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ECONOMIE

La production d’énergie menacée par la pénurie d’eau

La Banque mondiale met en garde contre la vulnérabilité du secteur de l’énergie à raréfaction de la ressource en eau, une question qui concerne le Maroc. Toutefois, face au changement climatique et au stress hydrique, des solutions existent.  

La production d’énergie menacée par la pénurie d’eau
Mélanie Xuereb
Le 22 janvier 2014 à 16h28 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

A l’occasion du Sommet mondial de l’eau et du Sommet mondial des énergies du futur qui se tiennent du 20 au 22 janvier à Abou Dhabi, la Banque mondiale lance son initiative Thirsty Energy.

A cette occasion, elle revient sur la liaison fatale qui existe entre eau et énergie et propose des solutions pour briser le cercle vicieux de la pénurie.

L’énergie a besoin d’eau et vice versa

Eau et énergie sont inextricablement liées dans la mesure où quasiment tous les processus de production d’énergie nécessitent de l’eau (pour l’extraction de combustible, le refroidissement des usines thermiques ou encore le fonctionnement des turbines hydrauliques) et les processus de traitement et de transport de l’eau nécessitent de l’énergie.

Outre l’aggravation du stress hydrique existant déjà dans de nombreux pays, dont le Maroc, la FAO estime que l’accroissement de la population mondiale – qui devrait atteindre 9 milliards – nécessitera un accroissement de la production mondiale agricole de 60% d’ici 2050 et exercera une ponction supplémentaire de 15% sur les ressources en eau. On estime également que la consommation d’énergie augmentera de 50% d’ici 2035, entrainant une augmentation de la consommation d’eau de 85%. Si bien que d’ici 2030, 50% de la population mondiale devrait vivre dans des zones connaissant un stress hydrique élevé.

De plus, le changement climatique exerce une pression supplémentaire du fait des conditions climatiques extrêmes, telles que les inondations ou les sécheresses prolongées.

Le secteur de l’énergie est particulièrement vulnérable : certaines usines ont déjà dû réduire leur production d’énergie notamment aux Etats-Unis, et des sécheresses récurrentes et prolongées menacent le potentiel de production hydroélectrique dans d’autres pays.

La faisabilité et la viabilité des projets d’énergie doivent donc être évaluées en tenant compte des disponibilités en eau. Les pénuries en eau menacent donc directement la sécurité énergétique d’un grands nombre de pays.

L’initiative Thirsty Energy

La Banque mondiale lance l’initiative Thirsty Energy pour favoriser l’émergence de solutions innovantes dans les arbitrages économiques, environnementaux et sociaux rendus nécessaire par les contraintes d’eau dans la sécurité énergétique.

L’initiative a également pour but d’aider les pays à élaborer une programmation intégrée des investissements en eau et en énergie dans le cadre d’une croissance durable prenant également en compte des effets estimés du changement climatique. En effet, malgré les interconnexions évidentes entre les deux ressources, leurs gestions font généralement l’objet de stratégies différentes.

Compte tenu de l’importance de l’eau et de l’énergie dans le développement économique, la connexion entre ces deux ressources est déterminante pour la croissance et la lutte contre la pauvreté. La production alimentaire est au cœur de l’arbitrage. Selon Rachel Kyte, vice-présidente de la Banque mondiale, « la pénurie d'eau menace la viabilité à long terme des projets énergétiques, avec de graves conséquences pour le développement ».

La recherche de solutions passe par la réduction des quantités d’eau utilisées dans les unités de production d’énergie et une exploitation des bénéfices des synergies existant entre eau et énergie, via par exemple la réalisation d’unité de production combinant la désalinisation et la production d’électricité. La réutilisation des eaux usées après traitement fait également partie des alternatives envisagées.

Où est en le Maroc dans tout ça ?

Jusqu’à présent, la gestion des ressources hydriques et énergétiques font l’objet de cadres stratégiques différenciés, bien qu’elles soient gérées par le même ministère. Le pays s’est doté d’un bon nombre de stratégies sectorielles mais peine à les connecter entre elles et à s’assurer de leur cohérence. Le problème soulevé par la Banque mondiale illustre parfaitement la nécessité d’interconnecter les différents secteurs comme autant de composantes d’une seule et même économie.

Selon la Banque mondiale, des discussions ayant le secteur de l’énergie pour point de départ sont entamées avec le Maroc compte tenu du fait que le pays doit faire face à la fois à un stress hydrique important et réduire sa dépendance énergétique.

Comme on l’a vu, les solutions reposent notamment sur la mise au point et l'adoption de nouvelles technologies. Dans le cadre des « inno-projets » qu’il finance, l’IRESEN pourrait sans doute encourager davantage la recherche de solutions intégrées, sur le modèle des deux projets de dessalement ayant faits l’objet des conventions de financement signées en décembre 2013.

Voici quelques liens pour en savoir plus sur le sujet :

-Sommet mondial de l’eau

-Sommet mondial des énergies du futur

-Communiqué de la Banque mondiale

 

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Mélanie Xuereb
Le 22 janvier 2014 à 16h28

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