Abdeslam Seddiki veut contribuer aux 500.000 nouveaux emplois dans l'industrie
Dans un entretien accordé à Médias 24, le ministre de l’Emploi Abdeslam Seddiki livre sa vision sur les nouvelles orientations de son ministère. Plusieurs chantiers ont été lancés simultanément dont la mise en place d’observatoires régionaux de l’emploi.
La mise en place de l’Observatoire national de l’emploi, projet récemment approuvé en conseil de gouvernement, nourrit de grandes ambitions. En attendant sa publication du décret au BO, le texte conduira à une réorganisation du ministère de l’emploi tant au niveau central qu’aux niveaux régional et provincial. La création de ce nouveau pôle intervient dans un contexte délicat, et après une attente qui aura duré une bonne dizaine d’années.
L’observatoire national de l’emploi devra assurer la veille sur le marché de l’emploi, il aura un rôle d’anticipation sur marché du travail et sur les besoins futurs en disciplines et en formations, ce qui sous-entend qu’il devra attirer l’attention des instituts de formations afin qu’ils soient adaptés au marché du travail.
En définitive, l’observatoire national de l’emploi permettra d’améliorer la connaissance du marché du travail et de la situation de l’emploi, principalement sur le plan qualitatif et d’anticiper les besoins.
Cette maîtrise permettra d’apporter une valeur ajoutée par rapport aux chiffres du HCP qui présentent, selon les dires du ministre, certaines lacunes. En effet, certains chiffres ne traduisent pas fidèlement la situation du marché de l’emploi, à l’instar du travail non rémunéré qui vient en réduction des chiffres du chômage. Ces emplois, commente Abdeslam Seddiki, «sont créateurs de valeur mais ne garantissent pas la décence du travail. Il s’agit d’emplois précaires. Nous visons, dans la Stratégie nationale de l’emploi, à créer des emplois décents conformément à la définition du BIT, en respectant les trois critères que sont: la rémunération, la sécurité et la protection.»
L’observatoire va permettre de recueillir, par le biais de l’Anapec et des délégations provinciales et régionales, des données de première main sur la situation du marché du travail, sur son évolution, sur les créations et les pertes d’emploi et permettra d’identifier les secteurs florissants. «Le processus de régionalisation aidant, nous espérons à moyen terme créer des observatoires régionaux de l’emploi,» déclare Abdeslam Seddiki, et d’ajouter que «l’observatoire national et les observatoires régionaux sont une composante fondamentale de la stratégie nationale de l’emploi avec la réforme du marché du travail et l’amélioration de la gouvernance du marché de l’emploi.»
Par ailleurs, un autre grand chantier accompagnera les orientations stratégiques du ministère de l’emploi.
Il s’agit du plan national d’accélération de l’industrialisation. Présenté début avril 2014 par le ministre de l’industrie et du commerce Moulay Hafid Elalamy, ce plan permettra d’opérer une transition du secteur tertiaire vers une économie plus industrialisée.
«C’est une étape fondamentale, car le développement est tributaire de l’industrialisation,» estime le ministre de l’emploi. «La part de la valeur ajoutée du secteur de l’industrie passera de 14 à 23% d’ici 2020. Ce n’est pas assez, car il faut atteindre les 25%, mais en nombre nous allons pouvoir créer 500.000 nouveaux emplois qualifiés et rémunérateurs dans l’industrie. Il y a toute une dynamique qui devra s’opérer à plusieurs niveaux : formation professionnelle, au niveau de la culture d’entreprise, changement des structures sociales et traditionnelles de l’entreprise» conclut le ministre de l’emploi Abdeslam Seddiki.
Le ministère de l’emploi avait surtout été le ministère de ceux qui travaillent. Avec lui, il deviendra peut être celui de ceux qui cherchent un emploi.
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