Vous voulez travailler chez Google? ce n’est pas impossible.
Conseils et marche à suivre. Vous êtes Marocain et vous rêvez de travailler chez Google. Vous n’êtes pas le seul et d’autres avant vous y sont parvenus. Faire partie des 50 000 heureux élus de l'entreprise la plus attirante du monde passe par une batterie de tests compliqués, parfois absurdes. Tour d'horizon.
Le but: sélectionner quelques milliers d'employés, parmi le million de CV reçus chaque année.
L'une des principales exigences de l'entreprise est la créativité. "Il faut être en mesure de présenter diverses solutions aux problèmes auxquels on est confronté. Il faut aussi être capable de réfléchir par rapport à son rôle au sein de l'entreprise", nous explique Julien, un franco-marocain qui travaille au siège européen de Google à Dublin.
De ses entretiens d'embauche -dont le nombre est proportionnel au niveau de responsabilité de l'emploi pour lequel on postule- il garde d'excellents souvenirs. "Les recruteurs ont pour consigne de faire en sorte que tout se passe de la meilleure manière qui soit".
Déstresser le candidat; mettre à sa disposition de quoi grignoter. Le premier entretien se déroule par téléphone, en anglais, entre le candidat et le recruteur.
La maîtrise de l'anglais est, d'ailleurs, indispensable pour travailler à Google, même le CV devant être rédigé en anglais.
Si ce premier contact s'annonce positif, on est convoqué à venir aux bureaux de Google auxquels on a postulé. Google possède des bureaux un peu partout dans le monde, Casablanca incluse.
Là commence la deuxième étape, la plus difficile: "il faut répondre à des questions très 'challenging', explique Julien.
Énigmes, défis logiques, questions complexes, tout est mis en œuvre pour tester l'intelligence, le mental et la rapidité de réflexion des candidats. "Les recruteurs ne veulent pas des réponses basiques. C'est pour cela qu'ils posent des questions ouvertes, des questions analytiques, des questions impliquant plusieurs réponses".
Mais contrairement à ce que beaucoup de candidats perçoivent, "le but de ces questions n'est pas de piéger", mais d’être sûr de recruter un employé doté des qualités requises pour occuper le poste convoité.
Puis ... si vous avez un hobby excentrique, que vous n'avez pas hésité à mentionner sur votre CV, ne vous inquiétez pas: Google ne vous refoulera pas pour délit de bizarrerie assumée, "à condition de pouvoir en parler pendant une vingtaine de minutes, avec passion".
>L'énigme des 5ct
Si Julien voit en les entretiens d'embauche décalés de Google un bon moyen de recrutement, les avis à ce propos sont très mitigés.
Les énigmes (extrêmement) complexes se sont révélées contre-productives. C'est d'ailleurs la raison qui a poussé Google à les abandonner progressivement, au profit de questions certes décalées, mais moins insolvables.
William Poundstone, un auteur américain, avait dénoncé, début 2013, le processus de recrutement de Google dans un livre intitulé "Êtes-vous assez intelligent pour travailler chez Google ?".
Les services RH de cette dernière ont popularisé les énigmes et les casse-têtes chinois. Effet de mimétisme aidant, beaucoup d'entreprises --la très sérieuse Bank of America incluse-- s'en sont inspirées, et se sont taillés des questionnaires kafkaïens (ou einsteiniens) à leur mesure.
Leur utilité n'ayant pas été avérée, ces questionnaires n'auraient finalement servi qu'à alimenter la rubrique "insolite" des blogs et des sites d'information.
Pour en mesurer la teneur, vous trouverez tout en bas une petite sélection des questions de recrutement déployées par Google.
>Quelles exigences ?
Le niveau d'études varie en fonction des postes, mais un bac+5 (ou moins, si on a une expérience professionnelle conséquente) reste incontournable.
Et hormis les postes d'ingénierie, les candidats aux autres services (RH, communication, etc.) ne sont pas tenus d'avoir une maîtrise parfaite des outils informatiques.
En revanche, il faut montrer un intérêt certain pour les nouvelles technologies. Être disposé à travailler en groupe, dans un open space, est nécessaire.
Enfin, il faut avoir une prédisposition au leadership: 20% de votre temps de travail sera consacré au développement de projets personnels. C'est, d'ailleurs, cette marge de 'liberté' allouée aux employés qui a permis la naissance de Gmail et Adsense.
Pour postuler à Google, c'est ici.
Et une sélection des questions les plus farfelues qu'ont posées des recruteurs de Google:
- Combien de personnes utilisent Facebook à San Francisco à 14h30 un vendredi?
- Combien demanderiez-vous à être payé pour nettoyer toutes les fenêtres de la ville de Seattle?
- Élaborez un plan d'évacuation de la ville de San Francisco.
-Comment stockeriez-vous un million de numéros de téléphone ?
- Quand le vent souffle, un aller-retour en avion prend plus de temps, le même temps ou moins de temps?
-Comment pèseriez-vous votre tête?
-Vous rapetissez jusqu'à la taille d'une pièce de 5 cents et êtes projeté dans un mixeur. Votre masse est réduite, si bien que votre densité n'est pas modifiée. Les lames entrent action dans 60 secondes. Que faites-vous?
- Utilisez un langage de programmation pour décrire un poulet.
Bonne chance!
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