Paco de Lucia : Adios al maestro !
Le guitariste espagnol Paco de Lucía est mort mardi 25 février au Mexique à l'âge de 66 ans, a annoncé aujourd’hui la mairie d'Algésiras dont il était natif. Le géant de la guitare flamenco était l’invité du dernier Festival des musiques sacrées de Fès.
« Une perte irréparable pour le monde de la culture et pour l’Andalousie. » C’est par ces mots que le maire d’Algésiras, ville natale de Paco de Lucia, a annoncé la disparition du maestro, victime d’une crise cardiaque à Cancun, au Mexique.
La ville a décrété trois jours de deuil officiel et a mis en berne tous les drapeaux sur les bâtiments municipaux. L’émotion qui a saisi ce matin le monde de la musique à l’annonce de sa mort est révélatrice de l’énorme capital de sympathie dont il jouissait.
Cet ambassadeur de la culture espagnole à travers le monde puisait ses inspirations dans tous les univers musicaux y compris dans la musique classique pour retransmettre une émotion hors du commun.
Le plus gitan des non-gitans
De son vrai nom Fransisco Sanchez Gomez, le guitariste avait redonné un souffle nouveau au flamenco et avait été honoré en 2004 en recevant le prestigieux prix du Prince des Asturies des Arts, l’une des plus hautes distinctions espagnoles. Celui-ci consacrait « le plus universel des artistes flamenco, dont le style aura fait école parmi les plus jeunes générations et qui aura dépassé les frontières et les styles ».
A partir de la guitare flamenco, il avait exploré le répertoire classique « gitano », l'émotion de la bossa-nova et du jazz. Tout ce que pouvait s'exprimer avec les six cordes de sa guitare était entre ses doigts. La mort de la plus grande figure qu’ait connu le monde de la guitare aura transformé le génie en légende car son héritage restera pour l’éternité.
Si Paco de Lucia avait porté la bonne parole de la guitare flamenca à travers le monde, il faut rappeler qu’il avait introduit le cajón, instrument de percussion péruvien devenu indispensable au flamenco en lieu et place des palmas [claquements de mains].
« Ses compositions sont un miroir dans lequel se regardent les grandes étoiles de la guitare »
A l’égal d’autres mythes comme Jimi Hendrix, ce véritable dieu de la guitare sèche six cordes a transmis à des millions de mélomanes le virus d’une guitare flamenca percussive dont les notes sont courtes. Si l'homme était indéniablement celui des prouesses techniques, le public était plus impressionné par les grappes de notes qu’il lâchait que par le sentiment qu’il cherchait à transmettre, ce qui semblait l’agacer.
Malgré la célébrité, le guitariste était toujours resté discret, habitué à monter sur scène dans une tenue d’une grande sobriété car il abhorrait l'image de la star pathétique qui se repose sur ses lauriers et vit de ses rentes.
Le voir jouer en direct était une expérience unique car sa technique éblouissante avec des rafales de notes ne noyait jamais le travail de son groupe à qui Paco laissait toujours une liberté permettant au concert de respirer et de sortir des sentiers battus. Sa première tournée internationale, il y a plus de cinquante ans, à l’âge de 12 ans aux Etats-Unis avec son frère Pepe avait révélé son talent de petit prodige.
Son père avait l’idée fixe de faire de lui un guitariste soliste et lui imposait depuis l’âge de 5 ans une discipline de fer en lui faisant travailler son instrument 12 heures par jour. Il avait grandement contribué au succès de la voix légendaire du chanteur de flamenco espagnol, Camaron de la Isla, qui avait enregistré avec lui ses neuf premiers albums.
Si au départ de sa carrière il était surtout un artiste talentueux de flamenco, il a pu par la suite aborder la musique avec davantage de curiosité en découvrant la musique brésilienne et le jazz malgré le fait qu’il ne savait ni lire ni écrire la musique. Suivront plusieurs décennies d’innovations, qui le verront jouer avec un orchestre symphonique, et rejoindre le trio mythique avec John McLaughlin et Al Di Meola.
Il faut bien évidemment citer l’album Solo Quiero Caminar qui restera comme la pierre angulaire de l’histoire du flamenco même si sa contribution musicale va bien au-delà et ne peut se limiter pas à un seul album.
Un homme est mort, une légende est née
Après avoir moissonné la gloire mondiale, forcé l'admiration des plus grands (de Miles Davis à Chick Corea), révolutionné la guitare flamenca et ouvert la voie aux plus jeunes, la seule chose qui faisait encore courir le perfectionniste Paco était la cause du flamenco qui reste pour les mélomanes avertis l'un des genres musicaux les plus sophistiqués et exigeants. Il était l’invité de marque en 2013 du dernier festival des musiques sacrées de Fès où il avait fait, comme il se doit, salle comble.
Si des milliers d’apprentis guitaristes du monde entier continuent d’affluer chaque année dans le triangle d’or d’Andalousie que forment Séville, Jerez et Cadix, ils le doivent à un seul homme : l’apôtre Paco de Lucia, qui aura répandu à travers la planète le culte de la guitare flamenca.
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