Affaire Jihane et Hiba: lecture croisée des pv de police

Les procès verbaux des quatre interrogatoires de police dans l’affaire de viol de Jihane et de Hiba font le tour de la toile. Avant l'audience fixée au 7 octobre prochain,  Médias 24 a réalisé une lecture croisées des propos des pv.  

Affaire Jihane et Hiba: lecture croisée des pv de police

Le 11 septembre 2013 à 17h26

Modifié 11 septembre 2013 à 17h26

Les procès verbaux des quatre interrogatoires de police dans l’affaire de viol de Jihane et de Hiba font le tour de la toile. Avant l'audience fixée au 7 octobre prochain,  Médias 24 a réalisé une lecture croisées des propos des pv.  

 A l’origine, une page sur le réseau social Facebook, créée le 23 juillet dernier en soutien aux mères des deux victimes. C’était à la veille de l’audience devant la cour d’appel de Rabat, où comparaissaient les deux présumés coupables, Khalil B. et Rabii T. : une page de mobilisation et d’information. Aujourd’hui, il y a deux pages sur FB qui s’activent autour de l’affaire : la première se dit neutre tandis que la seconde soutient les deux mamans et les deux victimes.

 Parallèlement, une campagne d’affichage de 4*3 a été lancée autour du thème de la justice.

Médias 24 donne ci-dessous une lecture croisée des différents pv, que nous n’avions pas voulu publier jusqu’à présent.

Les plaintes de Jihane et de Hiba  sont datées du 19 juillet 2013. La première a été enregistrée à 15 heures et la seconde à 17 heures.  Les deux sont formulées à l’encontre de Khalil B. et Rabii T. pour kidnapping, séquestration, viol sous menace, agression et blessures au moyen d’armes blanches.

Il ressort de la lecture des procès verbaux, que les deux jeunes filles rapportent le même déroulement des faits.

 «Le 4 juillet 2013, vers minuit trente, alors que je me trouvais chez moi en compagnie de mon amie Hiba, nous nous préparions à aller rejoindre nos amis à l’Amnesia pour fêter leur réussite au baccalauréat. Je reçois alors un appel de l’ami de la famille, Rabii T., qui me dit-il, se dirigeait vers un restaurant pour fêter l’anniversaire de son cousin maternel. Il me demanda de l’y accompagner. Je lui explique que nous allions avec mon amie Hiba à l’Amnesia (pour les raisons indiquées plus haut). Il me dit de l’amener avec moi et il promet de nous déposer en boîte ensuite. Je lui dis que je devais consulter Hiba à ce sujet. Je lui ai précisé que nous ne resterions avec lui que jusqu’à une heure du matin. Après l’acceptation de Hiba et de mes parents, Rabii  arriva dans sa Peugeot 206 en compagnie de Khalil. Rabii a rassuré ma mère, puis nous sommes partis », relate Jihane.

A ceci réplique Rabii, lit-on dans le procès verbal, daté du 23 juillet à 13 heures :

 « Le 4 juillet 2013, vers minuit, j’ai reçu un appel de la part de Jihane, me demandant si je pouvais l’accompagner elle et son amie à une sortie. Je lui ai dit que je me dirigeais vers un restaurant en compagnie de mon ami Khalil. Elle me demanda si elle et son amie pouvaient nous y accompagner. J’ai accepté et j’ai été les récupérer au domicile de Jihane. En chemin, j’ai passé un coup de fil à l’un de mes amis, qui me dit que le restaurant fermerait bientôt ses portes. Nous sommes allés alors dans un bar, nous avons tous bu et mon ami Khalil a laissé en caution sa carte d’identité pour pouvoir prendre une bouteille de vin ».

Hiba poursuit à son tour et déclare dans le PV daté du 19 juillet à 17 heures :

« Une fois dans le quartier Hassan, nous nous dirigeâmes vers un endroit, que nous découvrons être un bar. Ils arrivent à nous convaincre que l’on n’y resterait que le temps de prendre un verre rapidement. Ils nous proposèrent de nous joindre à eux, mais nous avons juste pris un jus de fruits.

Ensuite, nous sommes montés en voiture et pris la direction de l’Amnesia. En route, Rabii nous a signifié qu’il passerait prendre une amie belge pour qu’elle passe la soirée avec nous en boîte. Et il a pris la route en direction du quartier Harhoura. Au parking situé face à la mer, Rabii a eu une conversation téléphonique privée avec son amie belge, qui lui a indiqué qu’elle se trouvait à l’Amnesia. Il se tourne vers nous et nous dit que nous allions l’attendre sur place. Nous avons paniqué et lui avons demandé d’aller à Amnesia, puisque son amie y était. Il passe un coup de fil, nous dit-il à sa sœur et à sa tante. Elles nous ont rejoints et on nous les a présentées comme Zineb et Kaoutar. Leur présence nous a rassurées ». 

 

A Jihane de continuer sa narration :

« Vers 2 heures du matin, suite à notre insistance d’aller à Amnesia, les deux accusés nous informent que nous irons au domicile du père de Khalil au quartier Bir Kacem pour récupérer quelque chose. Et qu’ensuite, ils nous emmèneraient en boîte.  En chemin, Rabii  nous a emmenées dans un terrain vague qui ressemble à un lotissement immobilier, il y faisait très sombre. Il s’est garé. Nous avons eu très peur. Nous avons prétexté un besoin urgent et avons  tenté de nous enfuir. Mais ils nous ont rattrapées et insultées, menacées et ordonnées de répondre à leurs désirs sexuels…C’est à ce moment que Khalil s’est jeté sur moi, m’a fait tomber et sous la menace d’un couteau suisse, il m’a ôté mon pantalon, il m’a embrassée et a tenté de me violer malgré mes supplications,  mes cris et ma résistance. Mon amie Hiba est intervenue et a tenté de me sauver, sauf qu’il l’a agrippée. Elle a accouru vers  la voiture qui était garée à 200 mètres. Elle reprochait à Rabii ce qu’était entrain de faire son ami. A ce moment, m’ont rejoint Hiba et Khalil la poursuivant. Il a menacé de la violer à ma place, puisqu’elle m’avait défendue. Il a brandi une barre en fer. Il nous a menacées avec, j’ai eu une crise d’asthme et me suis évanouie ».

Hiba raconte la suite :

« Jihane s’est évanouie, puisqu’elle est asthmatique. Il me rattrape et me force  à monter dans la voiture. Aussitôt,  il a commencé à m’embrasser, me caresser, il m’enlève le pantalon et me caresse mes parties intimes avec les mains, la langue et me mord. Il a enlevé son pantalon et me viola sans pénétration. Puis, il me tire les cheveux et me force à la fellation jusqu’à éjaculation. Arrive Rabii, il entreprend de m’embrasser, me viole sans pénétration et éjacula en diffusant son sperme sous le siège arrière de la voiture. Les agressions ont duré de 4 heures à 9 heures  du matin. Avant qu’ils nous ramènent au quartier Agdal, ils nous ont amenées à la plage Harhoura et ils se sont baignés.  Ils nous ont menacées de la pire des punitions, si nous déposions plainte ou si nous informions nos familles,  en raison de leur réseau d’influence ».

Jihane  reprend  la suite des événements.

« Une fois éveillée, j’ai vu mon amie Hiba dans la voiture, qui criait. Khalil était à ses côtés  sans pantalon.  Ensuite, c’est au tour de Rabii d’enlever le sien et de violer mon amie dans la voiture. Khalil est revenu vers moi, me fit tomber. Il tenta de me violer une seconde fois, je me suis débattue. Il m’a tirée par les cheveux et a continué ses attouchements ».

La réponse des deux accusés.

« Au parking, nous avons bu ensemble la bouteille de vin. Nous y sommes restés jusqu’à l’arrivée de ma tante paternelle Myriem et ma sœur Kaoutar. Après avoir discuté avec les plaignantes, elles nous ont quittés. Nous y sommes restés jusqu’à 7 heures. Mon ami Khalil  s’est baigné. Puis retour à Rabat et nous avons déposé les filles chez au domicile de Jihane.  Aux Sables d’or, avec Hiba, nous avons flirté avec son consentement, sans l’agresser.  Je n’ai pas enlevé mon pantalon, Hiba disant qu’elle ne voulait et qu’elle était toujours vierge.  Je dispose d’une barre en fer, déposée constamment et visiblement du côté conducteur pour me défendre. Et c’est cette barre que vous avez récupérée dans ma voiture, comme pièce à conviction.  Pour sa part Khalil a flirté avec Jihane sans qu’il ôte son pantalon, sans menace. Jigane et Hiba voulaient terminer la soirée à l’Amnesia et c’est moi qui les ai convaincues d’aller à la plage de Haroura. Jihane se s’est pas évanouie ni fait de crise d’asthme. Car elle a appelé sa mère vers 2 heures, lui disant  qu’elle ne devait pas s’inquiéter », indique  Rabii.

Laquelle version est appuyée par les déclarations de Khalil :

 « J’ai connu les deux plaignantes, à travers mon ami Rabii. A minuit, on se dirigeait vers le restaurant le Réservoir. Il a reçu un appel téléphonique de Jihane, elle et Hiba voulaient nous accompagner. Nous sommes passés les prendre. Sur la route, en allant au restaurant, Rabii appelle un ami et apprend que l’endroit est sur le point de fermer ses portes. J’ai alors proposé d’aller dans un bar où je suis client. Après avoir consommé de l’alcool, nous sommes allés vers Harhoura après avoir pris une bouteille. Je suis allé chez moi à Zear pour récupérer de l’argent. Sur la route vers la plage Les Sables d’or, Rabii s’est arrêté pour effectuer ses besoins. Une fois dans le parking des Sables d’or, nous avons bu ensemble la bouteille de vin. Ensuite, la tante de Rabii, Meriem et sa sœur nous ont rejoints. Elles nous ont quittés après avoir discuté avec nous. Nous sommes restés ensemble jusqu’à 7 heures du matin. Je me suis baigné et puis retour à Rabat. Et  nous avons raccompagné les filles. Aux Sables d’Or, j’ai flirté avec Jihane avec  son consentement, sans violence, sans ôter  mon pantalon. Rabii dispose d’une barre en fer, qu’il conserve dans sa voiture pour se défendre ».

A l’issue de l’interrogatoire chez la Police Judiciaire, les deux présumés coupables  ont adressé leurs excuses aux deux jeunes filles. Il reste au juge, le 7 octobre prochain, d’apprécier les arguments des uns et des autres. A suivre.


 

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