Une plateforme parisienne du crowdfunding dédiée aux projets marocains
Smala & co est la première plateforme du crowdfunding dédiée au Maroc. Basée à Paris, l’entreprise a pour vocation le financement de projets numériques, culturels et artistiques. Le point avec le concepteur du projet, Arnaud Pinier, consultant financier et organisationnel.
Arnaud Pinier, épaulé par son équipe, a conçu et lancé la première plateforme de crowdfunding dédiée aux projets marocains. Joliment appelée Smala & co, la plateforme de financement participatif permettra à des porteurs de projets de collecter des fonds sur trois domaines d’activités. «Numérique, car le Maroc abrite un vivier de startups technologiques en plein essor. Artistique comme les projets de photographe, d’édition, de vidéo, documentaire, bref, tout type de projet lié à la création artistique et graphique. Et les projets culturels au sens plus large du terme, parmi lesquels les projets associatifs», énumère Arnaud Pinier, dans une déclaration à Médias 24.
Vu les freins législatifs quant à l’appel à la générosité publique, qui est interdit sur le territoire marocain, Arnaud Pinier assure qu’il n’y a aucune prescription contraire à ce que cela se fasse à partir de l’étranger.
Quant à la France, «le fait que ce soient des porteurs de projets marocains ne pose aucune entrave légale, il faut juste fournir un RIB, un registre de commerce modèle J, une pièce d’identité et les statuts du porteurs de projet (association, entreprise…)», explique Arnaud Pinier. Une société de service dans l’économie sociale et solidaire, basée à Rabat, agira sur la partie du front et middle office, comme la collecte et vérification des pièces justificatives…
Le site sera ouvert au public en Juin. «D’ici là, les porteurs de projets peuvent nous envoyer un mail sur [email protected], avec un nom du projet, sa description sommaire, le besoin de financement, le pourquoi faire et une définition de leur réseau d’influence sur Internet pour évaluer la capacité d’engrangement de fonds. Actuellement, nous sommes en train de démarcher de nombreux porteurs de projets pour constituer la première promotion de projets qui sera financés sur la plateforme», souligne Arnaud Pinier.
Etape 1 en offline : Sélection de projet, préparation de la page projet
A partir du moins de juin, deux onglets seront à disposition du porteur de projet «3endi projet et Lancer votre projet», pour soumettre le descriptif du projet. «Nous nous engageons à répondre dans un délai de 24h à 48h, pour voir si le projet est accepté ou pas».
Si la réponse est positive, le porteur de projet aura accès à un espace privé sur le site web pour préparer une page projet. Celle-ci sera constituée de photos ou éventuellement de vidéo(s) pour présenter le projet, un texte explicatif sur le parcours du porteur du projet, de l’équipe, la nature de l’organisation (association, particulier…), les besoins de financement, et le pourquoi faire.
«La transparence occupe une place majeure dans notre stratégie, elle fait partie des critères sur lesquels nous allons être intraitables. Nous allons beaucoup travailler sur la transparence et la qualité des projets», s’empresse de souligner Arnaud Pinier.
Ensuite, il faut définir deux autres éléments, qui sont la durée de la collecte qui varie de 30 à 90 jours et les contreparties symboliques aux contributeurs. «Au milieu de tout cela, bien que le porteur de projet soit autonome, nous avons un rôle d’accompagnement pour perfectionner cette démarche», évoque-t-il.
Une fois que le projet fait acquiert le soutien de 5 personnes(en privé), l’appel aux dons devient public. «Nous avons installé ce premierfiltre en nous disant que si le porteur de projet n’arrivent pas à atteindre 5 soutiens, ça ne sert à rien de rendre son projet public. Car au-delà de l’aspect financier du crowdfunding, il s’agit d’un véritable test marché et un premier exercice de communication et marketing. Si le projet est crédible, normalement il faut avoir 5 soutiens dans les plus brefs délais», développe le concepteur.
Etape 2 en online : « La règle de tout ou rien »
L’étape suivante. Elle s’inscrit dans une optique de qualité, une suivant la règle de «tout ou rien». A une échéance donnée, le porteur de projet se doit d’atteindre la somme totale proclamée au départ. Faute de quoi, il ne touche rien du tout.
En ce sens, le système de dons fonctionnera via un système d’empreinte bancaire. «Quand les gens paieront par carte bancaire, une empreinte est prise sur celle-ci mais le montant octroyé n’est débité que lorsqu’au moins 100% de l’objectif du montant de collecte est atteint», explique Arnaud Pinier. Et de poursuivre : «Il va falloir que les porteur de projet se battent pour collecter la somme souhaitée et optimiser le taux de succès de la plateforme. Notre objectif c’est d’atteindre des taux de réussite qui vont de pair avec les standards internationaux, oscillant entre 45 et 55%».
Les contributeurs, eux, ont trois moyens pour adhérer: une carte de paiement internationale, un compte Paypal, ou une e-card (carte de paiement pré-chargée à hauteur de 10.000 DH par an, accessible à tout marocain désirant faire des achats sur le web, notamment à l’étranger).
Si la campagne est réussie ?
Si la campagne de crowdfunding est réussie,
1. les comptes bancaires des contributeurs sont alors débités.
2. «ces fonds sont versés sur un porte-monnaie électronique de notre prestataire de service de paiement (PSP) qui s’appelle Treize 37, agréé par l’autorité des marchés financier en France(AMF)».
3. Environ 90% du montant seront versés directement sur le compte bancaire du porteur du projet, sans jamais transiter sur notre compte, 6% du montant seront versés sur le compte de Smala & co en guise de commission d’intermédiation et 2% sont liés aux transactions monétiques. Le PSP prélève ces 2% sur chaque prestation du compte de Smala & co, et donc celle-ci refacture ce montant au porteur de projet à l’euro près. Et environ 2% restantes sont liés au transfert de fonds de la France au Maroc.
Ensuite, les porteurs de projets remettent au contributeur les contreparties (symboliques), et seront incités à entretenir des liens avec la communauté qui s’est créée autour du projet, notamment en les informant de l’avancée du projet…
C’est un gros défi à relever! Si Smala&co réussira ce challenge, ça constituera peut-être un argument pour structurer le secteur du financement par le crowdfunding au Maroc, à l’air du 2.0.
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