Diagnostic: Une urbanisation au détriment de la qualité de vie
Lors de sa 37e AGO, tenue le 24 avril, le Conseil économique, social et environnemental a présenté le projet de focus annuel 2013 du Conseil, dédié à la gouvernance urbaine. Le bilan dressé par le CESE fait apparaître une urbanisation au détriment de la qualité de vie des citadins.
L’objectif de l’étude est de mener une réflexion sur les différentes approches qui visent un développement urbain durable fondé sur une vision intégrée et inclusive et une gouvernance institutionnelle efficiente.
Les enjeux du défi urbain
Les villes doivent faire face à de nombreux défis tels que :
-Des exigences économiques et un rythme de demande d’emplois sans précédent ;
-Une urbanisation accélérée qui est porteuse d’exclusion et de tensions sociales accrues ;
-Un mode d’urbanisation non optimisé ;
-Un mode de gestion des services urbains non durable ;
-La grande complexité des actions sur la ville.
Faire de la planification urbaine et stratégique un outil de développement durable
Le mode actuel de planification urbaine ne parvient pas à créer un modèle de ville durable. Le paradoxe de la planification urbaine au Maroc tient, selon l’étude, dans le fait que la production urbaine est importante mais n’a qu’une faible opérationnalisation. Les différents acteurs de la ville que sont l’Etat, le secteur privé, les associations et la société civile peinent à trouver leur rôle pour élaborer et mettre en œuvre des prospectives locales du développement urbain.
Les mécanismes de gestion efficiente et durable des services et équipements publics
Selon l’étude, l’urbanisation présente plusieurs enjeux de gestion des services publics urbains (transports, gestion des déchets, etc.), donnant lieu à des résultats contrastés en fonction des villes et de leurs équipements. Il faut donc agir sur le comportement des acteurs qui gèrent les villes pour rendre efficiente leurs actions sur les multiples dimensions urbaines : spatiale, sociale, environnementale, culturelle et économique.
Les recommandations du CESE
Le CESE recommande dans un premier temps de renforcer les capacités des collectivités locales par la mobilisation des expertises, le développement des savoir-faire et la dotation des communes urbaines en moyens de gestion performants, tout en mettant en place des coordinations à des niveaux territoriaux et institutionnels différents (régional, intercommunal et interministériel).
Le positionnement de l’Etat en faveur des villes doit également se faire en adoptant une approche novatrice qui n’oppose pas les villes et le monde rural.
Enfin, selon le CESE, la ville doit devenir un moteur de croissance économique et sociale et offrir aux citoyens des conditions de vie satisfaisantes. Pour cela, il recommande notamment de mettre l’urbanisation au service du développement durable des villes pour la révision des modalités de conception des documents d’urbanisme, de promouvoir un modèle de gouvernance des services publics locaux fondé sur une planification urbaine efficiente et un appui constant de l’Etat et de créer un esprit d’émulation entre les villes par la distinction chaque année de 3 villes (grande, moyenne et petite).
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