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Syrie: l'ONU examine une résolution condamnant l'attaque chimique présumée

Londres présente mercredi une résolution au Conseil de sécurité ouvrant la voie à un recours à la force contre le régime syrien, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques, mais devrait se heurter à l’opposition de Moscou qui exige un rapport des enquêteurs de l’ONU avant toute décision.  

Syrie: l'ONU examine une résolution condamnant l'attaque chimique présumée
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Le 28 août 2013 à 13h34 | Modifié 28 août 2013 à 13h34

Selon un haut responsable américain, les Etats-Unis, qui accusent le régime de Bachar al-Assad d’une attaque meurtrière au gaz toxique le 21 août près de Damas, écartent une action militaire unilatérale et ont discuté avec leurs alliés d’éventuelles frappes qui pourraient durer plus d’un jour.

«Le Royaume-Uni a rédigé une résolution condamnant l’attaque à l’arme chimique par (le président) Assad et autorisant les mesures nécessaires pour protéger les civils», a annoncé le Premier ministre britannique David Cameron sur Twitter, précisant que le projet serait présenté mercredi au Conseil à New-York.

Mais la Russie, qui a bloqué avec la Chine par le passé plusieurs résolutions menaçant de sanctions le régime syrien, a jugé «inopportun» une telle réunion avant que les inspecteurs de l’ONU en Syrie n’aient présenté leur rapport sur l’attaque chimique présumée.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a également mis en garde contre une frappe, évoquant un risque de «déstabilisation supplémentaire de la situation dans le pays et la région», tandis que le Guide suprême iranien Ali Khamenei, dont le pays est un autre allié de Damas, jugeait qu’une action militaire «serait un désastre pour la région».

Ces dernières heures, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne notamment s’étaient déclarés prêts à agir, non pas pour renverser le régime syrien, mais pour le «dissuader» d’avoir de nouveau recours à des gaz toxiques.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague avait même estimé lundi qu’une action serait possible sans aval du Conseil de sécurité. Mais plusieurs pays, dont l’Italie et la Norvège, se sont dits opposés à toute intervention en l’absence de mandat de l’ONU.

L’envoyé spécial de la Ligue arabe et de l’ONU, Lakhdar Brahimi, a lui-même averti que le feu vert du Conseil était nécessaire.

«Agir pour la paix»

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé de son côté les membres du Conseil de sécurité «à s’unir afin d’agir pour la paix» en Syrie, en condamnant l’utilisation en général des armes chimiques mais sans se prononcer sur l’opportunité d’une frappe.

M. Cameron et le président américain Barack Obama n’ont «aucun doute sur la responsabilité du régime» syrien dans l'«attaque chimique» meurtrière, a déclaré Downing Street, pour justifier une éventuelle intervention.

Le gouvernement américain doit rendre publique cette semaine une partie d’un rapport des services de renseignement étayant la responsabilité du régime.

Selon le magazine américain Foreign Policy, la conviction américaine se base notamment sur l’interception de conversations téléphoniques entre un responsable du ministère syrien de la Défense et le chef de l’unité des armes chimiques.

Un haut responsable américain a souligné que si les Etats-Unis n’intervenaient pas militairement, cela enverrait un dangereux signal aux autres régimes disposant de stocks d’armes chimiques, notamment la Corée du Nord.

Il n’a néanmoins pas voulu préciser si le plan d’attaque prévoyait d’aller au-delà de l’utilisation de missiles de croisière et s’il nécessiterait d’envoyer des avions de combat dans l’espace aérien syrien.

Le président français François Hollande s’est dit lui aussi «prêt» à intervenir militairement pour «punir» Damas qui a «gazé» son peuple. Le Parlement français est convoqué mercredi prochain pour une session extraordinaire.

Selon Ahmad Ramadan, dirigeant de la Coalition de l’opposition, une éventuelle frappe est une «question de jours» et parmi «les cibles éventuelles» figurent des aéroports, bases militaires et dépôts d’armes. Des discussions ont eu lieu à ce sujet selon lui entre la Coalition, les rebelles et des «pays alliés».

Le régime syrien, qui affirme n’avoir «jamais utilisé d’armes chimiques», a averti qu’il se défendrait en cas de frappe. «Nous avons des moyens de défense qui vont surprendre», a affirmé le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem.

Mais à Damas, la perspective d’une intervention a semé la peur. «Ma mère est terrifiée, car nous vivons tout près du siège de l’état-major et ça, c’est une vraie cible», a déclaré à l’AFP Mohammad, 35 ans.

Les experts de l’ONU sur le terrain

Le représentant de la Syrie à l’ONU, Bachar al-Jaafaria, a accusé les rebelles d’avoir «utilisé des armes chimiques dans le but d’entraîner une intervention militaire étrangère».

Sur le terrain, après une suspension de leur mission la veille pour des raisons de sécurité, les experts de l’organisation ont repris leur travail mercredi matin dans la Ghouta orientale, près de Damas, selon le conseil militaire local des rebelles qui a assuré qu’ils étaient sous sa protection.

Selon l’opposition, le régime a utilisé le 21 août des gaz toxiques à Moadamiyat al-Cham et dans la Ghouta orientale, deux régions contrôlées par les rebelles à l’ouest et à l’est de Damas, tuant des centaines de personnes.

Lundi, les experts s’étaient rendus à Moadamiyat al-Cham, où ils avaient effectué, selon l’ONU, une collecte «productive» de preuves, malgré des conditions de travail «difficiles», leur convoi ayant dans un premier temps essuyé des tirs de snipers.

Les rebelles ont pour leur part affirmé mercredi avoir tiré des roquettes sur le centre de Damas, ajoutant qu’il s’agit de «représailles» à l’attaque chimique imputée au régime, alors que des combats violents faisaient rage près de la capitale.

L’armée israélienne continuait par ailleurs à se préparer à l’éventualité d’une intervention militaire en Syrie qui pourrait déborder à la frontière nord d’Israël.

(Avec AFP)

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Le 28 août 2013 à 13h34

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