Agrodep, le conflit s'enlise, la tension monte
Le conseil juridique de Pierrick Puech apporte quelques précisions au sujet du litige avec Hassan Derham, litige qui est devant la Justice et qui menace la survie d'Agrodep, groupe qui emploie 7.000 salariés.
«L’activité continue et le groupe se bat pour tenir le coup et dépasser ces moments difficiles» : notre interlocuteur est un avocat du cabinet Sassi, chargé du dossier d’Agrodep, ce grand groupe agricole qui est en difficulté à cause d’un litige entre les deux associés.
Les deux associés sont Hassan Derham, député de Laâyoune et Pierrick Puech. Ils sont associés à 50/50, répartition qui a le tort de neutraliser ou de réduire fortement les marges de manœuvre de chacun.
Pierick Puech a pour lui l’ancienneté et la légitimité de tout ce qu’il a entrepris au Maroc dans le même domaine. C’est d’ailleurs lui qui a créé le groupe, le précédent associé Mohamed Tazi a quitté le tour de table il y a peu d’années, pour des raisons personnelles. Hassan Derham a rejoint le groupe il y a deux ans environ selon notre source, en tant que président et associé à 50%.
Ce groupe est un fleuron d’une dizaine de sociétés dont un établissement de conditionnement. Il emploie 7.000 salariés, nous confirme Me Sassi.
L’affaire est entre les mains de la police judiciaire d’Agadir, qui a écouté chacune des deux parties. Pierrick Puech a déposé plusieurs plaintes au pénal contre son associé. Il existe également, nous déclare notre source, plusieurs procédures relatives aux AG et à des conseils d’administration que l’une ou l’autre partie conteste.
Selon Me Sassi, c’est un conflit relatif aux fonctions de Hassan Derham dans le groupe, qui selon lui a remis en cause l’équilibre financier de l’ensemble. Le groupe est ainsi au bord de la crise de liquidités, à cause d’un endettement bancaire et fournisseurs élevé.
M. Derham a de son côté engagé des procédures contre son associé, «de la même manière» que nous l’avons fait, indique Me Sassi. En deux ans, M. Derham est accusé «d’abus portant sur 100 à 120 MDH, et nous avons fourni à la justice les pièces justificatives, virements, mises à dispositions, chèques», annonce Me Sassi. Notre source refuse de nous communiquer les pièces ou les requêtes, car “la déontologie de notre métier l’interdit, l’affaire étant entre les mains de la justice“.
Selon Me Sassi, M. Derham n’avait pas le droit d’effectuer des actes de gestion, puisqu’il n’était que président de la S.A. Agrodep, la loi 20-05 interdisant au président de s’immiscer dans la gestion qui avait été confiée à Pierrick Puech en tant que directeur général.
L'affaire en est encore au stade de l'enquête de la police judiciaire.
Le conflit a récemment été marqué par une escalade avec l'intrusion spectaculaire de Hassan Derham dans l'usine de conditionnement d'Agadir.
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