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Zineb El Adaoui, première femme wali, spécialiste de la bonne gouvernance

Une grande première dans l’histoire politique du Maroc: le roi Mohamed VI a nommé à Marrakech mardi 21 janvier une femme Wali. Cette nomination ne manquera pas d’ouvrir la voie à une féminisation du pouvoir régional.

Zineb El Adaoui, première femme wali, spécialiste de la bonne gouvernance

Le 22 janvier 2014 à 17h18

Modifié 22 janvier 2014 à 17h18

Une grande première dans l’histoire politique du Maroc: le roi Mohamed VI a nommé à Marrakech mardi 21 janvier une femme Wali. Cette nomination ne manquera pas d’ouvrir la voie à une féminisation du pouvoir régional.

Jusque là l’Administration Territoriale était la chasse gardée des hommes.

Zineb El Adaoui a été promue par le roi Wali de la région de Gharb-Chrarda-Beni Hsenn devenant ainsi la première femme à occuper la fonction de Gouverneure d’une province. La nouvelle wali de Kénitra inaugure une valse de nominations qui signe l’accession des femmes à de hauts postes de responsabilités au sein de l’Administration Territoriale.

Cette promotion a été saluée unanimement par les médias qui y ont vu une consécration de la place de la femme dans les rouages de l’Etat.

Un parcours professionnel riche

Née le 2 avril 1960, El Adaoui semble avoir plusieurs cordes à son arc car son parcours professionnel est à cet égard édifiant. Elle est le pur produit de l’école publique marocaine et il semble bien qu’elle ait fait ses preuves pour mériter une telle marque de confiance royale.

Il faut croire qu’elle enchaîne les premières car elle avait déjà été en 1984 la première femme marocaine à être nommée juge des comptes.A partir de 1993, elle intègre la cour des comptes comme présidente de section et en 2004 prend la tête de la cour régionale des comptes de Rabat.

Dans le cadre de ses travaux sur l’économie en Islam, elle avait été en 2007 l’une des rares femmes à animer une causerie religieuse devant le roi sur le thème de la sauvegarde des fonds publics en Islam. En 2010, elle faisait partie de la commission consultative de la régionalisation et en 2012 elle avait intégré la haute instance du dialogue social chargée de la réforme profonde de la justice.

Concernant son parcours universitaire, il apparaît utile de souligner qu’elle est titulaire d’un diplôme des études supérieures (DES) en Sciences économiques et qu’elle prépare une thèse de doctorat d’Etat sur «le contrôle de régularité au contrôle de gestion». Elle est aussi la sœur de notre confrère journaliste Abderahmane El Adaoui, ancien présentateur du journal télévisé de la 1er chaîne.

Une vision de la bonne gouvernance qui tombe à point nommé

Le crédo de la nouvelle Wali est la bonne gouvernance qu’elle avait exposé dans une intervention portant sur l’incidence des réformes sur la compétitivité du Maroc à l’Institut Royal des Etudes Stratégiques en septembre 2011.

Elle y énonçait que la problématique de la gouvernance se pose de plus en plus au Maroc car l’ensemble des réformes en cours n’ont malheureusement pas produit les résultats escomptés. Elle affirme que cette notion de bonne gouvernance doit être revue en se retournant vers ses fondements pour pouvoir arriver aux résultats que le citoyen est en droit d’attendre. Il ne suffit pas de vouloir réformer, il faut aussi s’interroger pour savoir pourquoi on réforme, comment, avec qui et pour conclure au profit de qui on entreprend ces réformes.

En réponse, elle assure que la compétence, la transparence, la performance et la reddition des comptes sont les mots-clés de la bonne gouvernance.

–          Les compétences sont essentielles pour permettre aux gouvernants habilités d’être capables de conduire le changement.

–          La transparence doit être totale car pour gouverner, il faut avoir un système d’information fiable et partagé par l’ensemble des acteurs en charge des réformes. Elle insiste sur le fait qu’elle est une condition sine qua none pour arriver à une bonne gouvernance.

–          Pour être performant, il incombe aux responsables de tracer des objectifs précis et fiables pour arriver aux résultats escomptés.

–          Elle lie le concept de responsabilité à celui de reddition des comptes car c’est là que souvent le bât blesse. La désormais gouverneure se félicite que la nouvelle constitution ait initié cette reddition pour garantir la bonne gestion de la chose publique.

Les femmes en ordre de bataille

Il semble que la nouvelle représentante du pouvoir central aura donc à cœur de mettre en pratique sa vision de la bonne gouvernance dans la province de Kénitra car à la place qu’elle occupe, elle aura toute latitude de s’y atteler.

Notons cependant que la nomination de la première wali a éclipsé le non renouvellement du mandat de Fouzia Imensar qui avait été la première femme gouverneure de préfecture au Maroc.  Deux femmes ont cependant été également promues gouverneur d’arrondissements du Grand Casablanca dont Najat Zerrouq pour Ben M’Sik, et Hanane Tajani qui occupera la même fonction au sein de l’arrondissement de Hay Hassani.Il convient de saluer la nomination royale qui devrait donner l’exemple aux partis politiques marocains et peut être d’ouvrir la voie à une future femme chef de gouvernement.

Si le défunt roi Hassan II affirmait que les Walis étaient capables d’impulser le développement au sein des régions, tout le mal que nous pouvons souhaiter à la nouvelle Wali est de réussir sa mission et de faire long feu.


 

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