Samsung prévoit une chute de 25% de son bénéfice au 2e trimestre
Le bénéfice d'exploitation du géant de l'électronique sud-coréen Samsung a plongé de près de 25% au deuxième trimestre 2014 sur un an, selon des estimations publiées mardi par le groupe, qui évoque la concurrence des smartphones chinois, moins chers, et la vigueur du won.
Il estime à 7.200 milliards de wons (5,23 milliards d'euros) son bénéfice d'exploitation sur la période sous revue contre 9.530 milliards de wons il y a un an, soit un repli de 24,4%. Il s'agit du troisième trimestre consécutif de baisse pour le groupe sud-coréen, numéro un mondial des téléphones multifonctions en termes de parts de marché.
Par rapport aux trois premiers mois 2014, le bénéfice est en recul de 15,2%. Les ventes ont totalisé 52.000 milliards de wons, en repli de 9,5% sur un an et de 3,1% par rapport au premier trimestre. Le groupe publiera ses résultats définitifs et le montant du bénéfice net d'ici la fin du mois.
Les analystes s'attendaient à une baisse, mais de moindre ampleur. Ils tablaient sur un bénéfice de 7.850 milliards de wons et un chiffre d'affaires de 52.200 milliards de wons. L'action a cependant bien résisté et clôturé en hausse de 0,23% à la Bourse de Séoul qui a fini elle sur une hausse de 0,08%.
Fait inhabituel lors de la publication des estimations de résultats, Samsung a jugé bon de commenter ces chiffres. Il souligne dans le communiqué qu'il entend "répondre aux inquiétudes du marché et des investisseurs".
"Le groupe a observé un ralentissement de la croissance du marché mondial des smartphones et une concurrence croissante sur le marché chinois et certains marchés européens", dit-il. Cette situation "a mené à une hausse des stocks pour les appareils bas et moyen de gamme". Les ventes ont également été affectées par la vigueur du won, la devise sud-coréenne, face au dollar, à l'euro et à plusieurs devises des marchés émergents, ajoute-t-il. Le won évolue actuellement à un plus haut depuis six ans face au billet vert.
Saturation du marché des smartphones
Depuis plusieurs mois, les experts soulignent la dépendance de Samsung aux téléphones multifonctions, dans un marché de plus en plus saturé dans les pays riches et extrêmement concurrentiel sur les marchés émergents.
Samsung indique "s'attendre prudemment" à des perspectives meilleures au troisième trimestre, grâce à la commercialisation de nouveaux modèles et une baisse de ses dépenses marketing par rapport au deuxième trimestre.
Le deuxième semestre est en général une période plus favorable pour la vente des smartphones et tablettes mais le sud-coréen sera soumis à la concurrence du nouveau modèle de son grand rival, l'américain Apple, qui lancera l'iPhone 6. Samsung vend plus de smartphones qu'Apple mais ce dernier, qui privilégie les modèles hauts de gamme, dégage des marges plus élevées.
Les analystes estiment que beaucoup dépendra du succès du nouveau modèle (3e génération) du Galaxy Note de Samsung, un appareil entre la tablette et le smartphone.
Le sud-coréen ne dévoile pas le nombre d'appareils vendus. Selon les estimations des analystes, il a vendu quelque 78 millions de téléphones multifonctions sur la période avril-juin, soit nettement moins que les 90 millions attendus par les experts du secteur.
Outre les appareils mobiles, le géant sud-coréen produit des puces mémoires, des produits d'électroménager, des écrans de télévision..., mais plus de la moitié de ses bénéfices proviennent des appareils de technologie mobile et ce sont ces derniers qui ont dopé la croissance fulgurante des résultats du groupe ces dernières années.
"Le problème fondamental pour Samsung est que le marché mondial des smartphones arrive à saturation et que la demande s'oriente vers des appareils moins chers, un segment où sévit une concurrence féroce, notamment de la part des fabricants chinois", résume Noh Geun-Chang, analyste à la maison de courtage HMC Investment Securities.
Bien que toujours numéro un mondial pour le nombre de smartphones vendus, Samsung a vu sa part de marché décliner au premier trimestre 2014 (à 31,2% contre 32,4% un an auparavant), pour la première fois depuis quatre ans.
(Avec AFP)
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