Crise syrienne: le G20 tente de se remettre au travail
Un G20 figé dans ses divisions sur la crise syrienne tentait vendredi à Saint-Pétersbourg de se remettre au travail dans un climat tendu, les Etats-Unis accusant les Russes de prendre l’ONU «en otage».
Le dîner officiel de jeudi soir a été largement consacré à la guerre civile en Syrie, chacun exposant son point de vue sur les accusations d’utilisation d’armes chimiques et sur l’opportunité de frapper Damas, comme le souhaite Barack Obama.
«Les forces étaient divisées à peu près de manière égale», a déclaré aux agences russes le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.
Une source de haut-niveau a estimé que les discussions ont été décevantes en raison du manque d’ambition, mais que M. Poutine a pris garde de ne pas aggraver les tensions.
La Russie est un soutien indéfectible du régime de Bachar al-Assad et s’oppose à toute intervention militaire américaine, opposant son veto au Conseil de sécurité de l’ONU et agitant le spectre d’une escalade militaire dans la région.
A tel point que l’ambassadrice américaine auprès de l’organisation internationale a accusé jeudi Moscou de prendre le conseil de sécurité en «otage».
«Il n’y a pas de possibilité de progrès dans ce Conseil de sécurité», a tempêté Samantha Power.
Vendredi matin, certains, comme le secrétaire général de l’Onu Ban ki-Moon, tentaient de sauver ce qui pouvait l’être.
Le responsable onusien s’est entretenu vendredi matin avec François Hollande et Recep Tayyip Erdogan, deux membres du camp favorable à une intervention, et avec Angela Merkel, qui estime elle qu’il ne peut y avoir de solution que politique.
Selon des sources allemandes, la chancelière lui a demandé de fournir «le plus vite possible» les résultats de l’enquête des inspecteurs des nations unies sur l’attaque chimique du 21 août.
Mme Merkel a elle aussi multilplié les rencontres bilatérales. Alors qu’elle brigue dans deux semaines un troisième mandat, elle est prompte à vouloir rassurer une opinion publique allemande largement anti-militariste.
Situation humanitaire
Ban ki-Moon a aussi participé à une réunion de travail sur la situation humanitaire, déclarant que l’action humanitaire «souffrait de limitations d’accès, de l’insécurité et les difficultés financières».
«Je dois avertir qu’une action militaire mal préparée pourrait avoir des conséquences tragiques», a ajoute Ban ki-Moon, qui est opposé à l’option militaire.
L’envoyé spécial de l’ONU Lakhdar Brahimi, appelé à Saint-Pétersbourg jeudi par le secrétaire général pour l’aider à plaider la cause onusienne, devait participer vendredi à la mi-journée à un repas de travail avec les ministres des Affaires étrangères du G20.
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, dont le pays est favorable à une intervention, devait rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov vers 08H00 GMT.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Vladimir Poutine et David Cameron se sont vus pour parler de la crise syrienne. Le Premier ministre britannique a déclaré jeudi avoir de nouvelles preuves de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.
En revanche, rien n’a filtré sur la Syrie de la rencontre bilatérale entre Barack Obama et le président chinois Xi Jiping, dont le pays, à l’instar de la Russie, bloque aussi toute intervention militaire au Conseil de sécurité de l’ONU.
Depuis plusieurs jours la crispation entre Etats-Unis et Russie va croissant.
Jeudi, trois navires de guerre russes ont franchi le détroit turc du Bosphore pour se rendre près des côtes syriennes.
La tension monte à mesure qu’approche le 9 septembre, date officielle de la rentrée des parlementaires américains qui seront appelés à se prononcer pour ou contre des frappes américaines.
Depuis Saint-Pétersbourg, Barack Obama continuait jeudi à exercer une pression sur les élus pour obtenir leur soutien, mais la partie s’annonçait serrée, à tel point que le président a annulé un déplacement prévu lundi pour défendre politiquement l’intervention.
Ce même 9 septembre, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem sera chez son allié russe, à Moscou.
En Syrie, les rebelles se sont retirés de l’une des entrées de Maaloula dont ils avaient pris le contrôle mercredi, a affirmé l’opposition soulignant sa volonté de préserver les monuments religieux et archéologiques de cette antique cité chrétienne située au nord de Damas.
Maaloula, qui se trouve à 55 km de Damas, est l’un des plus célèbres localités chrétiennes de Syrie et ses habitants parlent l’araméen.
(Avec AFP)
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