Siemens annonce la suppression de 15.000 emplois
Tout juste deux mois après avoir pris la tête du géant industriel allemand Siemens, Joe Kaeser, annonce le prix à payer pour la restructuration du groupe: 15.000 suppressions de postes dans le monde, dont un tiers en Allemagne.
«Les suppressions de postes en cours ou projetées dans le cadre du Plan Siemens 2014 sont de 15.000 dans le monde entier, dont 5.000 en Allemagne», a fait savoir dimanche un porte-parole du conglomérat de Munich (sud). Cela correspond à environ 4% de son effectif mondial actuel.
Le groupe compte sur les départs volontaires ou en retraite et les redéploiements internes pour éviter les licenciements secs.
Depuis la présentation fin 2012 d’un vaste plan d’économies de 6 milliards d’euros sur deux ans, il n’était pas un mystère que le coût social se traduirait par des milliers d’emplois en moins. Mais le groupe s’était jusqu’à présent refusé à communiquer un chiffre global, affirmant que cela était négocié branche par branche.
Siemens estime désormais que les représentants des salariés ont été informés et qu’il peut dévoiler l’addition. «D’abord, nous en parlons avec les salariés et ensuite nous communiquons», selon le porte-parole.
Un tout autre son de cloche se fait entendre chez le puissant syndicat IG Metall, présent au conseil de surveillance de Siemens.
«Il n’a jamais été communiqué aux représentants des salariés un chiffre global sur les suppressions d’emplois, c’est pourquoi nous sommes surpris et fort en colère», a déclaré le responsable du comité d’entreprise Lothar Adler à l’agence allemande dpa.
Une restructuration permanente
En prenant les rênes du groupe fin juillet, à la suite du limogeage de son prédécesseur Peter Löscher, Joe Kaeser, directeur financier jusqu’alors, avait assuré que la destruction d’emplois n’était pas un objectif en soit mais que, vu le contexte économique et la concurrence, le groupe était «en restructuration permanente».
Dans le détail, sur les 5.000 suppressions de postes en Allemagne, quelque 2.000 concernent le secteur industriel, 1.400 le secteur énergie, 1.400 l’activité infrastructures et 200 d’autres secteurs.
La répartition par zone géographique et par activité des 10.000 autres suppressions d’emplois n’a pas été précisée. Mais environ la moitié des suppressions d’emplois prévues est déjà intervenue sur son exercice fiscal annuel décalé, qui touche à sa fin ce lundi.
Néanmoins, Siemens assure qu’au 30 septembre, son effectif mondial de quelque 368.000 employés ne devrait pas bouger par rapport à l’an dernier. Le groupe a donc procédé parallèlement à des embauches dans des activités jugées plus porteuses, mais ne veut pas préciser où.
«Il est encore trop tôt pour donner un pronostic sur l’évolution des effectifs sur l’année à venir», a en outre déclaré le porte-parole interrogé par l’AFP.
Les analystes de Citi Research voient dans l’annonce de l’ampleur des réductions d’emplois le signe positif que «le nouveau patron Joe Kaeser est moins préoccupé par la taille du groupe (...) et davantage concentré sur les bénéfices et la rentabilité».
Un avis qui ne se traduisait pas dans le cours de Bourse, puisqu’à 10H00 GMT le titre de Siemens était en phase avec le marché, avec une baisse de 0,98% à 88,95 euros.
Il faut dire que les investisseurs ont encore peu d’indices sur la manière dont Joe Kaeser va personnaliser le plan de restructuration dont il a hérité de Peter Löscher. L’objectif initial est de redresser la marge du groupe, réduire l’écart avec les concurrents, General Electric en premier lieu, et se recentrer sur les activités les plus porteuses, comme les centrales électriques, les éoliennes, les trains ou le matériel médical.
«Il pourrait accélérer la restructuration du portefeuille et la réduction des coûts», anticipent les analystes de Citi.
Joe Kaeser devrait dresser sa feuille de route le 7 novembre, jour de la publication des résultats financiers annuels du groupe.
(Par AFP)
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