Taha Amiar : «Clean Tuesday veut promouvoir les technologies propres au Maroc»
Le directeur général de Massolia, nous parle avec «énergie» de l’association Clean Tuesday Maroc qui a présenté cette nouvelle structure à l’occasion du Salon des énergies renouvelables, actuellement à Casablanca.
Pourriez-vous nous parler un peu du concept et des objectifs de Clean Tuesday Maroc ?
L’association Clean Tuesday a été fondée en France en septembre 2008 à l’initiative de David Dornbusch. Son but est de soutenir le développement des Cleantech en France. Elle a acquis en moins de 5 ans un capital de notoriété et s’est fait une place originale et bien marquée dans le monde naissant des acteurs des Cleantech. Ce capital de notoriété s’est développé aussi en Chine, en Israël, au Canada, en Inde et au Maroc.
Clean Tuesday Maroc vise à répliquer ce modèle, en capitalisant sur la notoriété de son principal partenaire, Massolia.com, la première communauté en ligne dédiée aux technologies vertes et à l'environnement au Maroc. Clean Tuesday Maroc rassemble la communauté des professionnels des Cleantech autour des start-up et des PME, les grands groupes, les investisseurs et les collectivités locales.
Qu’en est-il de ses réalisations ?
Clean Tuesday Maroc a réalisé un important travail de réseautage avec différentes composantes du monde universitaire et industriel qui a abouti, en janvier 2011, à l’organisation d’une première rencontre sur «les perspectives de développement des énergies renouvelables au Maroc » avec la participation de la Faculté des Sciences de l’Université Hassan II, de Ahmed Squalli Président de l’Association marocaine de l’industrie solaire et éolienne (Amisole) , en présence de plus de 80 universitaires, industriels et institutionnels.
Cette expérience a été renouvelée, mardi 24 septembre, à l’occasion du Salon EnR organisé par la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM). Elle a consisté en un atelier d’information sur l’état des lieux et les perspectives de l’innovation dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique au Maroc avec la mise en valeur des institutions publiques œuvrant à la promotion de l’innovation en général (Mascir) ou celle spécifiquement dédiée aux énergies renouvelables (Iresen). Cet atelier a été une occasion de présenter les innovations développées par deux jeunes entreprises basées au Maroc.
Un mot sur la conférence d'aujourd'hui et sur cette première journée en général ?
La conférence d’aujourd’hui a rassemblé une large audience de professionnels, industriels et institutionnels qualifiés autour des applications innovantes développées par deux jeunes entreprises. L’entreprise Prod’Air basée à Rabat a présenté ses solutions, développées en interne, permettant une optimisation de la gestion des réseaux électriques à grande échelle et notamment son offre spécifique dédiée au pilotage et contrôle de l’éclairage public avec des résultats probants à Marrakech. Aqylon, une jeune entreprise française titulaire de plusieurs brevets et dédiée à la performance énergétique dans l’industrie, a développé des méthodologies innovantes qui permettent de détecter les surconsommations et permettre une réduction substantielle, pouvant atteindre entre 30% et 75% de la facture énergétique, en fonction des secteurs d’activités.
Badr Ikken, DG de l’Iresen(Institut de recherche dans l’énergie solaire et de l’énergie nouvelle), a expliqué à l’assistance les réalisations de son entité qui s’organise comme une agence de moyens du Ministère de l’énergie, des mines, de l’environnement et de l’eau avec notamment trois appels à projets au profit de groupes constitués par des entreprises et des laboratoires universitaires de recherche. Ali Guedira, directeur général adjoint de Mascir (Fondation marocaine pour la science avancée, l’innovation et la recherche) a présenté l’offre de services de Mascir qui consiste en la promotion du développement technologique, de l’innovation et de la valorisation aux partenaires et clients industriels, académique et institutionnels en particulier dans les domaines des nanotechnologies, de l’électronique, de l’environnement, de l'énergie, de l’eau et de la santé.
Plus tôt dans la journée, des conférences étaient particulièrement intéressantes avec une programmation riche et complémentaire, entre présentations d’entités publiques dédiées comme la SIE (Société des investissements énergétiques) et l’Aderee (Agence de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique) et le traitement des problématiques propres aux sites isolés. Le bâtiment et la promotion immobilière ont été à l’honneur avec une conférence sur les freins à la généralisation des techniques d’efficacité énergétique et des pratiques d’audit énergétique sur le résidentiel et le tertiaire.
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