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ECONOMIE

Le CMC attribue une note «B» à la croissance marocaine

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) a octroyé une note «B» à la croissance marocaine en précisant qu'elle «est plus que jamais tributaire d'une demande intérieure animée par des augmentations de salaires, les programmes de l'habitat social et les dépenses d'infrastructures».  

Le CMC attribue une note «B» à la croissance marocaine
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Le 26 septembre 2013 à 11h39 | Modifié 26 septembre 2013 à 11h39

Le CMC qui a élaboré, à travers une analyse d'un ensemble d'agrégats de l'économie nationale, une appréciation qualitative de quelques composantes, selon une échelle décroissante de trois valeurs A, B et C, offrant ainsi un éclairage aux décideurs et autres opérateurs, a précisé que le modèle de croissance, qui est basé sur l'impulsion de la demande interne, fait largement appel aux importations, actionnant de ce fait le mécanisme d'un multiplicateur qui va transférer une grande partie des effets emplois et revenus vers l'étranger.

Concernant les réformes structurantes, le Centre qui leur attribue un «C–», a noté que le concours de l'ensemble de ces réformes, à caractère institutionnel, a pour objet de relever le défi d'une transition vers la durabilité du développement humain.

Sur le front des échanges extérieurs classés «C–» , le CMC juge que la Balance commerciale du Maroc est caractérisée par sa faible diversification quant à sa structure, ajoutant que son déficit a progressé de 10,2% en 2012 pour atteindre -200 milliards de DH contre 183 milliards de DH en 2011.

Cette contreperformance est expliquée notamment par le creusement de la facture énergétique (soit 99 milliards de DH) et du déficit en produits finis d'équipement pour l'équivalent de 46 milliards de DH, explique le CMC.

Concernant le secteur du tourisme, le Centre lui attribue un «B», en estimant que le secteur fait face à «une volatilité en manque de sérénité» sur fond de la contraction de l'offre touristique des marchés émetteurs en crise.

Toutefois, le CMC constate, en dépit de cette apathie, un relèvement des nuitées de plus de 4% dans les établissements classés.

«La solution de la relance réside, pour le ministère de tutelle, dans une stratégie qui permet de préserver la part du Maroc sur les marchés touristiques mondiaux, tout en opérant des percées sur de nouveaux marchés», recommande le Centre.

Concernant le secteur industriel, le CMC qui le note «C», estime que sa stratégie «semble s'inscrire dans la continuité», en qualifiant de «faible» le concours du secteur secondaire, avec 12% de la population active et pour moins de 12% au PIB, une part jugée, selon lui, «quasi immuable depuis des dizaines d'années».

«L'ébranlement causé par la crise financière n'a fait que confirmer et amplifier ce constat de contreperformance, aggravé en cela par une faible productivité du travail et un insuffisant investissement technologique», a-t-il estimé.

Par ailleurs, le centre a fait savoir que la productivité a un rôle essentiel dans la diversification productive et dans la mutation d'activités à faible valeur ajoutée vers des activités plus productives et plus compétitives.

Le marché du travail, un régulateur en mal d’adaptation

Sur le front de l'emploi, le CMC relève que le marché du travail souffre de nombreux dysfonctionnements dont les plus notables sont dus aux grandes asymétries d'une part entre secteur protégé et secteur informel et entre secteur public et secteur privé d'autre part.

En lui attribuant un «C», le Centre a mis l'accent sur le solide indice de rigidité de l'emploi, qui exprime les plus robustes contraintes qui pèsent sur l'embauche dans la région MENA.

«Cette rigidité de l'embauche et du licenciement, mal gérée par les partenaires sociaux, favorise le recours au marché de l'emploi informel et renforce la discrimination, l'inégalité et l'exclusion», a-t-il expliqué.

Une notation similaire «C» a marqué l'analyse de l'évolution du pouvoir d'achat marocain qui, selon le Centre, subit les répercussions négatives de «l'état des disparités des revenus et les inégalités qui caractérisent la distribution des fruits de la croissance».

Le Centre a, en outre, souligné la fragilité de l'équilibre, entretenu par une caisse de compensation, fortement mise à mal par le renchérissement, sur le marché international, des produits subventionnés.

Il a, dans le même cadre, noté que la réforme de la Caisse a exploré de nombreuses solutions techniques, pour réduire progressivement le soutien aux produits de base, précisant que la plupart de ces mécanismes s'avèrent d'application peu réaliste, d'autant plus qu'ils restent tributaires de la mise en place des mesures d'accompagnement.

Créé en 1990 par la Fondation ONA et Attijariwafa bank, le Centre marocain de conjoncture est un observatoire indépendant et privé de l'économie marocaine, spécialisé dans l'analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et la mesure d'impact.

Le CMC est également une institution de recherche et d'études macroéconomiques, sectorielles, démographiques et commerciales.

(Avec MAP)
 

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Le 26 septembre 2013 à 11h39

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