Nobel: les lauréats seront dévoilés au cours de la semaine
La palette des candidats montre que le prix Nobel, récompense vue comme la plus prestigieuse au monde, couronne des combats intellectuels contre les énigmes de la nature aussi bien que ceux, plus dangereux, contre les violations des droits de l’Homme.
Après le prix Nobel de Médecine 2013, décerné lundi 6 octobre aux Américains James E. Rothman et Randy W. Schekman ainsi qu'à l'Allemand Thomas C. Südhof, d’autres récompenses vont être décernées au cours de la semaine.
Mardi pourrait voir le couronnement des chercheurs qui ont découvert le boson de Higgs, une percée vue comme l’une des plus grandes réalisations scientifiques du siècle. Sans ce boson, disent ses théoriciens, nous-mêmes et tous les atomes joints de l’univers n’existerions pas.
Pourtant, ces chercheurs pourraient attendre. Officiellement, il reste une possibilité, même lointaine, que la particule ne soit pas vraiment le boson de Higgs que cherchaient les physiciens, mais une particule nouvelle.
Récompenser cette découverte pose d’autres soucis. Faut-il mettre à l’honneur les théoriciens ou les praticiens? Comment couronner une découverte qui a nécessité les efforts de milliers d’individus?
Selon Maria Gunther Axelsson, journaliste scientifique au quotidien suédois Dagens Nyhteter, le prix de physique va reconnaître la nature collective de cette avancée. Elle a prédit qu’il serait partagé entre l’un des deux premiers théoriciens, le Belge François Englert (son comparse Robert Brout étant décédé), et les auteurs des premiers résultats expérimentaux, l’Italienne Fabiola Gianotti et l’Américain Joseph Incandela.
Pour le prix de la paix, vendredi, 259 candidats ont été nommés. L’Institut Nobel norvégien garde leurs noms secrets.
Pakistanaise qui a survécu après avoir reçu une balle dans la tête de talibans qui voulaient stopper son combat pour l’éducation des filles, Malala est donnée favorite à 2 contre 1 par le bookmaker Paddy Power.
Son très jeune âge, 16 ans, fait déjà débat. «Je ne suis pas sûr qu’il serait convenable, d’un point de vue éthique, de donner le prix Nobel de la paix à une enfant», a déclaré à l’agence de presse norvégienne NTB le directeur de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), Tilman Brück.
Autres favoris des parieurs: Denis Mukwege, médecin qui soigne les femmes violées en République démocratique du Congo, et Bradley Manning, ancien soldat américain condamné pour avoir transmis des montagnes de documents confidentiels à WikiLeaks.
En littérature, Ladbrokes place en haut de sa liste le Japonais Haruki Murakami (3 contre 1), l’Américaine Joyce Carol Oates (6 contre 1) puis, beaucoup moins connus, le Hongrois Peter Nadas (7 contre 1) et le Norvégien Jon Fosse (9 contre 1).
Le lauréat sera annoncé jeudi 10 octobre à 13H00 (11H00 GMT), a indiqué lundi l’Académie suédoise.
En chimie, Lena Nordlund, journaliste scientifique de la radio publique suédoise, disait qu’il n’y avait pas de favori clair.
L’économie clôt traditionnellement la saison, le prix sera décerné le 14 octobre.
Des Américains sont favoris. Hubert Fromlet, économiste suédois qui a plusieurs pronostics justes à son actif, a avancé dans le quotidien Svenska Dagbladet les noms de Robert Barro (Harvard) et Stephen Ross (MIT). Il croit aussi aux chances d’un Français, plutôt jeune par rapport à la moyenne des Nobel d’économie, Jean Tirole (Toulouse School of Economics).
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.
Article : ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévu
Après plusieurs semaines de tensions autour de ses statuts et de son processus électoral, l’ASMEX a finalement tenu, mardi 23 juin, son assemblée générale élective dans un climat apaisé. Sonia Mezzour a été élue présidente au terme d’un scrutin serré. Elle prend la tête d’une association appelée à tourner la page des crispations internes et à ouvrir rapidement le chantier de sa gouvernance.
Article : Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation
Le site de Rabat couvre désormais près de 40% de ses besoins électriques grâce au solaire, après l’installation de panneaux photovoltaïques, le passage à l’éclairage LED et la modernisation de la climatisation. Selon l’agence onusienne, ces mesures ont permis de réduire de 25% la consommation globale et de plus de 60% les émissions de carbone.
Article : Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026
Le futur fleuron sportif marocain a reçu le prix du jury dans la catégorie des projets sportifs non encore construits.
Article : Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest
Spécialisée dans les échanges entre le Maroc et l’Europe, Colis.ma poursuit son développement avec l’ouverture d’un corridor logistique vers le Sénégal, première étape de son expansion sur le continent africain.
Article : Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor
Chaque année, des millions de dirhams oubliés par leurs propriétaires ou leurs héritiers glissent discrètement vers les caisses de l'État. Au Maroc, la loi organise le transfert des avoirs en déshérence mais impose peu d'obligations pour retrouver leurs bénéficiaires. Enquête sur une zone peu explorée du système financier dont l'ampleur réelle demeure inconnue.