Agences de recrutement : le ministère de l’Emploi veut mettre de l’ordre
Une commission tripartite s’est penchée sur le fonctionnement des établissements spécialisés dans le travail temporaire, le lundi 17 mars. La plupart des agences de recrutement privées ne répondent pas aux exigences légales. Le ministère va réagir.
Lors de la réunion qui vu la participation de la CGEM, du ministère de l’Emploi et des syndicats, il a été question de suivre l’évolution rapide du marché du travail, et plus précisément de penser les cadres légaux des nouvelles organisations de travail, de façon à garantir les droits des travailleurs et de les protéger contre la précarité et l’exclusion sociale.
Actuellement, sur les 390 agences de recrutement privées, seules 48 bénéficient de l’autorisation d’exercice. L’autorisation est conditionnée par le dépôt d’une garantie équivalent à 50 fois la valeur annuelle du salaire minimum, et la réunion d’un capital supérieur ou égal à 100.000 DH.
Plus alarmant encore, si on intègre les agences spécialisées dans le gardiennage et le nettoyage, soumises à une autorisation émanant du ministère de l’Intérieur (contrairement aux autres agences qui dépendent du ministère de l’Emploi), on estime à 700 le nombre d’agences de recrutement privées qui ne répondent pas aux normes.
Revenons aux agences de recrutement autorisées. Le ministère recense quelque 60.000 travailleurs déclarés à la CNSS, 73% d’entre eux sont des ouvriers. Agés de moins de 45 ans à 83%, moins de 1 personne sur 5 est une femme. Autre bilan dressé par le ministère : les deux tiers touchent un salaire mensuel qui ne dépasse pas les 3.000 DH.
Concernant les agences de recrutement qui exercent en dehors du cadre légal, et dont le nombre est évalué à 390 entreprises, l’étude révèle qu’elles sont globalement basées à Casablanca (292 structures recensées), suivi de Rabat, Mohammedia et Tanger, avec respectivement 27, 18 et 16 agences non conformes.
Afin d’y remédier, le ministère de l’Emploi lance un plan d’actions qui comporte la convergence du cadre légal vers les réalités sociales et économiques, la mise en place de mécanismes de contrôles efficaces, le renforcement de l’observation et du suivi, ainsi que le développement du partenariat entre public et privé dans le domaine de la intermédiation professionnelle.
Plus urgent encore, la mise en place prochaine de l’Observatoire national de l’emploi, permettra d’assurer le suivi des mesures accompagnements au secteur. Finalement, le ministre Abdeslam Seddiki promet la tenue, fin juin prochain, d’une conférence internationale qui aura pour thème l’évaluation globale du marché de l’emploi marocain… Mais réglementons le précaire d’abord !
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