img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Pour le patronat et les syndicats, 80% des entreprises ne respectent pas le Code du Travail

Le premier symposium sur l’importance du dialogue social et de la médiation en tant que leviers de compétitivité fait un constat sans appel. Un tour de table qui a mis en lumière les complexités des relations sociales au sein des entreprises.  

Pour le patronat et les syndicats, 80% des entreprises ne respectent pas le Code du Travail
H.O.M.
Le 22 novembre 2013 à 17h47 | Modifié 22 novembre 2013 à 17h47

« Nous n’en sommes pas au stade de développer nos acquis [sociaux, ndlr], mais malheureusement au point de tenter de faire appliquer le Code du travail », s’indigne Noureddine El Hadi, représentant de l’Union Nationale du Travail au Maroc (UNTM), l’une des principales confédérations syndicales invitées à prendre la parole au cours du premier symposium intitulé « Dialogue social et médiation : leviers de compétitivité de l’entreprise ».

Pour Jamal Belahrach, co-organisateur de l’événement et président de la Commission emploi et relations sociales (CGEM), le constat est également sans appel : « Sur le terrain, ça ne fonctionne pas ! Plus de 80% des entreprises marocaines ne respectent pas le Code du Travail ». Durant ce tour de table, patronat et syndicat ont résonné à l’unisson. Même son de cloche de part et d’autres devant les difficultés rencontrées par les entreprises marocaines.

Moins de conflits mais des tensions durables

Si les deux bords semblent avoir en effet accordé leurs violons, c’est avant tout car la non-conformité au Code du Travail est la principale source de conflit au sein des entreprises. Selon Hicham Zouanat, Vice-président de la CGEM, bien que les statistiques du nombre de conflits soient en légère baisse depuis 2004 – 240 crises annuelles contre 164 sur les neuf derniers mois de l’année 2013 -  la durée des conflits est, elle, beaucoup plus importante. Les tensions persistent davantage en l’absence de cadres législatif et conventionnel suffisants réglementant la gestion des antagonismes au sein des entreprises. Amal El Amri, représentante de l’Union Marocaine du Travail (UMT), précise qu’au cours des années 1960, le Maroc ne comptait pas moins d’une trentaine de conventions collectives. « Sur les trois dernières années, nous n’en n’avons relevé que neuf et seules deux d’entres elles ont été renouvelées » déclare la syndicaliste.

Le dialogue social et la médiation, une alternative capitale

Afin de palier ces lacunes, la CGEM, l’Observatoire Social International (OSI) mais aussi les représentants des différents syndicats, présents au cours de cette journée de débats, ont unanimement vanté les mérites du dialogue social et de la médiation en tant que facteur de gestion voire de prévention des conflits. Pour des raisons stratégiques, il ne s’agit « plus d’une option mais d’une nécessité pour les entreprises », souligne Jamal Belahrach. Il ajoute par ailleurs que si les firmes marocaines entendent atteindre un certain niveau de compétitivité, elles ne doivent plus subir les délais décisionnels du champ politique. Une conviction partagée par Muriel Morin, présidente de l’OSI qui assure que « les performances économiques sont indiscutablement amoindries sans les performances humaines » et sont le gage d’une entreprise pérenne.

Une tradition de médiation

L’OSI, fort de son expérience internationale et intervenant au Maroc depuis plus de dix ans, s’applique à fournir des pistes afin de favoriser la mise en place du dialogue social dans les entreprises locales.

Un vœu pieux ? Les dirigeants de la CGEM ne le pensent pas. M. Belahrach assure avec enthousiasme que 9 conflits sur 10 sont épurés grâce à la médiation. Le vice-président de la confédération patronale semble en revanche davantage mesuré. Il regrette l’absence de formation des médiateurs, un défaut qui les pousse à puiser « dans [leurs] réseaux d’anciens juges, avocats, syndicalistes reconnus pour leur sagesse ».

Néanmoins, pour Joseph Maïla, le Maroc dispose du socle culturel nécessaire au développement de la médiation. Ce directeur de l’Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation (Irene) rappelle que le Royaume a embrassé la logique de ce type de négociation, notamment avec le recours aux « hakim ». Les entreprises marocaines devraient se remémorer cet héritage ; faute de mieux, elles font preuve d’une volonté d’aller sur le terrain de la discussion et en finir avec « cette habitude d’assoir le pouvoir sur les salariés », comme le conclut M. Belahrach.

 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
H.O.M.
Le 22 novembre 2013 à 17h47

à lire aussi

Fortes chaleurs au Maroc : l’épisode se poursuit du lundi 6 au dimanche 12 juillet, jusqu’à 48 °C
Météo

Article : Fortes chaleurs au Maroc : l’épisode se poursuit du lundi 6 au dimanche 12 juillet, jusqu’à 48 °C

Sous l’effet du chergui et de l’extension de la dépression thermique saharienne vers le centre et le nord du pays, la DGM annonce des journées très chaudes avec des nuits peu rafraîchissantes dans les provinces du Sud, le Sud-Est, les plaines intérieures, le Saïss, Oulmès et l’intérieur du Souss. Une baisse temporaire est attendue à partir de jeudi avant une remontée graduelle des températures au cours de la semaine prochaine.

Importations : le taux de couverture à son plus bas niveau depuis 2018
ECONOMIE

Article : Importations : le taux de couverture à son plus bas niveau depuis 2018

Le Maroc importe des machines pour investir, de l’énergie pour fonctionner et des intrants pour produire. Ces achats-là sont difficiles à comprimer. Mais une autre catégorie avance plus vite, plus silencieusement : les biens déjà prêts à être consommés, des voitures de tourisme aux appareils électroniques. Leur progression depuis 2018 oblige à poser une question plus directe : le déficit commercial vient-il seulement de ce que le pays doit importer, ou aussi de ce qu’il ne fabrique pas encore assez ?

Introduction en bourse de T2S : 1,1 MMDH, modèle économique, ambitions à 2030… ce qu’il faut retenir
Actus

Article : Introduction en bourse de T2S : 1,1 MMDH, modèle économique, ambitions à 2030… ce qu’il faut retenir

T2S Group Holding inaugure la saison 2026 des introductions en bourse à Casablanca avec une opération plafonnée à 1,1 milliard de DH, dont 350 millions de DH d’argent frais pour le groupe et 750 MDH liés à la cession de titres existants. À 223 DH l’action, la medtech marocaine se présente aux investisseurs avec une valorisation de 4,86 MMDH et un plan de croissance qui vise 4,17 MMDH de chiffre d’affaires en 2030. Détails.

Insécurité au Mali : les exportations marocaines vers l'Afrique de l'Ouest sous pression
ECONOMIE

Article : Insécurité au Mali : les exportations marocaines vers l'Afrique de l'Ouest sous pression

Le Mali est l’un des grands pivots discrets du commerce routier marocain vers l’Afrique subsaharienne. C’est par ses routes que transitent des produits frais, du poisson, des légumes, des médicaments ou des équipements de bureau, avant de revenir parfois chargés de mangues, d’ananas ou de cacao. Mais la dégradation sécuritaire au-delà de Bamako oblige désormais les transporteurs à repenser leurs trajets, leurs coûts et leurs risques. Détails.

Heure légale : le décret actant le retour au GMT publié au Bulletin officiel
Quoi de neuf

Article : Heure légale : le décret actant le retour au GMT publié au Bulletin officiel

Le texte fixe au dimanche 20 septembre 2026, à 2 heures du matin, le recul des horloges de 60 minutes. Il abroge le dispositif de 2018 qui avait instauré le GMT+1 permanent, avec exception pendant le mois de Ramadan.

Toujours en grève, les avocats organisent un sit-in ouvert devant le Parlement ce lundi 6 juillet
DROIT

Article : Toujours en grève, les avocats organisent un sit-in ouvert devant le Parlement ce lundi 6 juillet

À l’appel de l’ABAM, bâtonniers, anciens bâtonniers et membres des conseils de l’ordre ont été conviés à Rabat pour maintenir la pression contre le projet de loi n° 66.23, adopté en deuxième lecture par la commission de la justice.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité