Younes Diouri, 27 ans, architecte et inventeur de site web
Notre journaliste Najat Sghyar entame une série de portraits qu’elle croque à sa manière, d’une manière subjective et décalée. Aujourd’hui, Younes Diouri.
En 2007, pendant que je faisais la plonge à des mariages marocains non mixtes au fin fond du Nord-Pas-De-Calais, Younes Diouri, lui, étudiait l'architecture contemporaine au Brésil. Pour ce veinard, le climat chaud, les vieux buildings précoloniaux et les favelas sentaient bon le bled.
Rio de Janeiro présente les mêmes symptômes de grande métropole émergente complexée par son passé et pudique sur le changement. En fait, Casa ressemble au Rio des sixties, les bikinis des plages en moins.
Younes interroge alors Google sur ce qui se fait au Maroc mais le dieu du web donne sa langue au chat. Si les riads luxuriants et les jardins orientaux ont fait la renommée de nos médinas, il faut admettre que l'on entend rarement parler d'architectes contemporains innovants, qui auraient inventé des mosquées mobiles, des maisons en forme de babouche géante ou même résolu le mystère du grand salon marocain dans lequel personne ne s'assied jamais.
L'étudiant saisit l'occasion et crée aMush–mot-valise d'influence néo-geek qui signifie architecture Musharaka- dans lequel il fait participer les architectes du Maroc. Le concept communautaire plaît aux pros du Té qui reconnaissent au site un potentiel de plateforme de référence. Grâce à une idée aussi simple, le succès se concrétise enfin pour Younes Diouri. Entre Copacabana et la mer grise de Dunkerque, j'interpelle sur l'injustice circonstancielle de mon propre échec.
Younes est aujourd'hui architecte dans un grand bureau parisien et patron du site d'archi qui est devenu, avec le temps et quelques bannières de publicité, un projet viable et un business monétarisable surtout depuis que les élus casablancais se font taper sur les doigts pour négligence du paysage urbain.
Le problème avec l'architecture contemporaine, c'est qu'il est facile de se rater. Comme beaucoup de Marocains, j'ai la phobie du minimalisme, signe extérieur de pauvreté. Je suis accro à l'angle droit et je tiens à mon vieux confort carrelé. Je ne confierai sans doute pas les plans de ma villa à Younes Diouri, mais certainement ceux de ma ville. Bref, ce jeune architecte semble avoir suffisamment d'avance sur le niveau de créativité ambiant et de visibilité sur le secteur pour redonner sa blancheur à Casablanca. Il construira peut-être un jour la maison qui va avec le plus grand matelas du monde.
à lire aussi
Article : Visas au Maroc : BLS International renforce la sécurité des rendez-vous
BLS International renforce ses services de visa au Maroc grâce à l'IA et aux normes internationales renforce ses opérations au Maroc en déployant des outils de supervision en temps réel et de supervision opérationnelle au sein des systèmes d'attribution des rendez-vous et des environnements de service, afin d'assurer une expérience plus fiable et plus transparente aux usagers.
Article : Khalil al-Hayya élu à la tête du bureau politique du Hamas
Le Hamas a élu Khalil al-Hayya à la présidence de son bureau politique, en remplacement du défunt Yahya Sinwar, selon un communiqué publié sur son compte officiel Telegram. Le nouveau dirigeant s'est imposé avec 35 voix, contre 34 pour l'ancien chef du mouvement, Khaled Mechaal.
Article : La réforme des prix des médicaments relance le dossier de la rémunération à l’acte des pharmaciens
Le projet de décret révisant les prix des médicaments pourrait rouvrir un chantier longtemps resté en suspens : celui de la rémunération à l'acte pharmaceutique, qui permettrait de payer le pharmacien pour la dispensation et le conseil, et non plus seulement à travers sa marge sur les médicaments. Selon nos informations, cette piste est actuellement examinée avec les autorités concernées.
Article : Créances en souffrance : où en est le projet de marché secondaire ?
Le projet de loi encadrant la cession directe des créances a été transmis au Secrétariat général du gouvernement. Alors que leur stock atteint actuellement 102,3 milliards de DH, Bank Al-Maghrib travaille en parallèle sur les volets fiscal, judiciaire et prudentiel nécessaires à la création de ce marché.
Article : Tafilalet-Figuig : 1.276 zones minières cherchent preneurs
Le ministère relance son appel à concurrence pour attribuer des permis miniers dans cette vaste région de l’Est marocain. Le dispositif, fortement élargi, couvre désormais près de 27.000 km² et impose de nouveaux engagements sociaux et environnementaux aux candidats.
Article : Bologne : la mort d’un Marocain lors d'une arrestation secoue l’Italie
Installé en Italie depuis plus de trente ans, Abderrahim Fakir a perdu la vie le 19 juillet sous les yeux de ses voisins. Retour sur un drame qui ébranle la péninsule italienne.