Le décret de classement dans le pipe
Le ministère de la Culture aura désormais son mot à dire pour toute nouvelle autorisation concernant l’espace intramuros et la sqala. Etape suivante : réussir à classer l’ancienne médina comme patrimoine universel afin de pouvoir bénéficier de subventions internationales.
Les associations de protection du patrimoine l’ont rêvé. Aujourd’hui, sa concrétisation n’est plus qu’une question de temps. Dans quelques semaines, au plus tard dans quelques mois, l’ancienne médina de Casablanca sera classée patrimoine national.
«Le décret porteur du projet est déjà visé par le ministre de la Culture et celui de l’Habitat. Il suffit de le publier au bulletin officiel pour qu’il prenne effet», assure Azzeddine Hafif, en charge du dossier de l’ancienne médina à l’Agence urbaine de Casablanca.
«Il ne s’agit pas d’une fin en soi. L’objectif est de pouvoir l’inscrire en tant que patrimoine universel. Cela permettra de bénéficier d’aides internationales en provenance de l’Unesco ou encore de l’Union européenne», précise Rachid Andaloussi, architecte et membre du collectif Casamémoire. «C’est un travail laborieux, mais il faudra y croire», poursuit-il.
Toute l’ancienne médina sera protégée
Tout l’intramuros (quelque 43 hectares) en plus de la sqala est concerné par la nouvelle décision. A partir du moment où le décret sera publié au B.O., le ministère de la Culture aura un droit de regard sur toute autorisation de transformation. «Aujourd’hui, force est de constater que la situation est totalement anarchique», souligne une source bien informée.
Le nouveau décret réglera-t-il ce problème? Ne risque-t-il pas d’étouffer cet espace, en voulant trop le protéger? Des inquiétudes de ce genre surgissent d’ores et déjà, évoquant par ailleurs, des cas comme l’Hôtel Lincoln, certes protégé, mais aujourd’hui en pleine décrépitude.
«Si ce magnifique ouvrage a malheureusement péri, c’est à cause d’une bataille judiciaire qui a trop duré. Sa fragilisation a été sciemment provoquée par les propriétaires», s’indigne Rachid Andaloussi.
Qu’en sera-t-il donc de l’ancienne médina ? «Cet espace est déjà figé car limité par les murs. Son évolution dans l’espace n’est donc guère possible. Aussi, le ministère fera bien de s’opposer farouchement à une évolution en hauteur», poursuit cet architecte.
Pour rappel, le projet de classement de l’ancienne médina vient apporter une touche finale au chantier de réhabilitation lancé en mai 2011. A sa dernière ligne droite, ce projet a mobilisé un investissement global de 300 millions de DH, financés à hauteur de 200 millions de DH par le ministère de l’Intérieur et 100 millions de DH par le Fonds Hassan II sous forme d’avance non remboursable.
à lire aussi
Article : Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”
Le Honduras a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo “rasd”, une décision officielle notifiée à Rabat et aux Nations Unies.
Article : Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc
Entre le blocus d'Ormuz qui paralyse la production indienne, les restrictions chinoises à l'export et la crise agricole américaine, le marché mondial des engrais phosphatés traverse une période de turbulences sans précédent. Dans ce contexte, l'Inde, plus exposée que jamais à la désorganisation des flux, consolide sa dépendance au Maroc.
Article : Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay
Prévu pour l’été 2026 aux portes d’Agadir, l’établissement comptera 250 chambres avec vue sur l’océan, plusieurs espaces de restauration et 600 m² dédiés aux réunions et événements.
Article : La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain
Cinq directeurs généraux nommés par le Roi, des indicateurs présentés comme probants dans une région pilote, mais des syndicats qui contestent et des décrets toujours manquants. La réorganisation du système de santé public marocain autour de groupements sanitaires territoriaux s'accélère. Le plus dur reste à faire.
Article : Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer
Le Mégarama de Casablanca ne fait l’objet d’aucun projet de destruction, a indiqué à Médias24 une source autorisée au sein de l’établissement, réagissant à des informations relayées en ligne sur une possible démolition de plusieurs installations du littoral.
Article : SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente
Partenaire officiel du SIAM, Maroc Telecom présente ses dernières innovations Agritech fondées sur l’IoT, l’intelligence artificielle et la 5G, afin d’accompagner la transformation digitale du secteur agricole.