En 2025, un Africain sur deux sera connecté à Internet
L’Afrique présente un potentiel énorme en matière d’internet à l’heure où seulement une minorité d’Africains a accès au réseau mondial, selon une étude de Mc Kinsey. Le Maroc fait partie des pays les plus avancés dans l’usage d’internet.
Une étude du Mc Kinsey Global Institute (MGI) intitulée Lions go digital et rendue publique le 20 novembre révèle que sur le milliard d’Africains actuels, 720 millions disposent d’un téléphone mobile, 170 millions utilisent Internet et 52 millions sont sur Facebook. C’est au Sénégal et au Kenya que l’impact économique d’Internet est le plus fort. Le Maroc et l’Afrique du Sud suivent.
L’étude examine l’impact d’Internet sur 14 économies africaines (Algérie, Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Mozambique, Nigéria, Sénégal, Afrique du Sud et Tanzanie) qui constituent 90% du PIB du continent et souligne, qu’aujourd’hui, 16% des Africains sont connectés, ce chiffre passant à 50% en 2025 avec un potentiel de PIB supplémentaire de 300 milliards de dollars d’ici 2025, le PIB africain en 2025 étant projeté à 3000 milliards de dollars, soit un gain de 10%.
200 millions d’Africains sont âgés de 15 à 25 ans, la tranche d’âge qui utilise le plus Internet. Mais « dès aujourd’hui, indique le MGI, 50% des urbains utilisent Internet régulièrement. 25% le font quotidiennement, emmenés par 47% des Kényans et 34% des Sénégalais ».
D’ores et déjà, soulignent les auteurs de l’étude, la moitié des Africains vivant en milieu urbain sont connectés grâce aux réseaux wifi et à la 3G. Le Sénégal, le Kenya, le Maroc et l’Afrique du Sud constituent le pack de tête de cette tendance. Dans ces 4 pays, les premiers essais pour la 4G ont démarré en 2013 avec un fonctionnement partiel à Dakar dès cet automne.
L’Intérêt de cette étude de McKinsey est de disséquer la contribution d’Internet à la croissance économique et d’analyser l’impact des réseaux sur la croissance économique et l’amélioration de la gouvernance. L’impact sur les services financiers, l’éducation, la santé, la distribution, l’agriculture et les services publics est analysé.
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Ainsi, selon le rapport, si Internet ne contribue encore qu’au 1,1% au PIB africain, ce chiffre se monte à 3,3% au Sénégal et 0,6% en Ethiopie. De manière inégale mais progressive, le transfert d’argent par le net, l’e-éducation, les consultations médicales en milieu rural par réseau commencent à faire leur apparition. Le Kenya est à 2,9%, l’Afrique du Sud est à 1,4%, le Nigéria et l’Algérie à 0,8%, et le Maroc à 2,3%. Selon MGI, cette contribution au PIB peut atteindre 5 à 6% d’ici 2025, le niveau actuel de la Suède ou de Taiwan.
Détail important : selon les pays, les secteurs impactés par Internet sont différents. Au Nigéria c’est la consommation et la distribution, au Maroc c’est la balance commerciale notamment en raison des nombreuses industries d’outsourcing (Business Process Outsourcing, BPO) implantées à Casablanca, Tanger, Kenitra et Salé. Dans d’autres, ce sera l’investissement public qui dominera, mais globalement, la consommation et le commerce extérieur dominent en termes d’impact.
Dans le cas du Maroc, le pays semble disposer d’une base d’impacts plus équilibrés entre la consommation interne, les dépenses publiques, l’investissement privé et la balance commerciale. En Egypte, en Afrique du Sud, au Nigéria, au Kenya ou au Mozambique par exemple, la consommation intérieure domine à plus de 63% et même à 87% au Kenya et à 99% au Mozambique.
Selon McKinsey, Internet et la connectivité globale ont contribué pour plus de 10% aux PIB de la Chine, de l’Inde et du Brésil entre 2007 et 2012. Pour le MGI, Internet a permis dans ces pays de rendre plus efficaces certains services publics tandis qu’il facilite les opérations des PME. MGI note que grâce au shopping online et aux sites comparatifs les prix sont en moyenne 10% moins chers sur le réseau.
Le scénario du leapfrog, ou saut de grenouille
MGI dont la spécialité est l’étude de marché détaillée et informée insiste sur quelques données dans son rapport, notamment le fait que grâce aux nouvelles technologies certains progrès peuvent être importants en un laps de temps assez court.
Ainsi le chiffre d’affaires des seuls usages et acquisitions des accès à Internet pourra se monter de 5,7 MM de dollars aujourd’hui à 35 MM de dollars en 2025. Ou encore : « Déplacer 10% du commerce de détail africain actuel sur le net peut rajouter 75 MM de dollars de revenus au secteur ». Mettre quelques initiatives de santé numérique et d’éducation online peut faire monter les dépenses publiques dans Internet de 2 MM de dollars aujourd’hui à 60 MM de dollars.
MGI insiste sur le boom du BPO (Business Process Outsourcing) en Afrique du Sud et au Maroc, le succès de Jumia dans la distribution au Nigéria et ailleurs. McKinsey voit des impacts importants du développement d’Internet en Afrique dans les services financiers prenant l’exemple du Kenya, tout en notant que 75% des adultes vivant au sud du Sahara ne sont pas bancarisés, ce qui est faible et donc représente un fort potentiel de développement.
Dans le secteur éducatif, des startups sud-africaines disposent de programmes d’e-learning accessibles sur téléphone mobile, tandis que dans le domaine de la santé, Internet est une solution aux difficultés d’accès, aux coûts et aux besoins élevés.
Dans le secteur de la distribution, MGI estime à 10% la part du commerce online dans le PIB africain en 2025. « Le e-commerce, note MGI, permet aux entrepreneurs et aux PME de se connecter à une large base de clients » sans compter l’importance de la contribution d’Internet à « la logistique du dernier kilomètre ».
Dans l’agriculture, secteur d’activité dont la croissance a des effets importants sur la lutte contre la pauvreté en Afrique, le MGI donnant en exemple l’East African Exchange qui organise de manière plus efficace collecte de l’information et plateformes logistiques pour les agriculteurs.
Enfin en matière de gouvernance, MGI estime que d’ici 2025, les pays africains pourraient avoir 50% de leurs services en ligne, économisant ainsi entre 10 et 25 MM de dollars par an.
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