Europe: préavis de grève des aiguilleurs du ciel levé pour le 13 juin
Une grève des aiguilleurs du ciel, opposés à la libéralisation du contrôle aérien en Europe, s'est traduite mardi par l'annulation de près d'un quart des vols en France, le mouvement devant se poursuivre mercredi, même si Paris et Berlin ont demandé à Bruxelles de surseoir au projet présenté au Parlement européen.
Le syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), majoritaire chez les aiguilleurs, avait déposé un préavis de mardi à jeudi. Mais, après l'intervention du ministre des Transports Frédéric Cuvillier, qui a demandé avec son homologue allemand à la Commission européenne de surseoir à ses projets de libéralisation, le SNCTA a salué une «évolution encourageante» et a levé son préavis pour jeudi.
Le mouvement doit toutefois se poursuivre mercredi, d'autres organisations ayant également appelé à la grève. Pour la journée de mardi, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a recensé 1.800 vols annulés alors qu'en moyenne «il y a 7.650 vols sur la journée». Mais, selon un porte-parole, en raison des mesures prises en amont il n'y a «pas eu d'annulations à chaud», ni «de retards notables constatés».
La DGAC avait anticipé en demandant aux compagnies de réduire leur programme de vols de 50% pendant la grève dans certains aéroports: Roissy, Orly, Beauvais, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse et Bordeaux. Selon les données recueillies par l'AFP, les taux d'annulation allaient de 30% à 50% dans la plupart de ces aéroports. D'autres sites ont également été touchés comme Tarbes, Montpellier, Biarritz ou Perpignan, certains fermant même provisoirement leurs portes. Dans un communiqué la DGAC a rappelé mardi soir que sa demande de réduction de 50% des vols concernait aussi la journée de mercredi, indiquant qu'elle prévoyait «un retour à la normale» jeudi.
«Les yeux et les oreilles des contrôleurs»
Outre le SNCTA, d'autres syndicats (CGT, CFDT, Unsa et FO) de la DGAC ont appelé à la grève mercredi, dans le cadre d'une journée d'action européenne. Dans les dix autres pays où les syndicats sont mobilisés, les transports devraient toutefois être moins affectés qu'en France. Tous entendent dénoncer le projet de Bruxelles visant à créer un «ciel unique» européen. Ce plan, lancé il y a une dizaine d'années, a pour objectif de supprimer les frontières nationales dans les airs, tripler la capacité de l'espace aérien, réduire les coûts de gestion du trafic de 50% et réduire de 10% les incidences sur l'environnement. Mais il patine depuis son lancement en raison des réticences, voire du blocage, de nombreux Etats membres.
L'espace aérien de l'UE, qui compte 440 aéroports, est divisé en 650 secteurs et compte 60 centres de contrôles du trafic aérien gérés par 27 systèmes nationaux. Conséquence de cette fragmentation, les distances à parcourir sont plus longues car les contrôleurs ne sont pas en mesure de gérer plus d'un certain nombre de vols en même temps. «Cela fait plus de 10 ans que nos compagnies aériennes et leurs passagers sont confrontés à des réductions de services et à des retards sur le chemin qui doit mener à un ciel unique européen. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer ainsi», a plaidé le commissaire européen chargé des Transports, Siim Kallas, lors de la présentation du projet visant à relancer cette réforme dans l'après-midi au Parlement européen. «Ce qui nous pose problème, ce n'est pas le principe des règlements «ciel unique» qui visent à harmoniser la gestion de la navigation au niveau européen», a de son côté expliqué à l'AFP Olivier Joffrin, responsable de l'Usac-CGT. Mais, a-t-il ajouté, «ce qu'on n'accepte pas, c'est que la Commission utilise ce biais pour privatiser, et pousser à la libéralisation d'un certain nombre d'activités».I l a cité notamment les services qui s'occupent de l'entretien et de la maintenance des antennes radars, qui «sont clairement les yeux et les oreilles des contrôleurs». Pour M. Joffrin, externaliser de tels services présente un risque si la «chaîne de sécurité est complètement démantelée».
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