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Dur, dur de décrocher un stage

Piston, manque de communication, quasi absence de rémunération, inadéquation entre l’offre et la demande, etc. Beaucoup reste à faire pour améliorer l’accès aux stages, comme le démontre le 1er baromètre réalisé au Maroc.  

Dur, dur de décrocher un stage
Ilham Mountaj
Le 30 août 2013 à 14h30 | Modifié 30 août 2013 à 14h30

Enfin, un baromètre sur le marché des stages au Maroc. La première plateforme gratuite de mise en relation entre étudiants et recruteurs, Stagiaires.ma, vient de dévoiler les résultats du premier baromètre effectué sur le marché de stages au Maroc, en partenariat avec BMarketng. Il faut avouer qu’il était temps !

Premier constat surprenant : si 84% des entreprises interrogées déclarent avoir besoin de stagiaires, seulement 38% d’elles fait appel à eux ! Et encore, 75% des entreprises affirment rencontrer des difficultés à trouver des stagiaires ! Pourtant ,des étudiants en cycle supérieur, on n’en manque pas. Selon les statistiques du ministère de l’Eseignement supérieur, le Maroc compte plus de 544 509 en 2013.

L’étude, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 2.800 étudiants du cycle supérieur ayant effectué au moins un stage et de 310 managers RH et non-RH, indique que les recruteurs ont des difficultés à trouver des stagiaires. «En premier lieu, la disponibilité des stagiaires (pour 77% d’entre elles), la qualité des profils des étudiants (70%) et la méconnaissance des sources de recrutement (57%)».

Des canaux de recrutement traditionnels

Toujours côté recruteur, les managers prospectent les candidats «majoritairement» à travers leur base de CV interne (63%) et leur réseau personnel (52%) alors qu’ils sont seulement 29% à avoir recours à internet. Malheureusement, le «piston» est encore le canal à prédilection dans la recherche de stagiaires. Comme c’est le cas dans le recrutement pour l’emploi, le procédé se fait au détriment de la qualité des profils alors que les plateformes en ligne garantissent une diversité d’étudiants qualifiés disponibles immédiatement.

Généralement, pour 84% des répondants, ces stagiaires sont recrutés pour faire face à une hausse temporaire de la charge de travail et 50% dans la perspective d’un recrutement à un poste de titulaire. Les étudiants les plus qualifiés (Bac+4 et plus) sont les plus sollicités par les entreprises car leur degré d’opérationnalité est perçu «plus élevé». Toutefois, l’étude démontre que les étudiants qui recherchent un stage sont majoritairement en 3e année.

De l’autre côté, les étudiants. 96% des interrogés déclarent attendre de leur école des propositions d’offres de stage. En pratique, ils ne sont que 64% à affirmer avoir été accompagnés que ce soit à travers des partenariats avec les entreprises (49%) ou à travers des offres négociées par l’administration et les professeurs de leur établissement (15%).  Tandis que le tiers des étudiants déclare que son école ne l’a aidé, sous aucune forme.

D’après les résultats de l’enquête, il s’avère que les établissements d’enseignement supérieur ne jouent que «partiellement leur rôle» d’insertion des jeunes sur le marché du travail dans un contexte où les stages en organisation constituent la porte d’entrée privilégiée sur le marché du travail. En effet, 64% des managers s’attendent à ce que ces établissements assurent un suivi et un encadrement de leurs étudiants pendant leur stage. Ils s’attendent également (70%)  à ce qu’ils adaptent leur formation à la réalité du terrain.

Inadéquation entre l’offre et la demande

Ainsi, au niveau des entreprises, les départements les plus demandeurs de stagiaires sont les fonctions commerciales (42%), les départements production et technique (41%) et les directions marketing (41%). Les besoins du marché des stages suivent donc la tendance du marché du travail qui demande en majorité des profils commerciaux et des ingénieurs spécialisés. Ce qui n’est pas le cas. L’enquête montre que les étudiants recherchent en priorité des stages en marketing et communication (25% des étudiants répondants) et en informatique (20%). Ils sont seulement 15% à la recherche d’une mission commerciale.

Pour ce qui est de la durée des stages, majoritairement, elle est de 2 à 4 mois. Les plus longs stages profitent mieux aux étudiants et aux entreprises. Ils permettent de favoriser le recrutement au terme du stage et de mieux former les étudiants stagiaires aux missions qui leur sont confiées. La période des stages la plus demandée est sans aucun doute de juillet à septembre, ce qui correspond à la fois la période suivant les partiels de fin d’année et les départs en congés, pour les entreprises.

Des stages rémunérés ?

Pas beaucoup !  D’après les réponses combinées des étudiants et des recruteurs interrogés, seulement un tiers des missions réalisées en entreprise par les étudiants sont indemnisées. Les rémunérations sont plutôt faibles (moins de 2.000 DH/mois) en comparaison avec les pays européens qui réglementent la rémunération des stagiaires de longue durée et fixent les montants d’indemnité minimum.

Pour conclure, le constat le plus inquiétant de cette étude est le manque de communication entre les deux parties : les étudiants demandent à être mieux encadrés et les managers attendent une meilleure intégration des stagiaires dans l’équipe de travail. En chiffres : ils sont près de 45% d’étudiants à déclarer être insatisfaits ou très insatisfaits de leur stage et 33% des managers à en dire de même de leur stagiaire.

Seulement une minorité des managers et des étudiants se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur stage (33% des étudiants) et de leur stagiaire (34% des managers).

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Ilham Mountaj
Le 30 août 2013 à 14h30

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