L’automobile, fer de lance de la stratégie industrielle du Maroc
L’automobile est « le secteur clé des nouveaux métiers mondiaux en termes de performances à l’export » selon l’Office des changes. La balance commerciale du secteur est aujourd'hui excédentaire.
Selon l’Office des Changes, qui publie une étude diagnostic des performances à l’exportation de l’industrie automobile marocaine, le secteur a attiré 3,6 milliards de dirhams d’investissements directs étrangers (IDE) en 2012, contre 0,9 milliards en 2010, grâce notamment au développement de la filière du câblage et de l’essor de la filière de la construction automobile, qui représente à elle seule près de 90% des IDE du secteur.
Les IDE dans l’industrie manufacturière ont progressé de plus de 70%entre 2010 et 2012 et près de 80% de cette hausse est imputable à la progression des IDE dans l’industrie automobile. L’année 2012 a particulièrement été marquée par l’implantation de l’usine d’assemblage de Renault-Tanger dont la capacité de production annuelle actuelle est de 170.000 véhicules avec un potentiel à terme de 400.000 véhicules.
Des exportations en hausse malgré la crise
Les exportations de l’industrie automobile ont doublé entre 2007 et 2012, passant de 12,7 à 25,2 milliards de dirhams. Si la filière câblage reste le premier pôle d’exportation avec 59% des exportations de l’industrie automobile en 2012, ce sont les exportations de la filière construction automobile qui ont réalisé la plus forte progression, passant de 0,5 à 7,3 milliards entre 2007 et 2011. Les exportations de la filière construction représentent désormais 29% des exportations de l’industrie automobile.
La part des exportations de l’industrie automobile dans les exportations totales du Maroc est ainsi passée de 12,3% en 2007 à 18,4% en 2012. De plus, la balance commerciale du secteur est excédentaire depuis 2009, avec un excédent de 3,6 milliards en 2011 et 2,5 milliards en 2012.
La valeur ajoutée de l’industrie automobile à partir des réexportations en suite d’admissions temporaires pour perfectionnement actif (ATPA) a atteint 10,5 milliards en 2011 et 9,8 milliards en 2012, soit un taux de valeur ajoutée de 47,1% en 2011 et 39,5% en 2012. Ces réexportations représentent la quasi-totalité des exportations de l’industrie automobile (99% en 2012).
Les exportations du secteur sont très concentrées sur un petit nombre d’exportateurs. Ainsi, en 2012, si le secteur compte 107 sociétés exportatrices, les 10 plus grandes représentent 75,5% des exportations.
Le Maroc a su se faire une place
La part de marché mondial du Maroc représente 0,23% en 2012, dépassant ainsi celle de la Tunisie (0,15%) et de l’Egypte (0,08%). Le Maroc est ainsi le leader africain des exportations de produits automobiles. A titre de comparaison, la République tchèque, la Pologne et la Turquie représentent respectivement 2,3%, 1,7% et 1,4% du marché mondial. De plus, si les principaux concurrents africains et européens du Maroc ont vu leur part de marché diminuer en 2012, celle du Maroc a continué à progresser.
Les échanges commerciaux du Maroc dans le secteur automobile sont concentrés sur l’Union européenne, qui représente 93% des échanges avec un excédent net de 2,7 milliards de dirhams, et principalement sur la France et l’Espagne (67% des échanges et un excédent net de 4,3 milliards). Hors UE, c’est l’Egypte qui est le premier importateur de biens de l’industrie automobile marocain avec 764 millions de dirhams d’importations en 2012.
Ce bilan de l’Office des Changes vient conforter le Plan Emergence et l’orientation de la politique industrielle nationale vers les nouveaux métiers mondiaux du Maroc, la diversification de l’économie et son positionnement sur des créneaux de production plus intensifs en valeur ajoutée étant nécessaires pour résorber le déficit structurel de la balance commerciale.
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