages supplémentaires»

C’est ce cafouillage qui, selon le maire, nous conduit à des drames. Face à la flambée de la demande du marché du logement, les responsables ont dû lâcher du lest, perdant ainsi le contrôle urbanistique de la ville. Le résultat, on le connaît! Mais le même cafouillage ne donne pas toujours lieu aux mêmes drames.

«L’effondrement des trois immeubles a pris tout le monde de court», soupire Sajid. « A un moment, la priorité était donnée à la lutte contre les bidonvilles, au détriment des immeubles menaçant ruine. Il faut dire que c’est l’effondrement de 2012 qui nous a mis la puce à l’oreille.  Une étude très détaillée a été donc réalisée avec des statistiques récentes et des objectifs précis.» Ainsi un programme a-t-il vu le jour: le relogement de 9.250 familles pour un budget de 1,7 milliard de DH.

Pris au dépourvu, on tente tant que faire se peut de recoller les morceaux, mais toujours sans aucune vision. «Le manque de vision est nettement perceptible dans l’opération de recasement ou de relogement qui visait à éradiquer les bidonvilles», nous confie le maire. «Casablanca est une ville où la demande en logements croît à un rythme très élevé, il aurait été judicieux d’ouvrir un débat sur l’optimisation du sol, ce que l’on a jamais fait. On a toujours été frileux par rapport à la surélévation, on a peur de la hauteur

Une frilosité, nous raconte Mohamed Sajid, qui s’est avérée quelque peu handicapante pour l’avancement du programme «Villes sans bidonvilles». «Dans l’esprit des responsables, un lot correspondait à une soixante de mètres et un R+1. Pourquoi? C’est ainsi, nous disait le ministère. Sauf que, là, on oblige l’habitant à réaménager la surface à sa guise, avec les risques que cela comporte. Ça été la croix et la bannière d’arracher un R+3.» Le débat est revenu en 2008 avec la reprise du programme de recasement. «Là encore, j’ai proposé un R+4 ou un R+5 au lieu du R+3. Un étage de plus, c’est 25 % de surface supplémentaire. Cette fois-ci, on a refusé, toujours sans raison. C’est pour ça que l’on revoit le plan d’aménagement tous les dix ans.»

Et pendant ce temps, regrette Sajid, le Code de l’urbanisme est dans les tiroirs du Parlement depuis les années 80. « Personne n’a le courage de le ressortir»!

La visite guidée

Après cette discussion, Sajid nous conduit vers la voie de contournement appelée à décongestionner le goulot d’étranglement de la route d’El Jadida. Une artère menant du lotissement Al Laimoun (Sidi Maârouf au complexe Al Amal, en passant par la Faculté de droit sera prête en septembre. Elle permettra d’éviter le goulot d’étranglement de l’échangeur qui est situé en face de l’OCP.

Toutes les voies avoisinantes par lesquelles le tramway passe ont été également élargies. «Cela va diminuer le trafic de cette zone», nous indique de la main Sajid, casquette vissée sur la tête. «Ce sont des chantiers importants mais que l’on ne voit pas parce que la ville est très grande. A Fès, par exemple, il suffit de relooker le boulevard Hassan II pour que le résultat soit tout de suite apparent.»

Non loin de là, vers le rond-point Sidi Maârouf à Marjane Californie, les travaux du pont à haubans vont enfin démarrer après plusieurs années d’attente. «Le marché vient d’être confié à la société marocaine Seprob. La livraison est prévue pour  2017», nous apprend-il.

Le projet comprend deux giratoires circulaires, deux trémies et une plateforme de tramway (225 mètres de longueur) pour un budget estimé à 316 millions de DH.  La raison du retard ? «Le projet avait été placé sous la tutelle du ministère de l’Habitat. Plusieurs appels d’offres ont été lancés, puis annulés. On a perdu plusieurs années à cause de cette tutelle et de ces annulations», nous explique le président du conseil de Casablanca.

Après la voie de contournement, le maire met le cap vers l’hôpital Cheikh Khalifa, situé à la préfecture de Hay Hassani, où plusieurs voies ont été aménagées en attendant son ouverture, prévue pour le mois de septembre. L’établissement, qui comporte 8 salles d’opération et  142 lits, a d’ores déjà commencé le recrutement. «De notre côté, tout est prêt», sourit notre guide.

Nous finirons la visite, vers 13 heures 30, par des chantiers à El Oulfa, où une route, couverte à moitié de gravas, a cédé la place à une artère aménagée, qui attend aussi d’être finalisée. «Elle ne manquera pas de décongestionner la circulation », promet le maire. Près du quartier Zoubir, où des élus accompagnés d’habitants du quartier nous rejoignent, Sajid nous montre des zones où des plantations ont remplacé les gravas. «Nous allons bientôt finir», lui répond un élu.


 

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Bilal Mousjid
Le 29 juillet 2014 à 9h38

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