A quoi rêvent les jeunes marocains? Boulot, boulot, boulot...
Emploi, réussite professionnelle, projet de vie, couverture sociale, vie familiale, études… plurielles sont les attentes de nos jeunes concitoyens. Les résultats d’une étude sur les attentes de la jeunesse marocaine seront dévoilés le 30 novembre à Marrakech.
Lancée en 2012 par l’Office de coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient (Ocemo), l’enquête sur les aspirations de la jeunesse marocaine est la première d’une série d’études sur tout le bassin méditerranéen. Ces premiers résultats ont été récemment présentés à Marseille à l’occasion de la Semaine économique de la Méditerranée 2013.
Réalisée sur la base de 1.300 questionnaires soumis à un échantillon aléatoire de Marocains âgés de 15 à 34 ans, l’enquête a été réalisée dans la région de Marrakech-Tensift Al Haouz qui représente 10% de la population globale. L’objectif de cette étude est d’aider les jeunes en voie d’exclusion à se situer dans la société et dans l’entreprise et à mieux orienter l’action des décideurs publics et privés en faveur de cette catégorie sociale.
Ils souffrent de la précarité professionnelle
En attendant la publication détaillée des conclusions de cette étude, menée en partenariat avec l’ONDH (Observatoire national du développement humain), voici en avant-première quelques unes de ses conclusions. L’enquête révèle que, en dehors de clivages attendues entre hommes et femmes, ruraux et urbains, et différents niveaux scolaires, les jeunes interrogés se différencient aussi par leurs projets de vie et leur conception de la réussite sociale que 60% d’entre eux attribuent essentiellement au travail et aux réseaux.
Les emplois d’aides familiaux et ceux du secteur informel tiennent une part importante dans l’activité de ceux qui ont terminé leurs études.
Dans l’ensemble, 20% des jeunes occupent des emplois d’aides familiaux et cette activité est concentrée sur le milieu rural. Une situation tout de même rare chez les jeunes qui ont poursuivi des études au moins jusqu’au lycée.
D’une autre part, l’aspiration à un emploi garantissant une couverture sociale est largement exprimée par les jeunes étudiants ou encore ceux engagés dans des emplois précaires.
En effet, 90% des interrogés disposant d’un emploi ne bénéficient pas d’un système de sécurité sociale et 75% considèrent que la couverture sociale est un critère important de choix d’un emploi. Une attente exprimée par 80% des jeunes hommes (en milieu urbain). Une attente qui augmente avec le niveau d’études.
Plus encore, 69% des jeunes salariés déclarent travailler pour un employeur opérant dans l’informel.
Dans ces conditions de précarité professionnelle, ces jeunes se montrent inquiets pour leur avenir professionnel et personnel. De même, ils ont tendance à soutenir que les relations sociales sont un facteur majeur de réussite pour trouver un emploi.
Font-ils confiance dans les responsables politiques et économiques ?
L’enquête fait, ainsi ressortir, quatre groupes de jeunes : les jeunes optimistes (30%) sont les plus nombreux à se déclarer satisfaits de leur vie actuelle. Ils vivent fréquemment dans un ménage financièrement aisé et s’estiment dans une position sociale plus favorable que celle de leurs parents. Leur projet de vie est très orienté vers la sphère professionnelle et font confiance dans les responsables économiques et politiques.
Puis, il y a les jeunes centrés sur l’univers familial (23%), satisfaits de leur vie actuelle. Leur projet de vie consiste à fonder ou élever une famille. Ils se projettent peu dans l’univers professionnel et c’est pourtant au seul travail qu’ils attribuent la réussite.
Les jeunes assez satisfaits, (30%), pensent que les relations sociales et professionnelles sont le facteur dominant de réussite. Ils font confiance aux responsables politiques pour résoudre les problèmes des jeunes. Idem pour, les jeunes précaires qui constituent 17% de l’ensemble des répondants. Ces jeunes se déclarent préoccupés et très préoccupés des finances de leur ménage.
Autre conclusion importante : 57% des jeunes femmes du milieu rural enclavé ne sont jamais allées à l’école contre 36% des jeunes hommes.
Le plus étonnant est que non seulement les femmes issues du milieu urbain font de la parité une des trois principales priorités à l’échelle nationale, mais que les femmes du milieu rural, elles aussi, font ce choix. Ceci dit que ces femmes sont conscientes de leur situation actuelle et espèrent un changement.
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