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ECONOMIE

Les équipementiers automobiles identifient les créneaux à investir

Pour Renault Tanger ou l’export, de nouveaux produits doivent être lancés par les équipementiers, alors que le câblage représente aujourd’hui la principale activité. Autres points à améliorer : la logistique, la formation et la prospection.  

Les équipementiers automobiles identifient les créneaux à investir
Jamal Amiar
Le 21 octobre 2013 à 12h15 | Modifié 21 octobre 2013 à 12h15

Dans une étude finalisée par l’Amica (Association marocaine pour l'industrie et le commerce de l'automobile) à la fin du mois de septembre dernier et à laquelle Médias 24 a pu avoir accès,  les équipementiers automobiles marocains identifient ces créneaux de développement et d’investissement. L’objectif est d’exporter plus et de fabriquer des voitures plus intégrées sur le plan industriel. Ils exposent également une stratégie de réorganisation de leur secteur.

Parmi ces secteurs à investir figurent la connectique, les outillages pour l’emboutissage et la plasturgie, les emballages métalliques et plastiques, la maintenance et la location de machines de manutention, les ressorts, écrous, rondelles et vis.

Hors moteurs et boites à vitesses, les équipementiers produisent et exportent déjà plus de 30 milliards de DH de fournitures automobiles par an.

La profession doit développer la prospection internationale et la logistique

Pour le syndicat professionnel, présidé depuis juin 2012 par Hakim Abdelmoumen (Groupe Induver), 3 axes sont prioritaires afin d’améliorer la compétitivité des équipementiers et d’accroître le volume des exportations.

Outre le développement de la sous-traitance des rangs 2 et 3 - le rang 1 étant constitué des équipementiers fournisseurs directs des constructeurs automobiles - l’Amica suggère de renforcer les missions de prospection à l’étranger et projette l’organisation d’un salon international de la sous-traitance automobile à Tanger en 2014.

Le 2ème axe d’action consiste en l’amélioration des coûts logistiques et des délais. Il s’agit de faire baisser le coût de la traversée de traversée du détroit de Gibraltar de 350 à 200 euros et d’arriver à une durée de transit au port de Tanger-Med de 2 heures au maximum.

De 50.000, le nombre de remorques qui traversent le détroit de Gibraltar chaque année doit atteindre 100.000 en 2018. « Parce que de plus en plus de constructeurs installent leurs usines en Espagne et au Portugal, nous devons impérativement capitaliser sur notre proximité géographique de l’Europe et réduire les coûts logistiques » insiste-t-on à l’Amica.

Le 3ème axe concerne les ressources humaines. L’Amica, tout en saluant le succès des Instituts de formation aux métiers de l'industrie automobile (Ifmia) créés à Tanger-Med et à Kénitra, juge nécessaire de persévérer dans l’amélioration des formations techniques et professionnelles. Les équipementiers estiment les besoins annuels à 3.000 salariés dont la moitié d’ingénieurs, l’autre moitié se partageant entre ouvriers spécialisés et techniciens.

Si un troisième et un quatrième Ifmia doivent ouvrir leurs portes à la Tanger Free Zone au premier semestre 2014, l’Amica estime que l’université Abdelmalek Essaâdi, l’OFPPT et le privé doivent former plus de techniciens et plus d’ingénieurs.

Outre ce diagnostic technique précis quant aux besoins, aux forces et aux faiblesses du secteur, l’Amica regroupe désormais les principaux équipementiers marocains, étrangers ainsi que le constructeur Renault.

Pour M. Abdelmoumen, « l’expérience internationale démontre que le développement et la prospérité d’un secteur industriel commence aussi par une organisation professionnelle forte », citant notamment le cas du Mexique et de la Turquie.

Composé d’un tissu de 150 entreprises réparties entre Tanger, Casablanca et Kénitra, le secteur des équipements automobiles constitue l’un des 6 métiers mondiaux du Maroc et celui qui jusqu’à présent a le mieux réussi.

Objectif : +10 milliards de DH de CA d’ici 2015

Selon M. Abdelmoumen, «  de 30 milliards de DH en 2013, le secteur devrait atteindre un chiffre d’affaires à l’export de 40 milliards de DH en 2015 ». Sur ce chiffre de 30 milliards de DH, près d’un tiers concerne les exportations de véhicules montés. Le secteur emploie actuellement 85.000 salariés, soit l’équivalent actuel de « 2 Tanger Free Zone ou 4 zones industrielles de Moghogha ». La moitié du CA du secteur est encore constitué des câblages électriques.

Emboutissage, coiffes et sièges, vitrage, injection plastique, climatisation ou encore étanchéité constituent quelques-unes des activités du secteur.

Après Renault qui dispose désormais de deux unités de production au Maroc et de nombreux constructeurs européens qui s’approvisionnent auprès des industriels marocains, « l’objectif est d’assurer une baisse des coûts de transport et logistique et la préparation des compétences afin que les firmes internationales développent leur présence au Maroc » selon le président de l’Amica.

Pour M. Abdelmoumen, ce que « nous voyons depuis moins de 10 ans n’est que le début de l’émergence du secteur des équipementiers automobiles. Si nous garantissons une logistique compétitive et des compétences, les industriels étrangers et les multinationales viendront d’eux-mêmes. Maintenant ils observent », conclut-il, citant notamment le cas de multinationales, telle « l’Américaine Delphi qui, après avoir ouvert une unité au Mexique il y a 30 ans, en dispose aujourd’hui de 44 ».

Avec le constructeur Ford, Seat (Groupe VW) et Peugeot-Citroën sont aujourd’hui les deux autres constructeurs mondiaux les plus proches de conclure d’importants contrats avec les équipementiers marocains de Tanger, de Casablanca et de Kénitra.


 

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Jamal Amiar
Le 21 octobre 2013 à 12h15

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