La campagne agricole 2013-14 entre retards de pluie et caprices de l’Europe
La campagne agricole 2013-14 est jugée globalement positive. Elle est caractérisée par une hausse de 10% de la production des primeurs et une bonne production des céréales de 68 millions de quintaux. La campagne des agrumes reste moyenne en valeur.
Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, recevait la presse ce mardi pour livrer le bilan de cette campagne. S’il est vrai que la performance de la campagne agricole au Maroc reste tributaire des conditions climatiques, les conditions climatiques ont été moyennement favorables cette année. Malgré le déficit hydrique qu’a connu le début de la campagne agricole 2013-2014, le cumul pluviométrique a atteint au 3 juin 2014, 274 mm en baisse de 27% par rapport à une année normale et 39% par rapport à la campagne précédente à la même date. La répartition temporelle des précipitations a été bénéfique pour les cultures et les parcours en particulier et pour le couvert végétal en général.
Et s’il est vrai que les régions au sud d’Oum Rabia ont été les plus touchées par le déficit pluviométrique, les autres ont reçu des volumes de précipitations relativement importants.
Pour ce qui est des céréales, le Maroc va réaliser une bonne campagne établie à 68 millions de quintaux, ce qui correspond peu ou prou à l’objectif fixé par le Plan Maroc Vert (70 millions de quintaux).
A l’instar des céréales, la campagne des légumineuses est satisfaisante. Avec une production estimée à 311.000 tonnes, elle a connu une hausse de 6% par rapport à la campagne précédente.
Malgré un contexte mondial incertain, la production des cultures sucrières a été marquée par une hausse d’un million tonnes.
Par ailleurs, la campagne des primeurs a été correcte avec un volume exporté de 843.000, compte tenu de la situation économique européenne. Enfin, la production d’agrumes au titre de la campagne agricole 2013-14 a connu une hausse spectaculaire mais reste marquée par des dysfonctionnements, comme nous allons le voir plus loin.
Pour les céréales, le Maroc a (presque) atteint ses objectifs
Comme annoncé par Aziz Akhannouch durant les assises de l’agriculture, le Maroc va réaliser une bonne campagne de 68 millions de quintaux, ce qui correspond presque à l’objectif fixé par le Plan Maroc Vert (70 millions de quintaux). En effet, la récolte des trois principales céréalières au titre de la campagne 2013/14 est établie à 68 millions de quintaux, alors que l'objectif Maroc Vert pour 2020 était d'atteindre une moyenne de 70 millions de quintaux par an. A titre de comparaison, une campagne moyenne correspond à une récolte globale de 50 millions de quintaux.

Hausse de la production des légumineuses
A l’instar des céréales, la campagne des légumineuses est satisfaisante. Bien que le cumul pluviométrique soit en baisse de 39% par rapport à la campagne précédente, la production des légumineuses est estimée à 311.000 tonnes, soit une augmentation de 6 % par rapport à la campagne précédente.
Dans un contexte international marqué par la l’incertitude sur les prix du sucre sur le marché mondial depuis 2008, la production des cultures sucrières a malgré tout été marquée par une hausse d’un million tonnes. Et pour cause, le ministère de l’Agriculture a pris une série de mesures pour encourager la production nationale en vu d’atteindre un niveau satisfaisant en matière de couverture des besoins en sucre.
Les primeurs marquées par la sortie de crise avec l’UE
Compte tenu de la situation économique européenne, la campagne des primeurs a été correcte avec un volume exporté de 843.000 T., soit sensiblement plus que les chiffres récemment publiés par l'Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE).
Ce volume exporté est en hausse de 10% par rapport à 2013/14 et se caractérise par un accroissement de la diversification des produits exportés (+14% pour les légumes divers) et des marchés (Russie). L’UE reste la principale destination des exportations marocaines de primeurs. La tomate est comme chaque année la locomotive des primeurs. Ses exportations représentent en effet 54% de l’ensemble, avec 432.000 T. exportées, en hausse de 7%. Quantitativement, la palme des exportations revient à la tomate sous abri: 292.000 T., en hausse de 10%.
La décision prise unilatéralement par l’UE qui modifie le système d’entrée des fruits et légumes avait suscité beaucoup d’inquiétude chez les exportateurs Marocains, et notamment ceux de la tomate. Mais au final, l’accord trouvé in extenso par les deux parties permettra de maintenir des conditions d’accès favorables pour les exportateurs marocains.

Une année atypique pour les agrumes
La production d’agrumes au titre de la campagne agricole 2013-2014 est de 2,2 Millions de tonnes sur une superficie productive de 92 milles hectares soit un rendement moyen de 24 tonnes/ha.
Cette production est en hausse de 50% par rapport la campagne précédente et de 37% par rapport à la moyenne des six dernières campagnes. Le volume à l’exportation a atteint un record de 569.000 tonnes. Mais l’année des agrumes reste caractérisée par de nombreux dysfonctionnements dans la commercialisation.

Une production en hausse de l’amandier
Pour la campagne 2013-2014, la superficie plantée d'amandier est de 157.000 ha concentrée dans deux régions au Maroc, en l’occurrence Taza Al Hoceima (34%) et Souss Massa (28%). Il faut dire que les conditions climatiques de la campagne précédente et plus particulièrement les pluies abondantes en zones de montagne du Nord ont permis d’améliorer les conditions de croissances des amandiers en général et des jeunes plantations en particulier. La production estimée est de 101.000 tonnes, en croissance de 5% par rapport à l'année dernière.

Elevage et production laitière
Les efforts d’amélioration génétiques ont largement permis d’augmenter les productions de l’élevage. En outre, le secteur de l’élevage a bénéficié de la bonne répartition spatiale et temporelle des pluies affectant positivement les parcours au niveau des principales zones. L’offre fourragère est estimée à près de 13 milliards d’unités ce qui s’est traduit par une baisse des prix des aliments allant jusqu’à 11%. Quand à la production laitière, elle est estimée en 2013 à près de 2.3 milliards de litres. A noter que la production avicole (poulet de chair et œufs de consommation) couvre aujourd’hui plus de 100% des besoins de consommation du Maroc.

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