Des ONG marocaines s'opposent au déplacement forcé des migrants en situation irrégulière
La déportation massive des Subsahariens des zones proches de Sebta et Melilia à destination de Rabat est à l’origine d’une « crise humanitaire » selon plusieurs ONG. Le centre d’accueil des migrants Caritas de la capitale a fermé ses portes.
Un communiqué rendu public le mardi 25 mars tire la sonnette d’alarme quant à la situation des migrants déplacés de force à l’intérieur du territoire national. Ce document élaboré par Amane, l’ALCS, Caritas Maroc, Alecma, le Gadem, la fondation Orient Occident, Oum El Banine et Terre des Hommes, dresse un constat alarmant de l’ampleur du phénomène, ainsi que de la « crise humanitaire » que ces déplacements de masse sont en train d’engendrer.
Depuis décembre 2013, le nombre des Subsahariens déplacés du nord vers la capitale ne cesse de croitre. Ce sont actuellement des centaines, parmi lesquels on trouve des mineurs, qui sont quotidiennement transférés par bus, réquisitionnés par les forces de l’ordre, à destination de la gare Kamra de Rabat.
Les opérations de transfert se déroulent en l’absence d’une procédure judiciaire individuelle. C’est ainsi que plusieurs personnes déplacées déclarent s’être fait arrêter dans la rue, sur leurs lieux de résidence, en forêt ou à l’intérieur même des enclaves. Pratique que Médias 24 a pu constater lors d’une enquête réalisée dans la région de Fnideq, située non loin de Sebta.
Les ONG déclarent avoir porté assistance à un nombre croissant de blessés présentant des fractures et divers traumatismes attribués à la violence des interventions des forces auxiliaires marocaines ou de la Guardia civil lors des descentes.
De même, la déportation massive vers la capitale crée une réelle tension sociale que les ONG n’hésitent pas à qualifier de crise humanitaire, poussant jusqu’à la fermeture le 24 mars 2014 du centre d’accueil des migrants Caritas. En cause, une sur-fréquentation inégalée et une multiplication des cas de blessés graves, dépassant les capacités du centre. A noter que Caritas a accompagné, depuis 2005, quelques 16.000 migrants subsahariens en situation irrégulière.
Loin des grands discours, et des promesses non tenues, les signataires du communiqué appellent les pouvoirs publics au respect des recommandations formulées dans le rapport du CNDH sur la situation des migrants et des réfugiés, insistant sur le bannissement de « toute forme de violence exercée contre les migrants en situation irrégulière lors des opérations d’interpellation » et la garantie de l’accès effectif à la justice en cas d’arrestation, de mise en détention provisoire ou de jugement.
Les ONG réclament aux autorités marocaines que les instructions soient données pour l’arrêt des violences lors des interpellations, en garantissant le respect des procédures individuelles, et l’interruption immédiate des déplacements forcés à l’intérieur du pays.
S’adressant aux autorités espagnoles, les signataires réclament l’arrêt des expulsions illégales des migrants vers le territoire marocain, conformément au droit international.
Le CNDH est à son tour interpellé, au même titre que l’Organisation des nations unies, afin de missionner des observateurs internationaux dans les régions frontalières des enclaves espagnoles afin de relever les violences et violations des droits des migrants.
Devant l’urgence de la fermeture du centre d’accueil des migrants, les ONG demandent aux autorités sanitaires à l’échelle régionale de mettre en place un dispositif d’orientation et de prise en charge afin que les soins nécessaires soient dispensés aux personnes blessées. Et appellent les institutions en charge de la protection de l’enfance à assurer une assistance adaptée, particulièrement à destination des mineurs non accompagnés.
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