Le Maroc passe l’examen du FMI avec succès
Le mercredi 31 juillet 2013, le Conseil d’Administration du FMI a examiné la seconde revue du programme de Ligne de Précaution et de Liquidité (LPL) du Maroc et a donné un avis favorable pour la poursuite du programme.
Le sens de la décision
Cette décision signifie que malgré la forte augmentation du déficit budgétaire, le FMI continue d’avoir confiance dans la solvabilité du pays et dans la capacité de ses autorités à entreprendre les réformes nécessaires.
Le Conseil d’Administration du FMI a d’ailleurs salué la capacité des autorités marocaines à prendre des mesures significatives pour réduire la vulnérabilité du pays face à la détérioration des équilibres budgétaires et extérieurs au cours de l’année 2012 et à un contexte international et régional difficile.
Les efforts demandés au pays par le FMI
Le Conseil d’administration a toutefois appelé le pays à faire des efforts dans certains domaines :
- Un suivi rigoureux et un contrôle des dépenses publiques sur le reste de l’année pour maitriser le déficit budgétaire annuel ;
- La mise en place de la réforme fiscale ;
- Une réforme complète du système de compensation qui permettra de réduire de façon durable la vulnérabilité budgétaire et extérieur du pays ; allusion est faite ici à l’instauration imminente d’une indexation partielle des prix des produits pétroliers, qui n’est pas qu’un premier pas ;
- Une réforme structurelle pour améliorer la compétitivité du pays ;
- Une évolution progressive vers plus de flexibilité du taux de change, qui accompagnée des politiques monétaires adéquates, permettrait d’accroître la compétitivité de l’économie.
Le Conseil a également rappelé que l’adoption de la prochaine loi organique des finances devait se faire dans les temps pour permettre un cadre fort, moderne et transparent de contrôle et de gestion des finances publiques.
Les conséquences de cette décision pour le Maroc
Il était important pour le Maroc de conserver la confiance du FMI tout d’abord parce que cela permet au pays de continuer à disposer d’une réserve de liquidité en cas de chocs extrêmes sur sa balance des paiements.
Mais également, et surtout, parce que c’est un signal fort envoyé d’une part aux autres bailleurs qui se fondent sur l’évaluation institutionnelle et financière du FMI et d’autre part, aux agences de notation. Deux d’entre elles feront bientôt la mise à jour de leur évaluation et un avis défavorable aurait sans doute signé la dégradation de la note souveraine du pays. La poursuite du programme avec le FMI, si elle ne garantit pas le maintien de la note, est au moins un gage de la confiance du « gendarme international ». L’annonce dans les prochaines semaines de mesures de réforme concernant le système de compensation et celui des retraites serait, sans doute possible, un atout supplémentaire pour un maintien de la note souveraine.
Le FMI a publié un communiqué relatif à sa décision.
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