Obésité et surpoids : un tiers de l’humanité est concerné
La première étude mondiale sur le surpoids et l’obésité révèle des tendances inquiétantes et indique qu’un humain sur trois est atteint d’excès de masse corporelle. Un fléau qui n’épargne pas le Maroc.
Plus de 150 chercheurs déployés sur 188 pays jettent un énorme pavé dans la mare, éclaboussant les responsables de santé publiques à travers la planète ! En s’attaquant aux chiffres du surpoids et de l’obésité à travers le globe, ces scientifiques livrent pour la première fois une étude globale et harmonisée dénonçant l’étendue du fléau. Leurs conclusions sont accablantes !
2,1 milliards de Terriens en surpoids
Publiée jeudi 29 mai dans la revue médicale de référence The Lancet Journal et coordonnée par le professeur Emmanuela Gakidou de l’Institut de métrologie sanitaire et d’évaluation (IHME) de l’Université de Washington, l’étude indique qu’un humain sur trois souffre de surpoids [Indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25] ou d’obésité [IMC supérieur à 30]. Un constat alarmant et évolutif qui s’est ostensiblement aggravé au cours des trente dernières années. Alors qu’en 1980, l’excès de poids affectait 857 millions d’individus, il concerne en 2013 près de 2,1 milliards de Terriens avec des courbes de progression de 28% chez l’adulte contre une augmentation de 47% chez les enfants et les adolescents.
« La progression du surpoids et de l’obésité a été importante, générale et rapide » souligne le professeur Gakidou, qui présente par ailleurs les disparités enregistrées par les nations. Sans surprises, ce fléau de santé publique est davantage répandu dans les pays développés avec un ratio de deux personnes sur trois souffrant d’obésité. Les Etats-Unis tiennent incontestablement le haut du panier dans ce contre-palmarès mondial. Dans le Top 10 des pays qui totalisent plus de la moitié des individus obèses de la planète, ils se positionnent également à la première place, suivi de l’Allemagne. Le reste du classement présente les pays à fort taux démographiques tels que la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, le Mexique, l’Egypte, le Pakistan et l’Indonésie.
Nord-Sud, hommes-femmes : pas logés à la même enseigne
S’il est établi que les pays développés sont les plus enclins au surpoids et à l’obésité, la palme de la progression revient, elle, au Moyen-Orient. Bahreïn, l’Arabie Saoudite, Oman, et le Koweït affichent les plus belles courbes de croissance de la région, talonnée par l’Afrique du Nord, l’Amérique centrale, les Caraïbes et les Etats insulaires du Pacifique, où les femmes sont largement plus touchées par l’excès de poids (c’est notamment le cas de 69% des femmes de l’île polynésienne des Samoa).
Les inégalités hommes-femmes nourrissant plusieurs volets de la société, n’échappent en effet pas à la prise de poids. Dans les pays en voie de développement, ce sont en effet les femmes qui signent les taux d’excès pondéraux les plus importants. Ce paramètre s’explique dans certaines nations par une perception positive des rondeurs. Au Maroc, où 32,9% de la population est en surpoids quand 18% souffrent d’obésité morbide, - selon les données de janvier du Haut Commissariat au Plan-, la prise de poids est encore bien souvent associée à la beauté ou renvoie à un signe extérieur de richesse pour un pan de la société, déclare le docteur Abdelwahad Zerrari, co-fondateur de l’association AVieSaine, luttant contre la propagation de cette tendance au Royaume.
Cette mentalité semble visiblement partagée par de nombreux pays du monde arabe, sans distinctions de richesse. En témoignent le Koweït et le Qatar, puissances pétrolières du Golfe. Au sein de ces deux nations, près de 50% des femmes sont obèses.
Les jeunes dans le collimateur
Les scientifiques sont volontairement catastrophistes car ils souhaitent ardemment attirer l’attention sur cette « pandémie galopante » qui affecte de plus en plus la jeunesse. Un enfant ou un adolescent sur quatre dans les nations développées est concerné par le surpoids ou l’obésité, tandis qu’ils ne sont qu’un sur huit dans les pays en voie de développement, sans égards au genre. L’étude signale néanmoins que chez les moins de 20 ans, les filles sont moins bien loties que leurs homologues masculins. Les ratios les plus forts sont observés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
« A la différence d’autres risques sanitaires majeurs, comme le tabac ou la malnutrition infantile, l’obésité ne recule pas » insiste Emmanuela Gakidou, cité par le quotidien français Le Monde. Bien que les chercheurs fassent référence à un léger ralentissement de la progression de cette pathologie depuis 2006, principalement dans les pays développés, ils partagent sans ambages leurs inquiétudes quant au futur de l’humanité. En 33 ans, aucun pays n’est parvenu à faire reculer l’obésité, affirment-ils, « l’objectif des Nations unies d’enrayer [sa] propagation d’ici 2025 est très ambitieux mais n’a que peu de chances d’être atteint sans une action concertée ».
L’espoir de renverser la tendance est faible. La solution la plus prometteuse passe par l’application d’un programme urgent et coordonné à l’échelle mondiale pour soutenir « les pays, notamment ceux à faibles ressources, à intervenir plus efficacement contre les déterminants majeurs que sont l’apport excessif de calories, le manque d’exercice physique et la promotion des produits alimentaires par l’industrie ».
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