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Turquie: La chute de la livre stoppée par la hausse des taux d'intérêt

La banque centrale turque est parvenue mercredi, au moins temporairement, à enrayer la dégringolade impressionnante de la livre en recourant à une hausse massive de ses taux d'intérêt, malgré l'avis contraire du gouvernement d'Ankara.

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Le 29 janvier 2014 à 10h19 | Modifié 29 janvier 2014 à 10h19

Dans la foulée de la décision de la banque, la devise turque (LT) a rebondi et s'échangeait en fin de matinée autour de 2,20 LT pour un dollar et de 3,00 LT pour un euro, contre respectivement 2,26 LT et 3,09 LT mardi. A l'issue d'une réunion nocturne de son comité de politique monétaire, l'institution financière a augmenté son taux d'intérêt au jour le jour de 7,75 à 12% et son taux hebdomadaire repo de 4,4 à 10% pour contenir « l'impact négatif » de la chute de la livre « sur l'inflation et la stabilité macroéconomique ».

Ces mesures de « resserrement monétaire seraient maintenues jusqu'à une amélioration significative des prévisions d'inflation », a-t-elle justifié. Après l'échec patent de ses précédentes interventions sur les marchés, les analystes ont applaudi des deux mains ce changement complet de stratégie. « La hausse attendue des taux et le retour à l'orthodoxie sont enfin là », s'est réjoui Deniz Ciçek, de la Finansbank d'Istanbul. « Ce mouvement vers un cadre d'intervention plus simple et l'engagement à mettre en œuvre une politique monétaire stricte jusqu'à une amélioration significative des prévisions d'inflation ont satisfait les marchés », a-t-il noté. Cette décision de la banque centrale turque a défié les recommandations du gouvernement, hostile à tout recours à l'arme des taux par crainte d'affecter la croissance et de creuser les déficits publics déjà élevés du pays (+ de 7%).

Juste avant le coup d'envoi de sa réunion, M. Erdogan a ainsi clairement mis en garde l'institution contre ses conséquences. « Ils seront tenus pour responsables de tout ce qui peut arriver », a-t-il lancé mardi soir. Interrogé mercredi matin sur la chaîne de télévision NTV, son ministre des Finances Mehmet Simsek s'est montré plus mesuré, se refusant à tout commentaire sur la décision de la banque centrale pour ne pas affecter sa « crédibilité ».

Incertitudes

« S'ils ont pris une telle décision, je suis sûr que c'est la bonne », a-t-il jugé, « la décision de la banque centrale a éliminé dans une large mesure les inquiétudes des investisseurs ». Depuis des semaines, les marchés attendaient une décision ferme de l'autorité monétaire pour mettre un terme à l'effondrement de la monnaie nationale, en retrait de plus de 30% depuis la mi-2013, qui pèse de plus en plus sur l'économie du pays. La devise turque a atteint les cours planchers de 2,39 LT pour un dollar et 3,27 LT lundi. Comme les monnaies des autres pays émergents, la livre a subi les effets du resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Sa chute s'est accélérée à la faveur de la grave crise politique causée par le scandale de corruption qui éclabousse le régime islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002.

Le gouvernement de M. Erdogan s'est efforcé jusque-là de rassurer les acteurs économiques en évoquant une crise « passagère ». Le ministre des Finances a concédé mercredi une « incertitude liée à une opération politique qui met la livre sous pression », en référence au scandale en cours. « Si nous prenons les bonnes décisions (...) nous pouvons limiter les risques sur la croissance », a-t-il ajouté. Le gouvernement a jusque-là persisté à maintenir sa prévision de croissance de 4% pour 2014, mais la plupart des analystes ont révisé les leurs à la baisse. L'inflation constitue une autre source d'inquiétude. Le gouverneur de la banque centrale Erdem Basci a ainsi révisé à la hausse de sa prévision d'inflation pour l'année 2014, de 5,3% à 6,6%, proche des estimations de la plupart des analystes.

Si la hausse des taux a levé la pression immédiate qui pesait sur sa monnaie, la Turquie n'est pas encore sortie de la tourmente, a souligné la plupart d'entre eux, notamment dans l'attente d'un nouveau resserrement de la politique monétaire américaine. « La Turquie reste dans le peloton des pays émergents les plus fragiles », a jugé Neil Shearing, de la firme londonienne Capital Economics. « Si le gouvernement ne suit pas la banque centrale, aussi bien en resserrant sa politique fiscale qu'en abandonnant sa rhétorique agressive, le pays restera vulnérable aux turbulences des marchés ».

(Avec AFP) 

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