Faut-il croire l’annonce de la mort programmée de Facebook ?
Deux chercheurs américains avancent que le réseau social, en perte de vitesse chez les jeunes, enregistrerait près de 80% d’utilisateurs en moins, en 2017. Une annonce fracassante qui mérite d’être prise avec précaution.
Mark Zuckerberg a de quoi s’alarmer à en croire les conclusions de deux scientifiques de la prestigieuse université de Princeton, aux Etats-Unis. Les cassandres de Facebook se nomment John Canarella et Joshua A. Specher. Ils signent en effet l’arrêt de mort précoce du réseau social. Rien que ça ! Les chercheurs déclarent que le site, qui enregistre 1,2 milliard d’utilisateurs à travers le monde, en perdrait près de 80% en 2017. L’annonce fait l’effet d’une bombe, avant d’être massivement reprise sur la toile. Pourtant, cette information, à « liker » - ou pas -, soulève de nombreuses interrogations voire des oppositions.
Facebook, une infection généralisée
Premier élément de contestation : le mode opératoire employé par les chercheurs américains pour réaliser leur étude sur le réseau social. Les spécialistes ont en effet appliqué un modèle dit épidémiologique pour évoquer les phases d’adhésion, de développement et enfin de déclin du réseau social, au même titre que s’il s’agissait d’un schéma de propagation des maladies virales. Le site spécialisé Vocativ, qui cite les chercheurs assurant que les « idées fonctionnent comme des infections, elles se répandent puis déclinent », pousse la comparaison encore plus loin. Il n’hésite pas en effet à assimiler Facebook à la peste bubonique et reprend les scientifiques qui soulignent que « l’abandon du réseau social correspond au rétablissement [guérison des suites de l’infection, ndlr] ».
Décrédibiliser l’étude
Si l’analyse est pertinente, elle ne manque pas d’audace pour autant. Les deux Américains ont en effet cherché à affiner leur méthode en l’appliquant au cycle de vie de MySpace, autre réseau social qui a noté une très rapide adhésion et un déclin expéditif. C’est aussi là que le bât blesse. Pour obtenir leurs projections, les chercheurs se seraient appuyés sur les données publiques de « google trend ». Des chiffres qui ne prennent pas en compte les connexions via application mobile, souligne le site Slate.
Désireux de décrédibiliser davantage la recherche, le site américain Technorati, ironise sur le profil des chercheurs. Ainsi, les scientifiques appartiennent certes à la fameuse Princeton mais ils évoluent dans le département de mécanique et d’ingénierie aérospatiale, et « n’aurait même pas de compte Twitter », ajoute le journaliste qui y voit une méconnaissance des réseaux sociaux.
Bien que l’étude soit à prendre avec des pincettes, elle surfe tout de même sur une tendance vérifiée. Facebook est bel et bien en perte de vitesse chez les jeunes, selon une recherche européenne menée par le Britannique Daniel Miller de l’Université London’s College. Le constat, qui se vérifie outre-Atlantique également, démontre que le réseau social de Mark Zuckerberg est de plus en plus déserté par les adolescents qui ne souhaitent pas y retrouver leurs parents de crainte d’y être espionnés. Ils lui préfèrent Twitter, Snapchat ou encore Instagram, davantage préservés. Une évolution qui enterrera probablement Facebook, au grand dam des détracteurs de l'étude américaine.
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